Visite de l’orgue par les enfants

IMG_6968 IMG_6977 IMG_6984

Les élèves de la classe de CE1 de l’école Jean-Rostand de Romans, accompagnés par leur institutrice Mme Jung, sont venus découvrir les beautés et les mystères de l’orgue de Saint-Barnard…IMG_6961

L’Orgue et son double 1 : Duo d’orgues

On l’a dit, les Amis de l’orgue de Saint-Barnard, dynamique association présidée par Frédéric Brun (Colette Bernard, secrétaire et Jean-Michel Petit, trésorier, il ne faut pas les oublier, ainsi que le conseil d’administration, fidèle soutien…), fêtera cette année ses 50 ans. Pour une association, c’est un âge vénérable et le signe d’une continuité remarquable. D’ailleurs, loin que ce soit le signe d’un autocratisme, seuls trois présidents se sont succédé ! Les adhérents, autour d’une soixantaine, sont aussi d’une belle fidélité aux buts et aux projets amicaux élaborés pour la mise en valeur de l’orgue de Saint-Barnard. L’activité de l’association est la plus active de ce genre dans la Drôme : entre douze et quinze manifestations sont organisées chaque année. Depuis plusieurs années, sous l’impulsion de l’équipe actuelle, un vent de renouvellement s’est d’ailleurs levé pour offrir au public d’intéressants compléments (un blog, une revue dûment documentée, des moyens de communication modernes -une page Facebook !) ainsi que des concerts de très grande qualité, donnés par des premiers prix de conservatoires ou des titulaires de grandes tribunes, ainsi que des formules inouïes (orgue et piano, orgue et bande dessinée, Fête des claviers, Marathon, Double Jeu ! des virtuoses en septembre…).

La belle mécanique musicale qui trône sur la tribune de la collégiale sera donc, plus que jamais, l’objet de toutes les attentions -et d’autant plus dans les années à venir puisque l’on sait que la municipalité à prévu d’en assurer le relevage, c’est-à-dire la rénovation intégrale, en 2020 ! Pour fêter l’anniversaire de l’association, on l’entendra beaucoup mais surtout en très bonne compagnie. Un cycle de trois concerts, intitulé « L’Orgue et son double » est d’ailleurs proposé au public comme une manière originale de faire entendre encore plus d’orgue pour fêter l’orgue !

Le premier concert du cycle sera donné ce dimanche 13 mai à 16h30. Un « Duo d’orgues » prendra place au milieu du public, avec Patrick Mathis à l’orgue mécanique et Viviane Loriaut au grand orgue. Patrick Mathis avoue être tombé dans le trou d’un carton d’orgue de barbarie en 1980. Depuis, il passe tout son temps à composer ou arranger de la musique pour ses instruments et ceux des autres.  Musicien étonnant, à l’enthousiasme communicatif, il semble faire fi de toutes les conventions de genre musicale et à balayer les frontières qu’on érige trop facilement entre les styles, pour plus de sécurité. Cherchant sans cesse à élargir le répertoire de cet instrument à de nouveaux horizons,de nouvelles émotions, Il voyage aussi bien dans le jazz que dans la musique baroque, la chanson populaire ou la musique contemporaine. C’est la raison pour laquelle le répertoire de Patrick Mathis va de Duke Ellington  à Haendel, et de Boby Lapointe à Luciano Berio. Il pratique aussi de délicieux et inventifs concerts éducatifs destinés au jeune public. D’ailleurs, il est en résidence, cette année au CRD Valence-Romans-Agglo. Viviane Loriaut après des études musicales au C.N.R. de Marseille, a parfait sa formation auprès de divers maîtres, dont Michel Chapuis et le suisse Guy Bovet. Participant à plusieurs concours internationaux, elle a été primée à Wiesbaden (1979), Nimègue (1980) et Tolède (1981). Récitaliste en France et à l’étranger, elle a réalisé des enregistrements sur différents orgues (Aubenas, Fréjus, Montélimar, Malaucène, Rogliano, Cervione). Elle défend la mise en valeur du patrimoine organistique corse par le biais de stages au sein des différentes associations. Elle a été professeur d’orgue à l’ENMD de Corse de 1995 à 2011. Elle est depuis, responsable des classes à double-cursus du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris, et y enseigne la musique de chambre. Viviane Loriaut est actuellement organiste à l’orgue Quoirin de la Cathédrale d’Evreux.

