Mort du grand organiste Michel Chapuis

On apprend, ce dimanche à 16h13, le décès du grand organiste Michel Chapuis.

La notice biographique du musicien, sur WIKIPEDIA nous donne les éléments suivants.

Il a durablement influencé l’interprétation de la musique française classique pour orgue tout autant que la facture d’orgue, pour la restauration en premier lieu, des instruments «classiques français», mais aussi des orgues «romantiques». Avec ses collègues et amis Francis Chapelet, André Isoir, Jean-Albert Villard, Xavier Darasse, pour ne citer que les plus emblématiques, il a provoqué, dans la continuation de l’esprit de leur maître Edouard Souberbielle, dès les années cinquante, une remise en cause de l’organologie telle qu’elle était pensée et surtout appliquée à la restauration des orgues depuis les années 1930, et ce, par des recherches historiques et technologiques d’une remarquable rigueur. Michel Chapuis connaît la facture d’orgue pour l’avoir pratiquée lui-même, ce qui a simplifié ou compliqué ses rapports avec les facteurs d’orgue, mais toujours dans le but de faire avancer la « cause de l’orgue ».

Michel Chapuis, certains de ses collègues, quelques facteurs d’orgue (en particulier Hartmann, Boisseau, Kern..) ainsi que des musicologues considérés à l’époque comme atypiques tel Jean Fellot, ou des amateurs éclairés tel Alain Lequeux, sont directement à l’origine du renouveau de la musique française dite «baroque», le travail ayant été effectué dans les autres pays d’Europe, le plus souvent par les «cordes» ou par les «chefs» (par exemple Harnoncourt). Ces préoccupations aboutiront, devant l’urgence de sauver certains instruments de tous risques de restaurations hâtives, à la création le 21 décembre 1967 de l’A.F.S.O.A (Association Française pour la Sauvegarde des Orgues Anciens) qui deviendra le bras armé de cette reconquête. Parallèlement à ces recherches en matière d’organologie, Michel Chapuis s’intéresse aux traités anciens et a lu attentivement L’interprétation de la musique française (de Lully à la Révolution) d’Eugène Borrel. Pourtant paru en 1934, cet ouvrage était parfaitement ignoré de l’enseignement officiel. Aussi Chapuis a-t-il été l’un des premiers, avec ses collègues déjà cités, à s’intéresser particulièrement à ce qu’on pourrait appeler une sémiologie de la musique française des XVII° et XVIII° siècles : « ornementation, notes inégales, registrations », autant d’éléments qui, malgré les premières approches de décryptage de Guilmant et Pirro, avaient été inexploités ou quelque peu malmenés, à la manière dont l’était aussi l’organologie par des spécialistes autoproclamés. La question des «diapasons» et des «tempéraments» n’a pas non plus échappé à sa sagacité. On peut donc considérer sans exagération que Michel Chapuis est à l’origine de nombreuses clefs d’interprétation de la musique ancienne en France. C’est en effet, en mettant à profit cette rencontre, cette « synergie » entre la pratique de l’organologie par la facture d’orgue et la fréquentation assidue des bibliothèques, qu’il est devenu en grande partie responsable du renouveau de l’interprétation et de la redécouverte de toute une littérature musicale oubliée, participant très tôt à la genèse puis à l’accélération de cet engouement pour la musique baroque en France telle qu’on la connaît désormais. La discographie de Michel Chapuis est très importante et ne se limite pas au répertoire français. Ses interprétations de Bach et de la musique allemande ne sont en aucune manière à négliger pas plus que ne le sont ses (plus rares) interprétations d’œuvres romantiques.

Intermezzo de la Sainte-Cécile, dimanche 19 novembre à 16h30

Les Amis de l’orgue de Saint-Barnard ont pris l’habitude, en plus d’une saison déjà riche de plus d’une dizaine de manifestations (ce qui la place parmi les plus actives du département, il faut le souligner), de célébrer divers moments de l’année par un petit concert informel. Ces Intermezzo du titulaire sont l’occasion de « faire de la musique », à l’instigation de Jean-Michel Petit, organiste titulaire de la collégiale. Après la Saint Barnard, en janvier, puis Pâques, c’est Sainte Cécile, patronne des musiciens, qui sera bien évidemment honorée ce dimanche 19 mars à 16h30, à quelques jours de la date calendaire de sa fête.

