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Archive mensuelle de septembre 2014

Double Jeu ! de Sarah Kim

En mettant sur pied cette originale formule, qui consiste à inviter un même organiste pour deux concerts, donnés sur les orgues de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye, les deux associations ont donné au public l’occasion d’entendre des musiciens que plusieurs critères rassemblent. Le premier d’entre eux est, bien évidemment, une virtuosité sans conteste mêlée à une intense musicalité. Artistes d’envergure, musiciens fins et généreux, les organistes invités depuis plusieurs années sont aussi remarquables, pour la plupart, par leur jeunesse. C’est bien là, d’ailleurs, ce qui rend ces concerts uniques. Maîtres de leur technique et de leur pouvoir évocateur et de leur sensibilité comme des musiciens qui auraient cinquante ans de carrière, ces jeunes musiciens témoignent aussi d’une générosité et d’un enthousiasme qui est celle de leur jeune âge mais aussi de personnes bien nées. Nombre d’entre eux, d’autre part, ont posé leurs doigts sur les claviers des deux instruments pour la première fois, comme Laurent Jochum, la semaine dernière, qui a démontré, lui aussi, un talent de haut niveau et une capacité d’adaptation incroyable : arrivé et reparti comme un supersonique, il n’a que très peu répété sur l’un et l’autre instrument, malgré les différences qui les émaillent et leurs caractéristiques propres, jonglant entre les visites des Journées du patrimoine et un agenda serré -arrivé de Paris le vendredi soir, il était reparti le dimanche à 22h !

C’est Sarah Kim qui clôturera la série ce samedi 27 septembre à Saint-Barnard, à 17h30. Cette toute jeune organiste, est actuellement l’une des plus recherchée en France et à l’étranger. Son immense talent est maintenant bien connu et Romans peut s’enorgueillir de l’avoir invitée alors que, fraîchement arrivée en France et diplômée par le Conservatoire national supérieur de Paris, elle était invitée pour la première série des Double Jeu ! Les ovations debout qui avaient marqué ses deux prestations ont signé la reconnaissance d’une artiste majeure, alliant force et délicatesse, subtilité et assurance. Chacune de ses prestations accroît encore son aura : elle donnait, ce printemps, un superbe concert à Saint-Eustache, à Paris, couronnant son programme par la transcription, à quatre mains, des « Danses symphoniques » de Rachmaninov, interprétées avec le Maître Jean Guillou. Sa curiosité musicale l’entraînait, peu après, à tenir la partie d’orgue Hammond de « Le Balcon », un opéra de Peter Eötvös d’après la pièce de Jean Genet. Née en Allemagne, Sarah Kim, australienne d’origine coréenne, découvrit la musique dès l’âge de cinq ans à travers l’étude du piano et du violon. Quelques années plus tard, elle décida de se tourner vers l’orgue. En 2005, elle entreprit une Licence de Musique au Conservatoire de Sydney dans la classe de Philip Swanton et obtint son diplôme avec la mention très bien, ainsi que la Médaille de l’Université. Elle remporta les premiers prix aux concours d’orgue de Sydney, de Newcastle ainsi qu’au Festival « Eisteddfod » de Warringah et reçut le titre d’ »organ scholar » à l’université de Sydney. Sarah Kiim s’est déjà produite en soliste dans les principales salles de concerts australiennes, en particulier sur le fameux orgue de l’Hôtel de Ville de Sydney, ainsi que lors du cinquantième anniversaire du grand orgue de l’Opéra. Elle a également joué avec orchestre et chœurs, tels que l’Orchestre Symphonique et le Choeur de Chambre de Sydney, l’Orchestre de Jeunes d’Australie. Sa carrière de concertiste l’amène à donner des récitals dans des lieux et festivals prestigieux en France, Grande-Bretagne, Hollande, Italie, Suède dont Westminster Abbey à Londres, la Cathédrale d’Uppsala (Suède), Saint-Louis des Invalides à Paris, le Festival d’orgue de Saint-Eustache, Notre-Dame de Paris.

Les programmes proposés par la jeune musicienne sont d’une belle envergure ! A Romans, elle commencera son concert avec la « Pièce héroïque » de César Franck, oeuvre imposante et dont on doit rendre la force sans trop d’emphase. La délicate « Sicilienne » de Maurice Duruflé mettra en valeur la poésie de son jeu, ainsi que la « Pièce d’orgue » et la « Quatrième sonate en trio » de Bach. Un choral de Brahms (« Herzlich tut mich verlangen ») et deux mouvements de la « Troisième Symphonie  » de Louis Vierne donneront toute la mesure du talent de Mademoiselle Kim. A Saint-Antoine-l’Abbaye, elle jouera la « Fantaisie » en « Pièce d’orgue » et la « Troisième Sonate en trio » de Bach, la « Sonate en fa majeur » de Carl-Philip-Emmanuel, l’un des fils du glorieux Johann-Sebastian, des extraits de la « Suite du deuxième ton » du français Jean-Adam Guilain (Tierce en Taille, Duo, Basse de Trompettte, Dialogue) et, pour conclure, deux oeuvres plus récentes de Jehan Alain (1911/1940) : les « Variations sur un thème de Clément Jannequin » et ses célèbres « Litanies ».

