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Archive mensuelle de septembre 2015

Double Jeu ! de Jean-Baptiste Monnot, 26 et 27 septembre

Yoann Tardivel-Erchoff, qui officiait samedi dernier au cœur des Journées du Patrimoine, a offert un véritable marathon musical au public nombreux. Conclure la visite de la collégiale par un concert de cette maîtrise est un privilège : aisance technique, fermeté de la conduite du discours, force dramatique et inventivité dans l’exploitation des ressources sonores de l’instrument de la collégiale, tout concourrait à ce que ce concert soit un moment privilégié, à a mesure de ceux qui l’ont précédé dans cette série. Yoann Tardivel, professeur au Conservatoire de Bruxelles, concertiste recherché et producteur de radio, faisait montre de son originalité avec un programme tout entier consacré à l’influence de Bach chez les musiciens du XIXème siècle. Pour conclure cette série de haute tenue musicale, les auditeurs pourront retrouver l’extraordinaire jeune virtuose déjà bien apprécié Jean-Baptiste Monnot. Déjà reçu à plusieurs reprises, on pourra l’entendre à nouveau avec le même bénéfice et l’assurance d’un moment intense.

Jean-Baptiste Monnot est le tout récent titulaire du grand orgue Cavaillé-Coll de l’abbatiale Saint-Ouen de Rouen (sa nomination, sur concours, date de ce mois-ci) et de l’orgue historique Joseph Merklin de la Collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie. Il est également professeur d’orgue au Conservatoire à Rayonnement Départemental de Mantes-en-Yvelines. Né en 1984 en Normandie, il a étudié l’orgue au Conservatoire national de Région de Rouen où il a obtenu la Médaille d’or, le Premier prix de perfectionnement et le Premier prix d’excellence. En 2002, il a remporté à l’unanimité le premier prix du quatrième Concours du Jeune Organiste présidé par Marie-Claire Alain et obtenu le Diplôme d’Études Musicales Régional d’orgue. Admis au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe d’Olivier Latry et Michel Bouvard, il y a obtenu le Diplôme de Formation Supérieure en orgue avant d’aller se perfectionner auprès de Bernhard Haas à la Hochschule für Musik de Stuttgart. À plusieurs reprises, il a suivi les master-classes de Jean Guillou à Zürich avant d’être l’assistant de son Maître, entre 2004 à 2014, au grand orgue de l’église Saint-Eustache. Appelé à jouer à Kyoto, Nagoya ou La Nouvelle-Orléans, il se produit dans de nombreux festivals français et étrangers. L’an dernier, il a donné un concert à l’Österreichischer Rundfunk de Vienne, radiodiffusé en direct et avec l’orchestre philharmonique de Kiev.

Samedi 26 septembre, à 17h30 à Saint-Barnard, Jean-Baptiste Monnot jouera le magnifique « Prélude et fugue en la mineur BWV 543 » de Bach, vaste fresque éloquente et d’une grande noblesse, sa propre transcription de trois pièces pour piano d’Alexander Scriabin (« Etude en ut dièse n°1 op. 2 », « Préludes en la mineur n°2 op. 11 et n°2 op.59 ») avant de se lancer dans l’immense « Fantaisie et fugue sur Ad nos ad salutarem undam » de Franz Liszt, chef d’œuvre quasiment cinématographique, riche d’une inventivité stupéfiante et d’un formidable impact dramatique à même de mettre toutes les ressources de l’orgue et de l’interprète en valeur.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, le dimanche 27 septembre à 17h00, le jeune musicien redonnera le « Prélude et fugue en la mineur BWV 543 » associé à trois chorals du même Bach (« Allein Gott in der höh sei eh » « Dies sind die heilige zehn Gebot» et « Wir glauben all’ an einen Gott»). La superbe et si lyrique « Tierce en taille » de Nicolas de Grigny précèdera deux chorals de Brahms, écrits à la fin de sa vie (« Es ist ein Ros’ entsprungen » et « O Gott, du frommer Gott »). Pour conclure le cycle et la saison, c’est la grande « Toccata dorienne » qui aura les honneurs.