L’action de l’association a largement permis, depuis plusieurs années, de singulièrement élargir le public ainsi que la connaissance de l’instrument, de son histoire et de son répertoire spécifique, de ses particularités comme de sa richesse. C’est le bénéfice d’une direction artistique volontariste et volontiers novatrice. C’est aussi grâce à l’action de bénévoles amoureux de leur instrument. D’ailleurs, pour cet Intermezzo, ce ne sont ni plus ni moins le président et le trésorier-titulaire qui s’installeront aux claviers ! Organistes amateurs, enthousiastes dès qu’il s’agit de parler de leur orgue, férus de sa technique et de son histoire, ils n’ont donc pas hésité à vouloir mettre la main à la pâte.

Frédéric Brun, le président des Amis de l’orgue, est architecte. Il a découvert l’orgue grâce à la bienveillance d’Andrée Trapp, qui était alors l’organiste de la collégiale. Il a travaillé avec Emmanuel Hocdé, à Saint-Eloi à Paris, et Jean-Paul Imbert au stage de l’Alpe d’Huez. Proche du Maître Jean Guillou, il participe activement au rayonnement de l’oeuvre de ce grand musicien : auteur de plusieurs analyses de ses compositions, parues dans différentes revues, Frédéric Brun a aussi assuré la publication des poèmes du musicien (« Le Visiteur », Christophe Chomant Editeur). Jean-Michel Petit, a commencé le piano à l’âge de 7 ans et a  travaillé à Grenoble avec Jeanine Collet. Après un Prix de supérieur 1 au Concours Lucien Wurmser, parallèlement à des études de sciences physiques, il est entré en classes d’orgue et de musique de chambre au Conservatoire de Grenoble avec pour professeur Mme Amiez-Falque. Tout récemment, il s’est perfectionné avec Frédéric Muñoz et Jean-Claude Saliques.

Les deux compères musiciens proposeront un programme très varié destiné à mettre en valeur les qualités de l’instrument de la collégiale, polyvalent et apte à faire sonner des œuvres de toutes les époques. Le programme est une surprise : on en découvrira la teneur lors de cet Intermezzo, dimanche 19 novembre à 16h30. Entrée libre, participation aux frais.

Concours d’orgue de Toulouse

Une nouvelle fois, une organiste entendue tout récemment à Romans a été reconnue par ses pairs d’une façon éclatante !

Ainsi, après Louis-Noël Bestion de Camboulas et Virgile Monin, primés en 2013, c’est au tour de Muriel Groz, entendue en juin dernier durant les Jeux d’orgue, l’organiste titulaire de l’orgue de Saint-Bruno de Voiron, d’avoir été primée au Concours d’orgue Xavier Darasse de Toulouse.

Elle a reçu le Deuxième Prix, ex-aequo avec Johannes Skoog, lors de la finale à la basilique Saint-Sernin, mais aussi le Prix « Coup de cœur du public » lors de la finale au Musée des Augustins !

Le jury était composé de Michel Bouvard, Benoît Mernier, Jan Willem Jansen, Lorenzo Ghielmi, Louis Robillard, Juan de la Rubia et Wolfgang Zerer.

Nous lui adressons nos plus chaleureuses félicitations !

Muriel Groz donnera un concert ce dimanche 15 octobre au Temple Saint-Ruf de Valence à 17h00.Groz 1

Saison du Val de Grâce, à Paris

Notre ami Hervé Désarbre, reçu à plusieurs reprises dont ces derniers Double Jeu !, est le maître d’oeuvre d’une magnifique saison musicale à la chapelle du Val de Grâce, à Paris. Chaque concert est l’occasion d’une célébration, d’un agencement original du programme et de la thématique, avec des musiciens magnifiques -comme ce dimanche dernier, qui a vu la création, devant Mme Irina Chostakovitch, de DSCH, Symphonie pour orgue de Julien Bret, la transcription du Huitième quatuor à cordes de Dimitri Chostakovitch.