Le programme des deux musiciens sera à la hauteur de l’originalité de leur duo. Grand orgue, majestueux et puissant, et orgue mécanique, précis et pétulant s’uniront au gré d’œuvres solistes et concertantes dont on pourra déceler une thématique « animalière » qui promet bien des plaisirs musicaux. Ainsi, on entendra, de Jean-Philippe Rameau, « La Poule », délicieuse pièce pour clavecin adaptée à l’orgue de tribune et une « Danse » extraite du ballet « Petrouchka » d’Igor Stravinski à l’orgue de Barbarie. Le duo d’instrument éveillera les songes enfantins la belle suite « Ma mère l’Oye » de Maurice Ravel et donnera vie à la fantaisie animalière « Le Carnaval des animaux » de Camille Saint-Saëns, permettant que se croisent, sous les voûtes de la collégiale, les animaux et les styles, les émotions et les découvertes !
Viviane Loriaut 2

L’entrée de ce concert est fixée à 10€. La gratuité est accordée aux élèves du Conservatoire à rayonnement départemental Valence-Romans-Agglo et aux jeunes de moins de 16 ans.Patrick Mathis

Le concert sera précédé, à 15h00, d’une visite de l’orgue de tribune : une belle occasion une nouvelle fois donnée de percer un peu le mystère de cet immense machine !

L’Orgue et son double : duo d’orgues, le dimanche 13 mai à 16h30

Duo d'orgues - 13 mai 2018-001

50 ans de l’association : 3 concerts exceptionnels !

Si 1968 reste un date particulière pour nos compatriotes, elle l’est aussi pour les habitués de la collégiale Saint-Barnard ! En effet, c’est cette année-là que quelques amateurs se sont regroupés pour se porter au secours de l’orgue de Saint-Barnard qui se trouvait alors dans un état d’abandon assez avancé. Construit au milieu du XIXe siècle par un facteur d’orgues dénommé Chambry, dont on retrouve des œuvres jusqu’à la cathédrale de Béziers, cet orgue fut modifié durant les années 1920 par Merklin, une autre grande manufacture, qui mit l’instrument au goût du jour et lui apporta quelques élément supplémentaires. A bout de souffle, l’instrument fut expertisé par le grand organiste et compositeur Maurice Duruflé, qui fut titulaire de l’orgue de Saint-Etienne-du-Mont à Paris, et l’auteur d’un Requiem joué dans le monde entier. Le grand musicien reconnut les mérites de cet instrument et les répertoria pour assurer classement au titre des Monuments historiques. Il permit aussi que des travaux soient entrepris pour permettre à cet orgue de revivre, de voir ses possibilités sonores étendues tout en respectant la qualité et l’intégrité des parties anciennes. Ainsi, à de nombreux tuyaux anciens, d’autres furent ajoutés qui donnèrent à l’orgue un nouveau son, qui est celui que l’on connaît aujourd’hui. Ce « mille feuilles sonore » est un grand héritage, un élément important du patrimoine artistique romanais. L’association que préside Frédéric Brun, avec Jean-Michel Petit, l’organiste titulaire, veille d’ailleurs à la pérennité de cet ensemble unique qui permet de jouer l’ensemble du répertoire quand d’autres instruments sont spécialisés dans l’une ou l’autre époque. C’est une chance pour le public romanais qui peut d’ailleurs entendre, lors de chaque saison, des œuvres du XVIe siècle ou de notre époque.

