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Archive mensuelle de septembre 2011

Jean-Baptiste Monnot et Mathias Lecomte aux Double Jeu ! Des moments inoubliables…

Le public qui a assisté aux prestations de Jean-Baptiste Monnot et Mathias Lecomte, dans le cadre des Double Jeu ! organisés avec la collaboration des Amis de l’orgue de Saint-Antoine-l’Abbaye, a pu vivre des moments intenses ! Les deux jeunes organistes ont transfiguré l’orgue de la collégiale et l’ont mené sur des territoires peu fréquentés tant la virtuosité des interprètes était grande. Nous avons été les heureux auditeurs de programmes ambitieux, portés par des musiciens infaillibles, qu’aucune difficulté technique ne semble effrayer, d’oeuvres délicates, difficiles à mettre en place sur deux claviers, mais maîtrisées de bout en bout: le public, subjugué, ne s’y est pas trompé en ne se privant pas de longs et chaleureux applaudissements.

Jean-Baptiste Monnot, le 17 septembre, interprétait le superbe « Prélude » de la « Suite » de Maurice Duruflé, rendant hommage au musicien qui fit tant, avec notre président fondateur Robert Montabonnet (à qui nous avons dédié notre saison), pour la renaissance de l’orgue de la collégiale. Particulièrement adaptée aux timbres de l’instrument, la pièce sonnait avec délicatesse et poésie. Deux extraits de la « Quatrième symphonie » de Louis Vierne (la « Romance » et le « Final ») tissaient une continuité de maître à élève et sonnaient, là aussi, avec une particulière pertinence, mettant à contribution les timbres romantiques de l’instrument. Après la pause, deux gigantesques transcriptions, dues à la plume fastueuse de Jean Guillou, portaient l’instrument et le public à des sommets de virtuosité transcendante ! Le tragique « Adagio et fugue » de Mozart, oeuvre de la maturité, hommage à Bach et superbe drame musical, et l’olympien « Prometheus » de Liszt résonnaient pour la première fois à Romans. La maîtrise de l’interprète était confondante et assurait à ces oeuvres toute la puissance, la sûreté, le dynamisme rythmique, la fougue et le panache qu’elles requièrent !

Mathias Lecomte, le 24 septembre, donnait un programme tout aussi séduisant. Une élégante « Pièce héroïque », mesurée et noble, ouvrait le concert. D’un rythme sûr, d’une élégance fière et malgré tout comme angoissée, l’oeuvre résonnait avec majesté, sans emphase. Le délicat « Prélude et fugue en fa mineur » de Marcel Dupré tissait, là aussi, une élégante continuité. Le jeu de l’interprète mettait en évidence le côté « fin de siècle » de cette oeuvre de jeunesse, délicate comme du Fauré. En total contraste, l’interprète choisissait une oeuvre de Thierry Escaich pour illustrer la pensée d’un compositeur bien vivant. Etonnant, clairement construit, ce « Récit » fait se succéder trois épisodes : une étrange mélopée lointaine qui soutient une phrase ardente et fragmentée que des éclats violents viennent interrompre de façon de plus en plus serrée ; un long crescendo qui conduit à une apothéose stridente et le retour plus serein du premier climat qui s’évanouit finalement dans le lointain. C’était la première fois qu’une oeuvre de Thierry Escaich était jouée à Romans. Pour conclure, avec quelle maestria, le jeune musicien donnait la gigantesque « Fantaisie et fugue sur le choral Ad nos, ad salutarem undam » de Franz Liszt : fresque cinématographique, aux multiples climats, aux cent visages, aux métamorphoses incessantes, au lyrisme et à la fougue impressionnantes ! Un véritable feu d’artifice !

Les prestations de nos jeunes invités, à Saint-Antoine-l’Abbaye, charmaient le public d’une toute autre façon (l’instrument est bien différent) : le talent des musiciens était unanimement salué et reconnu.

Les Amis de l’orgue de Saint-Barnard sont heureux d’avoir reçu, depuis trois ans, un aréopage étincelant d’interprètes de haut vol qui a mis en valeur, d’une si belle façon, l’orgue de la collégiale. Nombreux sont ceux d’entre eux qui nous ont dit avoir eu plaisir à jouer notre orgue, digne représentant de la facture néoclassique -qu’il est pourtant courant de critiquer actuellement. La qualité des timbres anciens, conservés par la restauration dictée par Maurice Duruflé, la polyvalence harmonique qui permet de faire sonner toutes les époques, et avec une particulière adéquation la musique symphonique et contemporaine, sont des atouts importants qui intéressent les musiciens. 

Nous tenons à remercier Yves Lafargue, Christophe Martin-Maëder, Jean-Baptiste Monnot et Mathias Lecomte pour leur talent et leur gentillesse.




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