5 novembre (17h30) : audition d’orgue de Gabriel Marghieri

3 décembre (17h30) : Hommage au général Leclerc pour les 70 ans de sa disparition

7 janvier (17h30) : Se Canto, Le Béarn de Francis Jammes et Guy Morançon

4 février (17h30) : Cotriade et filets bleus, 1958, mort de Mathurin Méheut

4 mars (17h30) : La fée aux choux, 1968, mort d’Alice Guy-Blaché, première réalisatrice de l’histoire du cinéma

1er avril (17h30) : Rêvant de l’aube à la vesprée, dixième anniversaire de la disparition de Germaine Tillon

6 mai (17h30) : 5h15, l’armistice mettant fin à la Première guerre mondiale est signé le 11 novembre 1918 à 5h15

3 juin : (17h30)  : De l’opéra au Potala, 105ème anniversaire de la naissance d’Alexandra David-Néel

Plus d’informations sur http://www.valdegrace.org

Prochains concerts du Choeur et de l’Orchestre Adhémar

Le remarquable concert donné durant notre saison, avec un Requiem de Mozart magistral, peut avoir donné envie de retrouver ces sympathiques musiciens. Voici leur programme et quelques dates :

Le Requiem de Mozart, à nouveau au programme, avec la Messe brève KV 65 de MOZART (toujours accompagnée par GRAZIOSO) et en bis l’Offertoire « Misericordias domini ».

Concert le 1er décembre 2017 à la Chapelle du Séminaire de Viviers, dans le cadre des commémorations pour Charles De Foucaud.

Le 13 mai 2018 dans le cadre du Jour de l’orgue, concert à la Cathédrale d’Orange.

Puis d’autres concert à Montélimar, Avignon, Aubenas, Saint-Donat…

Plus d’infos sur le site : http://www.choeuradhemar.fr

Saison musicale au temple Saint-Ruf de Valence

Voici le beau programme de nos camarades des Amis des orgues du temple Saint-Ruf de Valence :

- Dimanche 15 octobre à 17h00 : Concert chant et orgue avec Cathia Lardeau, mezzo et Muriel Groz, orgue

- Dimanche 26 novembre à 17h00 : Concert d’orgue avec Virgile Monin

- Dimanche 17 novembre à 17h00 : Concert de Noël avec le Petit chœur de Saint-Ruf et l’orgue

- Dimanche 4 février à 17h00 : Concert d’orgue avec Thomas Pellerin

- Dimanche 25  mars à 17h00 : Concert d’orgue avec Jean-Dominique Pasquet

- Dimanche 22 avril à 17h00 : Concert du chœur Ars nova dirigé par Laurent Jouvet

- Dimanche 21 juin à partir de 20h30 : Fête de la musique avec orgue et chœur valence-StRuff_org

Double Jeu ! de Vincent Bernhardt, samedi 23 et dimanche 24 septembre

La diversité restera le maître mot de la série de concert initiée par les Amis de l’orgue de Saint-Barnard conjointement avec l’association de Saint-Antoine-l’Abbaye. Ces concerts doubles sont l’occasion de découvrir de larges pans du répertoire de l’instrument roi ainsi que des tempéraments de musiciens divers, aux préoccupations musicales variées. Ainsi, après l’élégance du toucher de Paul Goussot, l’énergie lyrique de Florent Gallière, le public assemblé à l’occasion des Journées du patrimoine a pu découvrir l’originalité du concert d’Hervé Désarbre, organiste du Ministère des armées, titulaire de l’orgue de la chapelle du Val de Grâce. Rendant hommage aux figures féminines de l’histoire, il a tissé un programme détonnant, plein de verve, et qui témoigne de sa gourmandise. Le public, le sourire aux lèvres, a salué de chaleureux applaudissements son passage, toujours apprécié par sa bonhommie mais aussi sa haute tenue musicale.

