Archive mensuelle de juin 2014

Jeux d’orgue de Maxime Heintz, samedi 28 juin à 17h30

L’orgue est toujours l’objet d’a priori persistants que les Amis de l’orgue de Saint-Barnard, patiemment, et avec constance, combattent à leur façon. Si leur activité récente a permis au public de convenir que la règle n’est pas celle de sacrosaints concerts dits « heure d’orgue » (comme si le temps était mesuré…) mais bien celle d’une originalité, de croisements, de rencontres et de volonté de mettre en valeur l’instrument mais aussi les talents qui l’animent avec maestria.

Autres idées reçues ont toujours la vie dure : celle d’un instrument figé dans le passé et celle de l’absence d’intérêt des jeunes pour l’orgue. Ainsi, d’une part, si le répertoire ancien est, il est vrai, particulièrement exceptionnel par sa qualité et sa richesse, il se trouve que de nombreux compositeurs s’expriment toujours aujourd’hui avec l’instrument à tuyaux (Myriam Tannhof, la semaine dernière, jouait des œuvres d’Eric Lebrun, né en 1967). D’autre part, si l’on se contente de jeter un œil sur l’affluence des classes d’orgue de conservatoires, on constate que l’avenir est assuré. A un plus haut niveau, les jeunes interprètes virtuoses sont légion, tant en France qu’à l’étranger. Saint-Barnard peut se targuer, d’ailleurs, d’avoir reçu ces dernières années, la fine fleur de la jeune génération française : Jean-Baptiste Monnot, Sarah Kim, Virgile Monin, Paul Goussot, Thibaut Duret tout récemment.

Le week-end dernier fut l’occasion d’un magnifique concert « trompette et orgue » donné par le très talentueux trompettiste Igor Nareika avec Jean-Michel Petit aux claviers (un vrai programme de Fête de la musique, avec tout plein d’airs connus si appréciés, pour un des rares moments de musique classique dans un flot de musiques actuelles amplifiées…) et d’un Marathon olympique, voire olympien donné par huit organistes drômois venus en amis « s’éclater » à Saint-Barnard… Entre les piliers du répertoire et les raretés, il se dit qu’on y a même entendu du jazz…

Pour ce dernier Jeux d’orgue, les Amis de l’orgue reçoivent, ce samedi 28 juin à 17h30, le jeune Maxime Heintz. Ce jeune musicien talentueux est né en 1982 à Chalon-sur-Saône. Il a commencé la musique en 1995 et notamment l’orgue avec Pierre Simonet. En 1998, il a intégré le Conservatoire de Marseille, dans la classe d’André Rossi, duquel il est sorti avec un Premier prix. Longtemps organiste titulaire de la collégiale de Grignan, il se consacre maintenant à la direction chorale.

Il donnera, pour ce concert, des œuvres de grande envergure. L’immense « Partita » sur le choral « Sei gregrusset, Jesu gütig », de Bach pourrait passer pour l’ancêtre de la grande variation romantique que pratiquaient Schumann ou Brahms. En effet, le thème du choral est traité en successives variations qui se distinguent toutes par de radicales différences de caractère, d’ambiance sonore. Toutes témoignent d’un foisonnante imagination dans les métamorphoses que Bach imprime au thème. Ecrit en hommage à Bach qu’il permettait de redécouvrir, le « Prélude et fugue en ut mineur » de Mendelssohn est un superbe diptyque au caractère très romantique, un chant lyrique ardent tout en même temps qu’une scrupuleuse allégeance à la forme classique. De César Franck, on entendra la « Fantaisie en ut mineur », elle aussi libre et pleine de lyrisme. Enfin, l’occasion sera donnée d’entendre une œuvre de Max Reger. Compositeur allemand de la fin du XIXème siècle, sa figure est celle d’un véritable « ogre » musical, au langage foisonnant, débordant d’invention et dense. Portant les derniers feux du romantisme à un haut degré d’incandescence, il écrit pour l’orgue avec une faconde superbe. Son « Introduction et passacaille en ré mineur » est l’une de ses pièces les plus connues. Les difficultés techniques qui émaillent ses autres œuvres privent souvent le public de ce compositeur : c’est l’occasion de l’entendre, bien défendu par le talent de Maxime Heintz.