Les Amis de l’orgue ne pouvaient donc pas laisser passer cet anniversaire : ils ont mis les petits plats dans les grands ! Leur proposition est d’ailleurs tout à fait originale : le cycle de trois concerts « L’Orgue et son double » propose, ni plus ni moins, encore plus d’orgue à Saint-Barnard ! Le premier concert, le dimanche 13 mai à 16h30, donnera à entendre un « Duo d’orgues » avec Patrick Mathis, à l’orgue mécanique, et Viviane Loriaut au grand orgue. Les deux musiciens proposeront un programme dont on sait déjà l’originalité… Pris entre les deux instruments, le public sera placé au milieu même de la musique, entre deux instruments « cousins » mais aux caractères bien différents : un moment original plein de verve (entrée 10€, gratuit pour les élèves du CRD Valence-Romans-Agglo et les moins de 16 ans, billets en vente sur place) ! Le second concert, le dimanche 17 juin à 16h30, verra un second orgue lancer un « Duel d’orgues » à son imposant parent de la tribune. L’Orgue du voyage, conçu et réalisé par le jeune organiste Jean-Baptiste Monnot, sera installé dans la nef, au milieu du public : il dialoguera avec le grand orgue. Deux orgues, en même temps, jouant ensemble, se répondant : quelle belle idée ! D’autant que la proximité avec l’orgue  mobile est en soi un événement saisissant (cet orgue a déjà été joué avec succès à Compiègne, Vézelay, Paris, Rouen…) Entrée payante : 5€, gratuit pour les moins de 16 ans. Le troisième concert, le samedi 30 juin à 17h00 (entrée libre), sera aussi un duo, à quatre mains sur le grand orgue, donné par Muriel Groz et Koari Sakaï, deux jeunes musiciennes primées lors de nombreux concours récents.

Avec ces concerts, l’association propose ses rendez-vous habituels : Marathon d’orgue (10 juin), Jeux d’orgue (2 juin avec Philippe Gueit ; 23 juin, trompette et orgue avec Jean-Michel Petit et David Febvre), et les Double Jeu ! des virtuoses, en septembre.

Nous reviendrons sur chaque manifestations dans ces colonnes : il y a de fortes raisons de penser que ce cycle tiendra ses promesses. L’orgue de Saint-Barnard, bien protégé et mis en valeur par ses Amis, sera à la fête !

Intermezzo du titulaire, lundi de Pâques

Après un long temps de silence, que seule la participation musicale à la fête de Saint-Barnard a rompu, l’orgue de Saint-Barnard semble avoir attendu des jours plus propices pour redonner de la voix ! Pour fêter Pâques et sa solennité, les Amis de l’orgue ont choisi d’accueillir la chorale Au fil des voix dirigée par Svitlana Baussois Yarochenko qui sera accompagnée par Jean-Michel Petit aux claviers dont il est le titulaire. 
Au fil des voix a été créée en janvier 2011 et a pour but de promouvoir la pratique du chant choral et de permettre à chacun d’affiner sa culture musicale. Elle  assure la diffusion d’œuvres  nouvelles et traditionnelles et invite à découvrir des créations  du monde entier, avec un goût particulier pour les musiques d’ailleurs. Née en Ukraine en 1976, Svitlana Baussois Yarochenko dirige la chorale depuis 2016. Elle a commencé ses études musicales dans son pays d’origine. Dès l’âge de 15 ans, elle s’est orientée vers le chant choral et la formation de chef de choeur dont elle obtient le diplôme à l’issue de son cursus à l’Université des Beaux-Arts de Kiev, où elle  perfectionne également, dans le chant lyrique, sa voix de soprano. Venue en France en 2000, elle approfondit pendant deux ans sa formation à la Faculté de Musicologie de Paris IX Saint-Denis. Depuis 2005, Svitlana est professeur de chant à l’école municipale de musique de Saint-Péray dont elle dirige aussi la chorale. Parallèlement à cette carrière professionnelle, elle a enrichi son expérience de choriste à la Compagnie Cala, fondée à Lyon par Fabien Attias et spécialisée dans la production de spectacles d’opérette. Elle a également dirigé diverses formations chorales de l’agglomération de Valence et du Nord-Drôme. Actuellement, elle est chef de choeur à l’association « Bien vivre » de Cornas, dirige la chorale « Bohème » de Saint-Jean-de-Muzols et la chorale « Crescendo » de Romans. Quant à Jean-Michel Petit, bien connu à Romans, il a commencé le piano à l’âge de 7 ans et a travaillé à Grenoble avec Jeanine Collet. Après un Prix de supérieur 1 au Concours Lucien Wurmser, parallèlement à des études de sciences physiques, il est entré en classes d’orgue et de musique de chambre au Conservatoire de Grenoble avec pour professeur Mme Amiez-Falque. Tout récemment, il s’est perfectionné auprès de Frédéric Munoz et Jean-Luc Saliques. 
Au cours de cet Intermezzo pascal, les mélomanes pourront entendre des œuvres vocales, très variées (cette diversité des auteurs est la marque des concerts de l’association) de Monteverdi, Stravinski, Pärt, Kodaly et Elgar. A l’orgue, on voyagera du XVIIIe siècle à nos jours, avec des pages de Bach, Pachelbel, Walon, Bouvard, Langlais, Willscher et Corette. Ce panorama musical sera donné le lundi de Pâques, 2 avril, à 17h00. L’entrée est libre (participation aux frais).