Pour le dernier concert de la série, c’est un musicien spécialisé dans le répertoire baroque qui sera aux claviers. Invité pour la première fois à Romans (comme Florent Gallière), il connaît bien, en revanche, l’orgue antonin. Vincent Bernhard est né en 1987, il a étudié à Metz, Lyon (CRR et Conservatoire National Supérieur), Stuttgart (Hochschule für Musik) et Bâle (Schola Cantorum). Il est titulaire de quatre Masters d’interprétation musicale (orgue, clavecin, basse continue et orgue ancien) obtenus auprès de pédagogues de renom international : Andrea Marcon, Jesper Christensen, Yves Rechsteiner, François Espinasse, Bernhard Haas, Lorenzo Ghielmi, Jörg-Andreas Bötticher, Norbert Pétry, Jon Laukvik, Gérard Geay… Il a également bénéficié de l’enseignement de Willem Jansen et Michael Radulescu, et s’est initié à la direction d’orchestre avec Andrea Marcon (répertoire baroque) et Julien Leroy (répertoire symphonique). Il a donné de nombreux concerts comme soliste : cathédrales de Lausanne, Lyon, Metz, Dunblane, Freiberg… ; festival Seviqc Brežice en Slovénie, festival Toulouse-les-Orgues, festival international Città di Treviso, Orgel Festival Holland, Festival Leo Brouwer à Cuba ; orgues Silbermann de Saint-Quirin et de la Predigerkirche à Bâle ; clavecins anciens de la collection Tagliavini à Bologne… Depuis ses débuts comme claveciniste de l’Orchestre Baroque de l’Union Européenne à l’âge de 19 ans, il s’est également produit au sein d’ensembles tels que La Cetra Barockorchester, le Freiburger Barockorchester, l’ensemble Gilles Binchois, le RIAS-Kammerchor de Berlin, La Chapelle Rhénane, et les orchestres symphoniques de Luxembourg, Lorraine, Heidelberg, Essen et Cologne. Il est lauréat des concours internationaux d’orgue Gottfried Silbermann de Freiberg, J. S. Bach de Lausanne (premier prix) et Cavaillé-Coll, ainsi que des concours internationaux de clavecin de Bologne et de Lugano (premier prix). La fondation Hans Balmer lui a décerné en 2014 le Förderpreis. Organiste à la Cathédrale Primatiale de Lyon en 2009 puis au Festival International de Musique de la Chaise-Dieu, il est en résidence au festival Silbermann depuis plusieurs années. Avec son ensemble baroque Il delirio fantastico (Lyon), il vient d’obtenir un CHOC du magazine Classica pour l’album « Vivaldi : Concerti di Parigi », paru chez Calliope. En soliste, il vient de faire paraître un disque consacré à Georg Böhm et aux œuvres de jeunesse de J. S. Bach, enregistré à l’orgue Rémy Mahler de Baïgorry. Vincent Bernhardt est professeur d’orgue et de basse continue au Conservatoire à Rayonnement Régional de Metz depuis 2012. En 2013, il était invité à La Havane pour deux concerts avec Il delirio fantastico, un récital d’orgue et une master-classe sur l’orgue Daublaine-Ducroquet de l’église San Francisco de Paula. Il prépare une thèse de doctorat sur « Le concept de liberté de l’interprète dans le corpus orchestral d’Antonio Vivaldi » à Lyon.

A Romans, il jouera  un programme très varié, qui témoigne se sa capacité à aborder l’ensemble du répertoire (ce que permet l’orgue de Saint-Barnard). Ainsi, on entendra le « Prélude et fugue en sol majeur » et trois chorals (« Herr Jesu Christ, dich zu uns wend », « Ach Herr, mich armen Sünder » et « Jesu, meines Lebens Leben » de Johann-Sebastian Bach, trois chorals de Johannes Brahms, écrits à la fin de sa vie, œuvres vraiment crépusculaires et imprégnées d’une longue méditation sur la vie (« Es ist ein Ros entsprungen », « Schmücke dich, o liebe Seele » et « Herzlich tut mich verlangen »), un beau choral de Georg Böhm, contemporain de Bach (« Gelobet seist du, Jesu Christ ») et deux œuvres mises en regard par les circonstances de leur écriture : les célèbres « Litanies » de Jehan Alain et le beau et souverain « Prélude et fugue sur le nom d’Alain », écrit par Maurice Duruflé en hommage à son ami, tombé à 29 ans au champ d’honneur. A Saint-Antoine-l’Ababye, Vincent Bernhardt jouera le « Prélude et fugue en ut majeur » et les chorals « Christe, der du bist Tag und Licht », « Christ lag in Todesbanden » et « Vater unser im Himmelreich » de Georg Böhm, des extraits de la « Suite du Premier Ton » de Pierre Du Mage (« 
Plein Jeu », « Fugue », « Tierce en Taille », « Basse de trompette », « Récit » et « Grand Jeu », le superbe choral « Schmücke dich, o liebe Seele » et la « Pièce d’orgue en sol majeur » de Johann Sebastian Bach.