Sans doute aucun, le public pourra se rendre à ces deux concerts avec la certitude de moments exceptionnels : le talent de Jean-Baptiste Monnot, unanimement reconnu en France et à l’étranger est un gage sûr. Sa toute récente nomination à la tribune de Saint-Ouen de Rouen, où il aura sous les doigts l’un des plus superbes instruments de France, et que le monde musical nous envie, est une excellente nouvelle pour le monde de l’orgue. Le talent du musicien, sa conscience aiguë de son rôle et la rigueur de son approche garantissent la plus belle mise en valeur de cet orgue aux ressources sonores uniques et au statut incroyable : il est dans l’état de sa construction, en 1890 ! Heureux mélomanes qui croiseront Jean-Baptiste Monnot sur leur chemin : il marquera leur souvenir…

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Double Jeu ! de Yoann Tardivel-Erchoff, 19 et 20 septembre

Il sera difficile, cette semaine encore, de ne pas enfiler les superlatifs comme des perles alors qu’on voudra rendre compte de la superbe série de concerts proposée par les Amis de l’orgue de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye. Paul Goussot, tout feu, tout flamme, a littéralement ensorcelé son public avec des œuvres, des transcriptions et des improvisations menées d’une main sûre, survoltée et si enthousiasmante. Jean-Marc Leblanc, plus posé, tout aussi virtuose mais dans un registre plus grave, plus intimiste, donnait la mesure de son talent et d’un toucher incroyablement souple et délicat. Les œuvres qu’il avait inscrites à ses programmes s’enrichissaient l’une l’autre de subtiles relations et donnaient, au bout du compte, l’impression d’une superbe maîtrise et d’une stimulante réflexion, d’un moment absolument enrichissant.

Avec Yoann Tardivel-Erchoff, jeune et brillant concertiste, ce sera une toute autre ambiance qui nous sera, à nouveau, proposée : le programme donné samedi 19 septembre à Saint-Barnard, à 17h30 est entièrement organisée autour de la figure de Bach et de l’écho de son œuvre chez ses successeurs. L’aura du Maître n’a presque jamais faibli et si une période de relatif oubli a suivi sa mort, les musiciens l’ont tôt redécouvert, dès le début du XIXème siècle, notamment sous l’impulsion de Mendelssohn. Par la suite, tous ont fait leur la substantifique moelle de cette musique si essentielle et se la sont appropriée. Ainsi, Max Reger, lui-même prolifique organiste et compositeur, arrangea pour son instrument la « Fantaisie Chromatique BWV 903 » alors que Siegfried Karg-Elert, lui aussi praticien de l’instrument à tuyaux, donnait une « Symphonie Pastorale » arrangée d’après la « Pastorale » de l’ « Oratorio de Noël BWV 248 ». Alexander Gottschalg, proche de Liszt, adapta à l’orgue l’ « Air » de la « Suite BWV 1068 ». Charles-Marie Widor, auteur de neuf symphonie pour orgue, grandes initiatrices du genre, écrivit aussi un étonnant « Bach’s memento », peu joué, et qui montre de quelle façon un compositeur de la fin du XIXème siècle pouvait s’approprier la musique de son aîné, l’amplifiant d’une manière qui pourrait nous paraître, à nous plus respectueux de la lettre surtout depuis la « révolution baroqueuse », quelque peu déroutante. On entendra, extrait de cette suite, l’ « Aria » tiré du « Prélude BWV 855 » et la « Marche du Veilleur de Nuit » tirée du célèbre choral de la « Cantate BWV 140 ». Enfin, on entendra aussi comme Henri Messerer a métamorphosé l’ample « Chaconne » extraite de la « Partita BWV 1004 ». Au centre de ce programme, une place sera accordée à Franz Liszt qui conclut son impressionnante fresque « Weinen, Klagen, Zorgen, Sagen » par un choral qui illumine instantanément la rigoureuse et douloureuse progression dramatique de l’œuvre.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, le public peut s’attendre à de belles surprises. Tout à son goût pour la remise en question des habitudes et pour la confrontation des époques et des styles, à même de faire surgir de nouveaux points de vue, Yoann Tardivel-Erchoff jouera d’abord « Cinq Fugues sur le mesme sujet » de Jean-Henri d’Anglebert, comme un respectueux hommage au style de l’instrument antonin. Mais en total contraste, on entendra « Trois études pour orgue baroque » de Gérard Pesson, compositeur français né en 1958, marqué par son apprentissage auprès de Betsy Jolas et d’Ivo Malec, musicien décrit comme un « artisan économe des formes brèves (ses « Vignettes I et II », pour quatuor à cordes, n’excèdent pas trois minutes chacune), alchimiste des sonorités ténues ou furtives, chiches en décibels (« Respirez, ne respirez plus ») ». Des extraits de la « Messe à l’usage des couvents » de François Couperin précèderont une nouvelle confrontation, celle de l’hymne « Pange lingua » de Nicolas de Grigny, furtif génie mort à trente ans à peine en 1703, avec une œuvre éponyme de Benoît Mernier, organiste et compositeur belge né à Bastogne en 1964. Elève de Philippe Boesmans, Mernier a découvert l’orgue avec Jean Ferrard, dont il fut l’assistant pendant plusieurs années aux Conservatoires de Liège et de Bruxelles, puis de Jean Boyer.