Ces deux concerts vraiment exceptionnels seront donnés le samedi 27 septembre à Saint-Barnard à 17h30 et le dimanche 28 septembre à Saint-Antoine-l’Abbaye à 17h00. Ils sont gratuits ! Ne vous en privez pas !

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Double Jeu ! de Laurent Jochum

Les Double Jeu !, s’ils ont en commun de faire entendre à Romans et Saint-Antoine-l’Abbaye, la crème des organistes actuels, tous plus talentueux et généreux dans leur approche humaine et musicale, n’en présentent pas moins, d’une semaine sur l’autre, de radicales différences qui en font tout l’intérêt et l’originalité. Après Henri Pourtau, qui jouait pour la première fois à ces deux tribunes, ce fut Hervé Désarbre qui surprit, le mot est faible, son public néanmoins enchanté épar tant de jovialité musicale assurée par une technique parfaite. Avec un programme plus classique, mais un talent d’une égale envergure, les Amis de l’orgue de Saint-Barnard, et leurs camarades de Saint-Antoine-l’Abbaye, reçoivent, pour la première fois aussi, Laurent Jochum, titulaire des grandes orgues de l’église Saint Jean-Baptiste-de-Belleville et de la Chapelle du collège et lycée Saint Louis-de-Gonzague à Paris. D’abord élève de Raphaëlle Garreau de Labarre, il suivit l’enseignement d’André Stricker au conservatoire national de région de Strasbourg, puis de Louis Robilliard au CNR de  Lyon, où il obtient un premier prix avec félicitations à l’unanimité du jury en 1997 et un premier prix de perfectionnement l’année suivante. Profitant des conseils de Vincent Warnier, Jean-Charles Ablitzer, Jean Boyer et Thierry Escaich, il est lauréat du concours international d’orgue de Lorraine et du grand prix d’orgue inter-conservatoires d’Angers. Son parcours de concertiste lui a permis d’accompagner  de nombreux chœurs (Petits chanteurs de Fourvière, Chœur de l’Armée française, Maîtrise Saint-Louis-de-Gonzague…). Ses concerts l’ont conduit à se produire à de prestigieuses tribunes parisiennes (Notre-Dame, Saint-Etienne-du-Mont, La Madeleine, Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux, Sainte Clotilde…), en province et à l’étranger, de Guernesey à la Grèce, de l’Azerbaïdjan au Sultanat d’Oman et récemment aux Etats-Unis et au Canada.

Le programme du concert de Laurent Jochum, à Romans, débutera par un bel éventail de pièces de Bach : la brillante „Sinfonia“ de la 29ème cantate, le choral „Homme, pleure sur tes lourds pêchers“ et le „Concerto en la mineur“, d’après Antonio Vivaldi. On entendra ensuite un superbe hommage à Bach, avec la „Première fugue sur B.A.C.H.“ de Robert Schumann. Restant dans l’époque romantique, on pourra entendre la « Sixième Sonate » de Félix Mendelssohn, le choral « Herzlich tut mich verlangen », écrit par Brahms à la fin de sa vie et le superbe et virtuose « Final » de la « Première Sonate » d’Alexandre Guilmant, auteur français un peu oublié mais qui fit beaucoup, au début du XXème siècle, pour la redécouverte de la musique ancienne.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, Laurent Jochum jouera, de François Couperin, des extraits de la « Messe des couvents » (Plein Jeu, Premier couplet du Kyrie, Fugue sur la trompette, deuxième couplet du Kyrie, Récit de chromhorne, Trio à deux dessus de chromhorne et la basse de tierce, quatrième couplet du Kyrie, Dialogue sur la trompette du grand clavier, et sur la montre, le bourdon et le nazard du positif, Offertoire sur les grands jeux, Sanctus, Plein Jeu, Récit de cornet, Agnus, Dialogue sur les grands jeux, le « Concerto en la mineur » de Bach d’après Vivaldi, le fameux et superbe choral « Schmücke dich, o liebe Seele » et le Prélude et fugue en sol majeur. On entendra aussi, de Georg Boehm, une partita (une suite de variations) sur le choral “Ach wie nichtig, ach wie flüchtig”.