A nouveau, et pour conclure cette prestigieuse série qui a vu de brillants musiciens prendre possession des deux orgues, aux caractères si différents, les mélomanes trouveront tout bénéfice à assister aux deux concerts. La variété des approches, les ressorts techniques et d’interprétation qui sont sollicités sont si variés que l’exercice, périlleux, trouve tout son sel avec des musiciens de cette trempe qui font honneur aux deux associations !

Double Jeu ! de Vincent Bernhardt : samedi 23 septembre à 17h30 à Saint-Barnard, dimanche 24 septembre à 17h00 à Saint-Antoine-l’Abbaye – Entrée libre, participation aux fraisVincent Bernhardt

 

Double Jeu ! d’Hervé Désarbre, samedi 16 et dimanche 17 septembre

La première prestation de Florent Gallière, pour les Double Jeu ! de Saint-Barnard et Saint-Antoine-l’Abbaye, a été saluée de chaleureux applaudissements. L’énergie implacable déployée dans le programme donné à Romans, épique et passionné, a permis au musicien d’asseoir encore sa parfaite maîtrise technique dans des fresques virtuoses. Sachant se faire délicat, attentif au phrasé, au contour des mélodies, il a aussi démonté à Saint-Antoine, et c’est l’intérêt de la formule, qu’il sait aussi rendre la finesse des grâces baroques de l’Europe entière qu’il avait assemblées en un beau programme.

En total contraste avec les deux week-ends précédents, le public aura à nouveau la possibilité de découvrir de nouveaux univers sonores et un talent musical tout différent. Habitué de la formule, et lié par une de ces amitiés qui se tissent entre concertistes et organisateurs de concerts, Hervé Désarbre sera aux commandes des deux orgues. Né à Roanne, Hervé Désarbre a étudié le piano avec Madeleine David, élève de l’organiste et compositeur Aloÿs Claussmann, puis s’est perfectionné auprès d’André Chometon, professeur au C.N.R de Lyon avant d’entrer ensuite dans la classe d’orgue du maître André Fleury à la Schola Cantorum et de travailler également avec Guy Morançon à Notre-Dame-des-Victoires à Paris. D’abord organiste de l’église Saint-Louis de Roanne, il a été nommé, en 1993, titulaire de l’orgue historique du Val-de-Grâce, à Paris et, en 2005, organiste du ministère des Armées. En 2014, il a été nommé membre du comité international d’experts pour la restauration du grand-orgue Cavaillé-Coll du conservatoire de Moscou. Il a créé nombre d’œuvres contemporaines, françaises ou étrangères, pour orgue seul ou avec orchestre, la plupart lui étant dédiées, et a enregistré une quinzaine de disques. Membre de la Famille Camillienne, il est aussi directeur artistique des Editions Le Chant du Monde, et titulaire honoraire de l’orgue historique John Abbey de Renaison. Hervé Désarbre, commandant dans la réserve citoyenne, est chevalier de l’ordre national du Mérite et détenteur de la médaille d’honneur du Service de santé des armées.