C’est un jeune musicien au curriculum vitae enviable qui sera aux commandes de ces impressionnants programmes. Né en 1982, Yoann Tardivel-Erchoff est actuellement professeur assistant au Conservatoire Royal de Bruxelles où il enseigne aux côtés de Bernard Foccroulle. Il a été formé à Paris, Copenhague et Bruxelles auprès de Michel Bouvard, François-Henri Houbart et Olivier Latry. Les conseils de Bine K. Bryndorf, Jean Ferrard et Bernard Foccroulle l’ont aidé à a approfondir sa connaissance des musiques anciennes germaniques et nordiques. Entre 2007 et 2010, Yoann Tardivel a été organiste co-titulaire de l’église Notre-Dame des Vertus à Aubervilliers. En 2008, il a remporté le premier grand prix d’interprétation au Concours International Xavier Darasse à Toulouse et a été élu « Young organist of the year » pour l’année 2009. En tant que soliste, il s’est déjà produit lors de nombreux festivals européens, notamment au festival Klangspuren, à Innsbruck (Autriche), entièrement consacré à la musique contemporaine. Il a publié, en 2012, un disque consacré à Jehan Alain. Il est animateur-producteur sur Musiq3, une chaîne de la RTBF (Radio-Télévision Belge de la communauté Francophone).

A nouveau, deux concerts riches en découvertes, en surprises, en virtuosité, à même de renouveler notre regard sur l’instrument majestueux aux mille sons.  Yoann Tardivel-Erchoff se produira donc le samedi 19 septembre à 17h30 à Saint-Barnard et le dimanche 20 septembre à 17h00 à Saint-Antoine-l’Abbaye (entrée libre, participation aux frais). Ce week-end des Journées du Patrimoine permettra aussi au public de visiter les deux tribunes (samedi et dimanche à Saint-Antoine-l’Abbaye et dimanche à Romans).yoanntardivel2

Double Jeu ! de Jean-Marc Leblanc, 12 et 13 septembre

Encore sous le charme et l’incroyable impression produite par la prestation de Paul Goussot, toute en force virtuose et sensibilité poétique, le public pourra, cette semaine encore, goûter au talent du second invité de la série initiée par les Amis de l’orgue de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye. Double jeu, double plaisir musical, très différent sur ces deux instrument très éloignés l’un de l’autre par leur style et leur facture, et aussi par les périodes du vaste répertoire que l’on peut jouer, chaque instrument ayant, en quelque sorte, sa période de prédilection –ce qui n’empêche pas des les provoquer, notamment en jouant des œuvres contemporaines sur l’instrument antonin, construit dans le style du XVIIIème siècle.  