Les Amis de l’orgue fêteront, en 2018, les 50 ans de leur création. C’est en effet en 1968 que quelques passionnés se sont regroupés pour sauver l’instrument de la collégiale alors bien abandonné. Pour marquer l’événement, outre les manifestations habituelles et déjà inscrites aux habitudes des mélomanes (mais que l’on ne peut que conseiller aux curieux) : les Double Jeu ! des virtuoses de septembre (chaque week-end, en collaboration avec Saint-Antoine-l’Abbaye), les Jeux d’orgue (le 2 juin et le 23 juin) et le Marathon d’orgue qui réunit dans une joyeuse ambiance amateurs et professionnels. Le clou de la saison est un cycle très original de trois concerts baptisé « L’Orgue et son double ». Derrière ce titre étonnant, suggérant qu’on puisse multiplier les orgues dans la collégiale, se cache un programme alléchant dont on reparlera sous peu !

Lettre de la tribune n°19

fichier pdf Lettre de la tribune n°19

 

Chers amis,

Voici le numéro 19 de notre Lettre de la tribune !

Il détaille le programme de notre saison qui fête les 50 ans de l’association. Pour cette occasion, nous avons mis les petits plats dans les grands avec un cycle qui s’annonce du plus grand intérêt : « L’Orgue et son double ». Trois concerts étonnants affirmeront la place de notre orgue dans la vie culturelle romanaise parce qu’il sait s’entourer de formes artistiques novatrices ! Ne manquez pas ces superbes concerts !

Notre dossier Jehan Alain, déjà salué par de nombreux organistes français, est ici complété sous la houlette d’Aurélie Decourt, historienne et musicologue, qui a soutenu notre travail : nous l’en remercions encore !

Bonne lecture !

 

Les Amis de l’orgue sur Facebook

Pour se maintenir de plain pied dans la modernité, et assurer au mieux la diffusion de nos activités, toucher un public toujours plus large, nous avons créé une « page Facebook » !

Si vous êtes déjà inscrit sur ce réseau social mondial (rien de moins !…), vous pourrez retrouver, partager, « liker » nos activités sur  :

Orgues Saint-Barnard Romans

Nous vous y donnons rendez-vous !

Hommage à Andrée Trapp

Nous avons appris, il y a quelques jours, le décès de notre amie Andrée Trapp, à la toute fin de l’année 2017.

C’est une des figures essentielles de l’histoire de l’association et de la vie de l’orgue de la collégiale qui disparaît.

C’est la quarantaine venue, alors qu’elle avait eu envie d’accompagner sa fille flûtiste au stage de musique de Desaignes, en Ardèche, en ayant le projet de s’y perfectionner en piano, qu’elle découvrit l’orgue, sur le conseil de Bernard Heininger. Le niveau de la professeur de piano ne lui avait pas semblé satisfaisant ! Quelle aubaine : le premier contact avec l’instrument à tuyaux fut une émotion suffisante pour qu’elle s’y consacre pleinement, atteignant un niveau d’amateur de grande valeur. Sa rigueur et sa ténacité, son âpreté au travail, et un beau talent tout en délicatesse trouvèrent à s’exprimer sur l’instrument de la collégiale qu’elle fréquentait quasi-quotidiennement, mais aussi chez elle, où elle disposa d’un petit orgue d’étude qui se trouve désormais à Desaignes.