Amateur de musiques peu courantes, voire peu orthodoxes, le musicien a l’habitude d’agencer avec finesse des programmes qui étonnent par leur originalité, par la rareté des œuvres jouées, mais aussi par l’envie revendiquée du musicien de faire du concert un véritable moment de plaisir, pour le public comme pour lui. Le sourire vient souvent au visage des auditeurs : science et maîtrise éloignent la légèreté, le propos reste celui d’un grand musicien, son regard celui d’un amoureux des belles choses de la vie. Pour ce week-end, Hervé Désarbre a choisi de rendre hommage aux grandes femmes de l’histoire et de célébrer, au passage, quelques anniversaires. Ainsi, pour évoquer Ariane, on entendra le « Concerto grosso, opus 7 n°6 « Il pianto d’Arianna » de Pietro Locatelli. Le souvenir d’Ann Boleyn sera évoqué par le « Grand offertoire sur Anna Bolena » de Gaetano Donizetti. L’organiste célèbrera ensuite plusieurs anniversaires : le bicentenaire de la mort d’Etienne-Nicolas Méhul avec sa « Sonate en ut mineur opus 1 n°2 » ; le quarantième anniversaire de la mort de la Mère Brazier avec « Fondue savoyarde » de Julien Bret ; le quarantième anniversaire de la mort de Maria Callas avec la « Cavatine de Rosine », extrait du Barbier de Séville, de Rossini, arrangée par le fantasque Louis-James-Alfred Lefébure-Wély, ainsi que le vingtième anniversaire de la mort de l’océanographe Anita Conti avec trois pièces d’Andreas Willscher (« La raie », « La lotte » et « Le gobie ». Hervé Désarbre honorera aussi la figure de la Princesse Amélie de Prusse avec la « Sonate pour orgue n°6 » de Carl-Philip-Emanuel Bach et celle d’Hildegarde von Bingen, pour le jour de sa fête, avec une œuvre de Flor Peeters : « Paix monastique ».

Cet étonnant programme sera donné le samedi 16 septembre à 17h30 à Saint-Barnard et le dimanche 17 septembre à 17h00 à Saint-Antoine-l’Abbaye. Les différences qui séparent les deux orgues permettent que la répétition d’un même programme suscite de réelles surprises, un véritable intérêt et l’impression de redécouvrir ce que l’on a entendu la veille !Hérvé Désarbre

 

Double Jeu ! de Florent Gallière

La série de concert, qui se tient chaque week-end de septembre à Saint-Barnard et à Saint-Antoine-l’Abbaye reste, d’année en année, le rendez-vous assuré du talent, de la virtuosité mais aussi, et c’est un des traits du travail des Amis de l’orgue de Saint-Barnard, du plaisir renouvelé de la découverte et de l’excellence. Paul Goussot, qui ouvrait cette prestigieuse série, a donné la pleine mesure de son irrésistible talent : la musique coule de lui comme d’une fontaine, avec un mélange rare de maîtrise, de naturel et de générosité. C’est l’un des plus incontestables phénomènes de l’orgue français actuel !

Toujours soucieux de s’ouvrir aux talents et de découvrir de nouveaux interprètes jamais entendus dans la région, les deux associations ont convenu d’inviter, pour ce prochain week-end, Florent Gallière. Le jeune musicien, diplômé du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon, est aussi Diplômé d’état au CEFEDEM Bretagne-Pays de la Loire. Il a été le disciple de grands interprètes : Michel Bourcier, Louis Robilliard, François Espinasse, Liesbeth Schlumberger et Bernard Foccroulle. Il est actuellement professeur d’orgue au Conservatoire à rayonnement régional de Saint-Etienne et au Conservatoire à rayonnement départemental de Bourgoin-Jallieu. Président de « Saint-Etienne-ses-Orgues », il s’investit activement pour la promotion des orgues de Saint-Etienne En septembre 2011, en résidence pour un an, il devenait le quatorzième organiste du Sapporo Concert Hall au Japon, se produisant ainsi à Sapporo, Kyoto et Tokyo. Il se produit aujourd’hui à travers la France : Lyon, Toulouse, Nantes, Moulins, Nevers, Grenoble, Luçon, Vichy, ou en Belgique et au Luxembourg.