Jeux d’orgue de Maxime Heintz, samedi 28 juin à 17h30, entrée libre, participation aux frais

maxime heintz

Trompette et orgue, Marathon : une vraie Fête de la Musique, 21 et 22 juin…

A Saint-Barnard, les concert se suivent et ne se ressemblent pas ! Alors que Thibaut Duret honorait les grandes pages du répertoire d’une façon juvénile et aisée, Myriam Tannhof, venue de Fontainebleau malgré les difficultés ferroviaires, donnait un programme tout en contrastes. Ouvrant son programme avec l’immense « Toccata et fugue en fa majeur » de Bach, elle donnait la pleine mesure de son jeu, calme et ferme dans une œuvre qui ne ménage pas l’interprète, avec nombre de traits virtuoses pour le pédalier, et qui exige la fermeté indispensable pour mener la fugue à son apothéose. Un « Concerto » de Telemann prolongeait les gracieusetés baroques avant que l’interprète fasse entendre des œuvres contemporaines d’Eric Lebrun. Organiste des Quinze-Vingts à Paris, l’auteur écrit avec subtilité pour l’instrument qu’il pratique, en poète délicat. Une « Sonata sacra » en trois mouvement s’inscrivait dans cette veine inspirée avant que de Vierne, on entende deux « Pièces de fantaisie » à la fois lyriques et puissantes.

Pour ce week-end de Fête de la musique, les Amis de l’orgue de Saint-Barnard se mettent en quatre et proposent deux moments musicaux.

Ce samedi 21 juin, à 17h30, l’organiste de la collégiale, Jean-Michel Petit, accompagnera le trompettiste d’origine biélorusse Igor Nareika. D’abord élève de la classe de trompette de l’école de musique de Vileyka (Biélorussie), il a été diplômé, par la suite, en pratique instrumentale, conduite d’orchestre et chant lyrique au Lycée de musique de Molodechno (Biélorussie). Elève au Conservatoire de musique de Minsk (Biélorussie) en classe de trompette, il suivit le cours, après son arrivée en France, du Conservatoire d’Avignon duquel il a obtenu le D.E.M en trompette, formation musicale, musique de chambre. En Biélorussie, il a été, de 1997/1999, professeur de trompette à l’école de musique de Krasnoë (Biélorussie). Entre 2001/2005, il a multiplié les expériences musicales : trompettiste de rue ; trompettiste de l’orchestre de bal « Chamade » ; trompettiste du « Groupe musical du Nyonsais » et du « Big Band Jazz » de Valréas, tout en assurant de nombreux concerts en duo (trompette et orgue) à Nyons, Valréas, Grignan… Il est actuellement professeur de trompette au CAEM de Valréas et de Dieulefit. Jean Michel Petit, quant à lui, a commencé le piano à l’âge de 7 ans, et a travaillé à Grenoble avec Jeanine Collet. Détenteur d’un prix de Supérieur 1 au concours Lucien Wurmser, il a travaillé dans les classes d’orgue et de musique de chambre au Conservatoire de Grenoble avec Madame Amiez-Falque. Plus récemment, il s’est perfectionné avec Frédéric Muñoz et Jean-Luc Saliques. Au programme de ce concert, des œuvres de Bach, Purcell, Bizet, Schubert, Clarke, Saint-Saëns et Charpentier (la célèbre ouverture du « Te Deum »).