Nous saluerons son engagement et la remercierons pour les nombreuses messes accompagnées avec talent et engagement ainsi que pour les beaux et nombreux concerts qu’elle a donnés. L’orgue de Saint-Barnard lui doit beaucoup. Après Fabienne Médurio, qui a été notre organiste titulaire, jusqu’à la nomination de Jean-Michel Petit, elle fut la « gardienne » de notre orgue, son animatrice jusqu’à ce que l’âge et la santé ne lui permettent plus de jouer. 

Je ne peux qu’évoquer un souvenir personnel qui permettra de juger des qualités humaines d’Andrée Trapp, unanimement reconnues. Alors, que jeune collégien, on m’assura que jouer du synthétiseur c’était jouer de l’orgue, je me présentai à la tribune pour qu’on me permette d’y jouer lors d’une cérémonie des Maristes. Andrée Trapp m’y fit le meilleur accueil, m’indiquant l’emplacement de la clé, du moteur, des jeux et des systèmes qui animent l’instrument. Elle m’octroyait même la possibilité de venir autant que je voulais. Ce que je fis, même après la cérémonie, sous le coup d’un choc qui dure encore aujourd’hui, près de 30 ans plus tard ! J’eus le plaisir de l’assister lors de ses concerts, de disserter souvent avec elle, et de connaître mes premiers engouements organistiques sous son regard bienveillant. Je me souviens même d’un samedi d’Heure d’orgue où l’organiste ne vint pas et que nous remplaçâmes au pied levé (« Vous avez une partition avec vous ? Oui ? Et bien, jouez ! »).

En mon nom propre, et en celui des Amis de l’orgue, je tiens à assurer les proches d’Andrée Trapp de nos meilleurs sentiments et les prie de recevoir nos sincères condoléances.

La saison d’orgue 2018, qui marquera les 50 ans de l’association pour laquelle elle a beaucoup œuvré, avec la discrétion et la générosité, l’efficacité et la ténacité qui étaient les siennes, lui sera dédiée.Trappounette 1

Assemblée générale et concert pour Saint-Barnard

Notre assemblée générale se tiendra ce samedi 27 janvier à 10h30 au siège de l’association, 5, rue des Trois-Carreaux.

Dimanche, dans le cadre des festivités autour de Saint-Barnard organisées par les Amis de Saint-Barnard et la paroisse Sainte-Claire en Dauphiné, Jean-Michel Petit et Frédéric Brun donneront un moment musical à 16h30.

Décès de Pierre Pincemaille

L’organiste titulaire de la basilique de Saint-Denis est décédé il y a quelques jours. Voici le message publié par son épouse Anne France :

J’ai l’immense tristesse de vous informer que Pierre Pincemaille nous a quittés cette nuit, vendredi 12 janvier, victime d’un cancer du poumon qui l’a emporté en 3 mois.

À tous ceux qui ont connu le musicien, le pédagogue, l’ami, le membre d’une famille aimante et unie, je veux dire le privilège d’avoir vécu 30 ans avec cet être exceptionnel. Ce fut un challenge au quotidien que de suivre un homme passionné, excessif en toutes choses, généreux, exigeant, engagé, dérangeant souvent… mais aussi une vie riche de complicité, de projets communs, de voyages, de rencontres rendues possibles grâce à lui.

Je suis heureuse d’avoir, avec lui, organiste liturgique à nul autre pareil, embelli « notre » cathédrale de Saint-Denis de la musique qu’elle mérite et d’un répertoire à la mesure des 600 fidèles chaque dimanche matin, et des rois de France qui y reposent et attirent les touristes en nombre. J’ai toujours pensé que ce poste était fait pour lui, amoureux de l’Histoire de France, de l’architecture gothique et des belles liturgies. Il voulait reproduire dans « sa » Cathédrale ce qu’il avait connu à Notre-Dame avec le grand Pierre Cochereau.