Le programme du musicien, à Romans, ce samedi 9 septembre à 17h30, est presque court : il n’en est rien. Ainsi, le public pourra entendre une œuvre encore jamais jouée à Romans : « Stunde der Freude » (« Jour de fête ») de Marco Enrico Bossi. Ce compositeur italien, peu connu en France est né en 1861 à Salo en Lombardie. Il est mort, en 1925, à bord du paquebot qui le ramenait d’une triomphale tournée en Amérique. Virtuose accompli et fort connu, il fit partie de ces grands organistes compositeurs et concertistes qui initièrent les grandes tournées internationales de concerts et insérèrent l’orgue dans la vie musicale « normale » des grandes salles de concerts dotées de grands instruments modernes, aptes à rendre tout le répertoire mais aussi à susciter de la nouvelle musique. Parmi les nombreuses suites de pièces à caractère composées par Bossi, cette grande toccata festive clôt les Cinq Pièces en style libre opus 132. Trois pièces de Liszt constitueront l’autre part de ce programme sans concession : un « Ave Maria », un étonnant « Gebet », presque statique, proche de la musique la plus moderne écrite par un Liszt décidément visionnaire et l’immense « Fantaisie et fugue sur un thème de Meyerbeer ». Cette fresque presque cinématographique, de plus d’une demi-heure, est un véritable cheval de bataille pour nombre de virtuoses : ample, immense, rebondissante de multiples épisodes contrastés, l’œuvre tire sa substance d’un thème chanté dans un opéra de Giaccomo Meyerbeer, le choral des Anabaptistes « Ad nos, ad salutrem undam ». La mélodie irrigue toute l’œuvre jusqu’à une fugue gigantesque qui parachève une construction jusqu’ici inédite pour l’orgue.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, dimanche 10 septembre à 17h00, Florent Gallière jouera, de Charles Piroye, « La Royale », deux pièces de Jan Pierterszoon Sweelinck : le « Ballo del Granduca » et « English Fortune ». D’Antonio Valente, on entendra « Ballo del’ Intorcia ». Poursuivant un véritable tour d’Europe de la musique des XVII et XVIIIèmes siècles, comme la tribune antonine les aime et les permet grâce à son étonnant instrument aux multiples timbres caractéristiques, on entendra aussi la « Corrente italiana » de Juan Cabanilles ainsi que trois « Sonates » de Domenico Scarlatti. A Bach reviendra de couronner ce programme tout en contrastes avec la grande « Partita sopra Sei gegrüsset », une suite de variations toutes plus riches.

A nouveau, à n’en pas douter, il y aura fort à découvrir lors de ce nouveau concert d’une série éminemment recommandable !Florent Gallière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Double Jeu ! de Paul Goussot, les 2 et 3 septembre