Le lendemain, dimanche 22 juin, se tiendra le désormais traditionnel Marathon d’orgue. Initié pour fêter la musique, l’amitié et le plaisir de jouer, cette manifestation hors norme se déroule entre 15h00 et 19h00, sans discontinuer ! Quatre heures de musique assurées par huit organistes amateurs venus de toute la Drôme se relaieront donc en donnant le programme de leur choix, laissé à leur initiative et découvert par le public au dernier moment. Le caprice de chaque musicien le conduit à jouer ce qu’il veut : on a même entendu du jazz, des choses très baroques ou d’autres très modernes ! L’instrument de Saint-Barnard se prête tout à fait à cet exercice : il permet de jouer tout le répertoire, en rendant le caractère de chaque époque. Ainsi, le public a la garantie de la découverte, d’un point de vue panoramique sur l’histoire de la musique…

Trompette et orgue, avec Igor Nareika et Jean-Michel Petit, samedi 21 juin à 17h30, Marathon d’orgue, dimanche 22 juin de 15h00 à 19h00, entrée libre, participation aux frais.

Jean-Michel PetitIgor-NAREIKA-2

 

Jeux d’orgue de Myriam Tannhof – samedi 14 juin à 17h30

Ouvrant la série des Jeux d’orgue des Amis de l’orgue de Saint-Barnard avec un programme maîtrisé d’œuvres emblématiques du répertoire, Thibaut Duret a rendu un bel hommage aux plus fameux compositeurs. Bach, honoré en tout premier comme il se doit, imposait son génie mais aussi sa modernité ! Deux grand romantiques, Mendelssohn et Franck, s’épanchaient ensuite, dans deux registres différents, mais avec une même ardeur…

Pour ces seconds Jeux d’orgue de la saison, les Amis de l’orgue accueilleront Myriam Tannhof, organiste de Saint-Louis de Fontainebleau, le samedi 14 juin. Elle propose un programme de haut vol avec des œuvres peu jouées qu’il faut donc venir entendre, interprétées par des doigts experts. A nouveau, le concert s’ouvrira une grande œuvre de Bach, la « Toccata et fugue en fa majeur ». Parmi la douzaine de tels diptyques, celui-ci est sûrement le plus accompli. Immense architecture, d’une force dramatique impressionnante, virtuose mais aussi lyrique, la toccata alterne de léger babils avec des traits de pédale acrobatiques, des dialogues et des réponses très rhétoriques alors que la fugue, longuement construite, construite sur plusieurs thèmes, s’achève dans une apothéose pleine de maestria. Myriam Tannhof jouera ensuite le « Concerto en do mineur » de Georg-Friedrich Telemann, transcrit pour l’orgue par Johann-Gottfried Walther. Là encore, virtuosité et légèreté du phrasé seront requises pour rendre toute la vie et le pétillante de cette œuvre baroque. Suivront deux œuvres de Louis Vierne (1870/1937) : « Clair de lune »  et « Toccata ». Prouvant enfin, s’il en était besoin, que l’orgue intéresse toujours autant les compositeurs, Myriam Tannhof jouera le « Pange lingua » et la « Sonata sacra », en trois mouvements, d’Eric Lebrun, actuel organiste de Saint-Antoine-des-Quinze-Vingt à Paris.

Myriam Tannhoff a commencé ses études musicales par le piano à l’école de musique de Melun. Elève de Lucette Descaves au CNR de Rueil-Malmaison, elle obtient une médaille d’or, puis commence à étudier l’orgue auprès de Susan Landale, ainsi que l’harmonie au CNSM de Paris auprès de Jean-Claude Raynaud. Après avoir obtenu, en classe d’orgue, une médaille d’or puis un prix de virtuosité, elle devient titulaire des orgues de l’église Saint-Louis de Fontainebleau en 1992. Tout en restant fidèle à sa fonction d’organiste liturgique, elle continue de participer à divers concerts et récitals, afin d’approfondir et de faire découvrir toute la richesse du répertoire de l’orgue.

Jeux d’orgue de Myriam Tannhof, samedi 14 juin, à 17h30. Entrée libre. 

MyriamTannhof2

 




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