C’est Jean-Marc Leblanc qui sera accueilli ce week-end. Disciple de Louis Thiry et de Jean Boyer, il a accompli sa formation au Conservatoire National Supérieur de Paris où il a obtenu, en 1992, le premier prix d’orgue, premier nommé, dans la classe de Michel Chapuis, ainsi que les premiers prix d’analyse, d’harmonie, de contrepoint et de fugue. Il est actuellement titulaire des grandes orgues historiques Clicquot Cavaillé-Coll Gonzalez de Saint-Merry et des grandes orgues Schwenkedel de Saint-Thomas-d’Aquin de Paris. Agrégé de musicologie, il enseigne à l’Université de Tours. Il donne des concerts en France et à l’étranger et participe à de nombreux festivals où il est invité à toucher de prestigieux instruments comme à Notre-Dame de Paris, Saint-Ouen de Rouen, Saint-Maximin de Provence, Sainte-Croix de Bordeaux, Riga, Saint-Pétersbourg, Aix-la-Chapelle, en Corée et en Bolivie. Attaché à mettre en valeur, par son jeu unanimement salué pour sa clarté, sa distinction et son assurance, l’ensemble du répertoire, Jean-Marc Leblanc a composé un programme tout en originalité.

A Romans, samedi 12 septembre, il donnera à entendre, de Carl Philipp Emanuel Bach, la « Sonate n°4 » en la mineur de 1755 avant de découvrir les « Vêpres des Vierges op. 31 » d’Ernest Chausson, œuvre rare de l’auteur du « Poème de l’amour et de la mer » et du « Roi Arthus », son unique opéra. On découvrira cette suite peu jouée, écrite par un artiste marqué par Wagner et ami de Debussy, d’Indy et Dukas. En contraste, et témoignant d’une parfaite technique, l’organiste enchaînera la « Sonate en trio n°1 » en mi bémol majeur de Bach, « Ma l’ombra sol » et une œuvre écrite en 2008 par le jeune compositeur Valéry Aubertin. Ce programme tout en contraste s’achèvera avec, là aussi, une œuvre peu jouée : l’Office n°51 « Dominica XXIII post Pentecostem », extrait de « L’orgue mystique op. 57 » de Charles Tournemire. Compositeur prolifique, il laisse pour l’orgue un corpus impressionnant qui comprend ce cycle destiné à chaque dimanche de l’année. Intéressé par Mahler et Busonni avec qui il correspond, Tournemire reste à découvrir plus encore, ce à quoi le travail de Jean-Marc Leblanc contribuera : il prépare l’édition de ses cahiers, à la fois mémoires et pensées.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, Jean-Marc Leblanc présentera, là aussi, un vaste panorama du répertoire, avec le « Sanctorum meritiis » de Jehan Titelouze, le tout premier organiste français à avoir publié de la musique. Profitant du caractère de l’instrument et illustrant l’influence européenne de la congrégation antonine, on entendra deux « Tientos » de Correa de Arauxo, autre auteur du XVIème siècle, ainsi qu’une « Fugue » et un « Caprice » de Roberday. De Tournemire, on découvrira son étonnante « Suite évocatrice op. 74 », écrite à la fin des années 1920, période où  l’on redécouvrait les qualités des instruments anciens. Enfin, un superbe « Concerto » de Corrette conclura ce concert qui s’annonce lui aussi passionnant.

Il faut, une nouvelle fois, souligner la très haute tenue musicale des concerts que nous proposent ces deux associations : ces Double Jeu tout en fervente virtuosité tiennent leurs promesses ! Jean-Marc Leblanc se produira donc samedi 12 septembre à Romans à 17h30 et le dimanche 13 septembre à Saint-Antoine-l’Abbaye à 17h00 – entrée libre, participation aux frais.jeanmarcleblanc

 




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