En ce mois de septembre, les Amis de l’orgue de Saint-Barnard proposent aux mélomanes, et aux curieux, la seconde partie de leur saison d’orgue. Depuis plusieurs années, une série de concerts prestigieux est donnée chaque week-end de ce mois dans une formule novatrice et très amicale qui est organisée conjointement avec les Amis de l’orgue de Saint-Antoine-l’Abbaye, lieu dont la renommée musicale internationale n’est plus à dire, animée par une grande saison de concerts et une brillante académie d’orgue et de chant donnés sur l’orgue Scherrer-Aubertin de l’abbatiale. Ainsi, pour deux concerts successifs, aux programmes différents, donnés sur des orgues aux qualités dissemblables au possibles, riches chacun de particularités sonores et capables de rendre la quasi-totalité du répertoire de l’orgue, plus spécifiquement ancien à Saint-Antoine, plus largement ouvert à Romans, des musiciens de stature internationale sont conviés. Habitués des grandes tribunes, des festivals du monde entier, professeurs recherchés, concertistes applaudis sur toute la « planète-orgue », ces musiciens exceptionnels font honneur aux tribunes qui les reçoivent et, l’expérience de ces dernières années le montre, stupéfient le public par leur virtuosité, leur personnalité et l’aisance avec laquelle ils abordent les sommets techniques du répertoire lors de concerts magnifiques.
Pour ouvrir la série, c’est le jeune Paul Goussot, organiste de l’abbatiale Sainte-Croix de Bordeaux, qui sera aux claviers. Titulaire de l’orgue Dom Bedos de l’ancienne abbatiale Ste-Croix de Bordeaux, Premier grand prix d’improvisation du 26e concours international d’orgue de Saint-Albans, il est à Bordeaux. Admis à l’âge de 16 ans au conservatoire national supérieur de musique de Paris (CNSMDP), il y a obtenu les premiers prix de clavecin, orgue, harmonie, contrepoint, fugues et formes, ainsi que les prix de basse-continue et d’improvisation au clavier. Lauréat du concours international d’orgue « Musica Antica » de Bruges (Belgique), et du concours international d’orgue de Saint-Maurice (Suisse), il a remporté, en 2007, le premier prix d’improvisation au concours international d’orgue de Luxembourg. On a pu l’entendre, à l’orgue, comme au clavecin, dans des lieux prestigieux : Notre-Dame de Paris, Musée des Beaux-Arts de Chartres, festivals de la Chaise-Dieu, de Monaco, de Dudelange (Luxembourg). Paul Goussot s’est également produit de nombreuses fois aux Etats-Unis et, en 2009, a été « First Young Artist in Residence » à la Cathédrale Saint-Louis de de La Nouvelle-Orléans. L’improvisation tient une place essentielle dans son activité et se passionne pour l’accompagnement de films muets. Ses improvisations sur le film « La passion de Jeanne d’Arc » de Carl Dreyer, ont reçu le prix du meilleur spectacle de l’année 2010 de La Nouvelle-Orléans (dans la section musique contemporaine). En janvier dernier, à l’occasion du centenaire de la première publication de Fantômes, Paul Goussot a été sollicité par le Musée d’Orsay pour accompagner sur un orgue de cinéma le film « Le mort qui tue ». Titulaire de deux certificats d’aptitudes aux fonctions de professeur d’enseignement artistique (en clavecin et en orgue), Paul Goussot enseigne l’orgue au CRR de Rueil-Malmaison et anime régulièrement des académies et des masterclasses en France et à l’étranger.
Le programme de Paul Goussot, à Romans, est tout en élégance classique. Ce sont des grandes oeuvres presque « aristocratiques » du répertoire que l’on pourra entendre, de celles que les organistes les moins chevronnés n’osent aborder tant leur technique et leur contenu sont élevés, leur interprétation ardue et leur splendeur rare. Ouvrir un concert avec la  grande « Passacaille BWV 582″ est déjà une gageure et le signe de moyens artistiques sûrs. Ensuite, on entendra le « Concerto pour orgue en fa majeur opus 4 n°5″ de Georg Friedrich Haendel. Quatre mouvements tout en énergie en élégance qui mettront en valeur la légèreté du toucher du musicien. De même, la grande « Fantaisie en fa mineur KV 608″ de Mozart fera un effet tout aussi comparable, mais sur un ton plus dramatique, avec une éloquence qui fut celle des dernières oeuvres du divin Wolfgang. Après un « Prélude en ut dièse » d’Alexandre Scriabine, on entendra les dernières pages des immenses « Tableaux d’une exposition » de Modest Moussorgski. « Promenade », « Il vecchio castelo », « Baba yaga » et la gigantesque « Grande porte de Kiev » feront appel à toutes les ressources de l’instrument. Une improvisation conclura ce programme magnifique.
Le lendemain, à Saint-Antoine l’Abbaye, Paul Goussot débutera son programma par une « Suite improvisée dans le style français » organisée selon les canons en « Prélude », « Fugue », « Duo », « Récit », « Basse de trompette », « Flûtes » et « Dialogue ». Suivra un autre concerto de Haendel, en sol mineur, puis après une « Passacaille » improvisée, de Michel Corrette, le « Concerto en do Majeur n°4″. Tissant un étroit lien de connivence avec l’improvisation qui a précédé, on entendra deux oeuvres bâties sur la même forme : la « Chaconne du Quatuor parisien TWV 48″ de Georg Philipp Telemann et la gigantesque « Chaconne » pour violon de Bach arrangée par l’interprète.
Ce samedi 2 septembre à 17h30 à Saint-Barnard, et ce dimanche 3 septembre à 17h00 à Saint-Antoine-l’Abbaye, il y aura de grands bonheurs musicaux à venir entendre grâce à l’exceptionnel talent de Paul Goussot.Paul Goussot
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