Je suis chanceuse d’avoir, avec lui, concertiste infatigable, parcouru le monde de l’Ouest des USA au Japon. Ne manquait que l’Australie… Ce fut l’occasion de concerts mémorables. Pierre adorait partir en tournée. Chaque orgue était une nouvelle rencontre. Il avait cette capacité à très vite « faire connaissance » avec un instrument, en faisant abstraction de celui qu’il venait de jouer la veille. Sa plus grande fierté était d’entendre l’organiste qui l’invitait lui demander ses secrets de registration pour faire sonner son orgue au mieux…

Je suis fière du pédagogue qu’il était, soucieux de ses élèves, ne les lâchant jamais, les menant avec hargne jusqu’au succès ! Combien sommes-nous (j’en fais partie) à avoir bénéficié de son enseignement, à Poitiers, Chatellerault, Saint-Germain, Saint Maur, Paris, Lyon, Rosny, Brest, Conflans… Professeur depuis 1980, il a d’abord enseigné l’accompagnement, puis l’écriture, l’orgue enfin. Dans cette discipline (pas sa préférée, si ce n’est qu’elle a permis notre rencontre…) il lui a fallu du temps pour accepter d’enseigner l’art de l’improvisation. Il ne voulait pas donner ses « trucs », conseillant au prétendant à l’improvisation de simplement l’écouter, comme il l’avait fait lui-même avec Pierre Cochereau. S’il était doué, le reste viendrait naturellement… Il s’était résolu pourtant, il y a une quinzaine d’années, à transmettre son savoir-faire, assurant ainsi une filiation Pincemaille dans cette grande tradition de l’école d’orgue française.

Pierre se disait musicien, avant d’être organiste. Sa Culture musicale, et générale, était immense et faisait l’admiration de tous. La présentation qu’il faisait de ses propres concerts, les anecdotes concernant les compositeurs et leurs œuvres, comblaient immanquablement son public. Sa préférée : la mort de Louis Vierne à ses claviers. Il ménageait le suspense en racontant, au présent, comment le célèbre organiste de Notre Dame avait rendu l’âme en jouant une note de pédale que tous, en bas, avaient pris pour le début de l’improvisation… Pierre aurait aimé un départ théâtralisé de ce genre, et nous sommes plusieurs à l’avoir craint lors de son récital anniversaire du 5 novembre dernier, ses 30 ans de tribune à Saint-Denis. Cet après-midi là, très symboliquement, ce sont les 4000 tuyaux du grand Cavaillé-Coll qui ont soufflé à travers ses poumons. Il n’y a pas d’autre explication à ce moment de grâce extraordinaire. Il nous faisait ses adieux, et nous offrait en cadeau cette grandiose Messe de Vierne et ses 3 motets, tout juste achevés, aussi la pièce en sol de Bach symbolisant, à son sens, les 3 âges de la Vie.

Pierre était Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, Chevalier des Palmes académiques, Chevalier de l’Ordre de Saint Grégoire le Grand. Ces trois médailles sont le reflet d’une carrière professionnelle diversifiée longue de 40 années : organiste et concertiste, enseignant musicien, musicien au service de l’Église. Une carrière riche de rencontres avec des mélomanes dans le monde entier, des élèves poussés à l’excellence, des prêtres devenus ses amis. Sans pour autant combler l’éternel insatisfait qu’il était…

Sa musique me manque déjà : ses improvisations dominicales à Saint-Denis, l’interprétation magistrale de ses compositeurs favoris : Bach, Franck, Vierne, Alain, Duruflé. Il nous reste de lui tous ses enregistrements, et le souvenir éphémère et précieux de ses improvisations, brillantes, généreuses, émouvantes, maîtrisées mais imparfaites… à l’image de l’homme qu’il était.

Merci pour tous les messages que vous lui avez adressés ces dernières semaines. Messages si précieux de soutien, de reconnaissance, d’amitié, de fidélité. Ils l’ont aidé à nous quitter, heureux du chemin parcouru. 

Pierre venait d’avoir 61 ans…
Pincemaille

12345...18



musicattitude01 |
My favorite things |
Gribouille et Eva |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Andalo Carrega, musicien
| mamadou-système
| Frank Woodbridge - Compos...