Ces deux concerts sont gratuits : samedi à 17h30 à Saint-Barnard, dimanche à 17h à Saint-Antoine-l’Abbaye.Laurent-Jochum

 

 

 

Double Jeu ! d’Hervé Désarbre

L’orgue et son répertoire présentent une telle diversité qu’ils peuvent effrayer plus d’un mélomane. Chaque instrument étant unique, cela complique d’autant la question. Le contexte religieux, qui ne concerne cependant qu’un tiers des œuvres écrites pour l’instrument à tuyaux, continue de rebuter une partie du public. Cinq siècles d’histoire de la musique et les œuvres de ceux qui furent parmi les plus immenses musiciens de l’histoire nous contemplent du haut de la tribune (le hiératisme des immenses façades aux tuyaux rigides ne facilitant pas l’affaire) !…

C’est bien à une entreprise de démystification que le second Double Jeu ! des Amis de l’orgue de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye convient le public le plus large. En invitant, une nouvelle fois, Hervé Désarbre, l’organiste de l’église du Val-de-Grâce à Paris, c’est avec l’assurance de sortir du concert avec le sourire, le cœur frais et l’esprit vivifié que tout un chacun pourra envisager ce moment musical étonnant et très original. Si inattendu qu’il puisse paraître, le programme de ce concert n’en est pas moins bâti avec science et esprit. Il s’inspire du « Jeu de Robin et Marion » qui aurait été écrit par Adam de la Halle en Sicile, entre 1282 et 1284. Construit selon les canons d’une pastourelle, cette oeuvre étonne par son idée originale et sa réalisation d’une rare habileté : alternant les dialogues avec les chants et les danses, il se termine par tout un divertissement rustique, repas sur l’herbe, jeux, figures de ballet et farandole finale. L’argument est très simple : un chevalier, Aubert, rencontre Marion, une jeune bergère, près d’une forêt. Il tente de la séduire, mais celle-ci, amoureuse de Robin, un paysan de son village, repousse ses avances. Les chansons qui rythment la pièce ne sont pas, pour la plupart d’entre elles, de la plume d’Adam de la Halle, mais des chansons connues du public de l’époque, que l’auteur a sélectionnées pour les faire coller à l’argument de sa pièce. Ainsi, au gré des rebondissement de ce conte galant, l’organiste jouera des oeuvres rarement entendues de Louis-James-Alfred Lefébure-Wély (« Fantaisie sur La Flûte enchantée de Mozart »), Dimitri Kabalevsky, du jeune Julien Bret (une « Bouillabaisse » et un « Cervelas en brioche » dans l’esprit de la musique des orgues de cinéma que l’on pouvait entendre dans les années 1930), ainsi que du Padre Davide (1791-1863), de Giovanni Battista Grazioli (1746-1828) du québécois Denis Bédard (une œuvre dédiée à son chat), James Hewitt (1770-1827), Ian Curror (né en 1949) et Matthias Nagel (des variations jazzy sur un cantique luthérien…).  L’originalité de ce concert n’es repose pas moins sur les solides compétences de l’organiste invité. Hervé Désarbre, né en 1957 à Roanne, a étudié avec l’organiste et compositeur Aloÿs Claussmann, avant de se perfectionner au C.N.R de Lyon puis dans la classe d’orgue du Maître André Fleury à la Schola Cantorum. En 1975, il fut nommé organiste de l’église St Louis de Roanne puis, en 1993, titulaire de l’orgue historique du Val-de-Grâce, à Paris. En 2005, il reçut le titre d’organiste du ministère de la Défense. Il a joué en soliste avec différents chœurs, ensembles et orchestres français et étrangers. Il s’est produit à Paris, en province, de la Belgique à l’Ouzbékistan, de la Serbie à l’Allemagne et régulièrement en Russie : à Moscou, il a déjà joué dans la grande salle du Conservatoire Tchaïkovsky (dont il a reçu la médaille d’honneur). A l’initiative des Affaires étrangères, il donnait une tournée à Moscou et au Tatarstan pour la clôture de « l’Année de la France en Russie ». Il a créé nombre d’œuvres contemporaines, pour orgue seul ou avec orchestre, et a enregistré une quinzaine de disques. Il a participé aux jurys des Concours Edison Denisov, Concours Chostakovitch, Concours d’orgue Alexander Gedicke… Membre de la Famille Camillienne, il est aussi directeur artistique des Editions Le Chant du Monde, et titulaire honoraire de l’orgue historique de Renaison, ville dont il a reçu récemment la médaille.

Ce concert sera donné deux fois, avec un programme identique (et c’est une rare exception gracieusement consentie à l’originalité des idées d’Hervé Désarbre dans le cadre de cette série de concerts !) à Romans le samedi 13 septembre à 17h30 et le lendemain à Saint-Antoine-l’Abbaye à 17h30. Les différences fondamentales de style et de sonorité qui éloignent les deux instruments feront que ce programme sera radicalement différent : on est donc invité à venir l’écouter deux fois !

Hérvé Désarbre




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