Jeux d’orgue avec voix, Muriel Groz et Cathia Lardeau

Ces derniers jours ont permis d’entendre sous les hautes voûtes de la collégiale, de grands moments de musique ! Après le Requiem de Mozart, défendu par le Chœur et l’Orchestre Adhémar et évoqué la semaine dernière dans ces colonnes, on a pu entendre, pour la première fois à Romans, la très célèbre et efficace « Troisième Symphonie avec orgue » de Camille Saint-Saëns brillamment interprétée par l’Orchestre Allegro du Conservatoire à rayonnement département de Valence-Romans Agglo dirigé par le Maestro Didier Vadrot avec Dominique Joubert aux claviers. Efficace n’est pas à prendre de façon péjorative pour qualifier cette œuvre souvent jouée : au contraire, cela dit à la fois la netteté de la forme, la beauté des couleurs de l’orchestre que l’écriture claire fait apparaître au long de mouvement contrastés, doux, puis lyriques et larges, piquants et presque tragiques. Soudainement, le final éclate dans la somptuosité de la puissance de l’orgue qui, tout au long de l’œuvre apporte un surcroît de couleurs, une présence complice qui n’est pas celle d’un soliste concertant mais qui renforce de ses propres forces et particularités sonores celles de l’orchestre dans un subtil équilibre. Le Maestoso final, bissé pour le plus grand plaisir du public, est véritablement une pièce exaltante par sa majesté ampoulée mais si plaisante ! Dominique Joubert donnait, le lendemain, le premier des Jeux d’orgue de la saison des Amis de l’orgue de Saint-Barnard. Concert tout en contrastes d’œuvres successivement enjouées et puissamment méditatives, voire interrogatives comme ce choral de Brahms, écrit au bout du crépuscule de sa vie, ou les si mystérieuses « Cathédrales » de Vierne, évocation puissante de l’atmosphère de Notre-Dame de Paris que l’organiste aveugle avait si bien perçue. Une improvisation tout en frémissements, en amples harmonies, en climats changeants, inspirée par la séquence de la Pentecôte (« Veni creator ») concluait un moment de véritable plaisir musical.

Ce samedi 10 juin, à 17h30, toujours à Saint-Barnard, on pourra vérifier que la valeur n’attend pas le nombre des années et que les musiciens invités témoignent de brillantes et solides études. Muriel Groz, qui tiendra les claviers ce samedi, a commencé la musique au Canada. Elle doit l’essentiel de sa formation d’orgue à Yves Lafargue, Denis Bordage, Lisbeth Schlumberger et François Espinasse. Entrée au Conservatoire de Grenoble en 2002, elle poursuit aussi des études scientifiques à l’Institut National Polytechnique de Grenoble. En 2011, elle a intégré la classe d’orgue du CNSMD de Lyon où elle a obtenu un Master en 2015 avant d’étudier à la Hochschule für Musik und Theater de Hambourg. Nommée, en 2014, titulaire du grand orgue Callinet Cavaillé-Coll de Voiron en Isère, elle enseigne le piano et l’orgue. La musicienne sera accompagnée par Cathia Lardeau, mezzosoprano. Elle a commencé le chant à la Maîtrise de l’Opéra de Lyon puis a intégré le Studio Vocal de Lyon. Après des études de musicologie à l’Université Lumière Lyon II, elle a été admise au Royal Northern College of Music, en Grande-Bretagne, soutenue par le Rose Goulding Scolarship, où elle a été l’élève de Peter Alexander Wilson. En 2006, elle a intégré la Hochschule für Musik de Leipzig où elle a pu aborder le répertoire vocal de Johann Sebastian Bach au plus près des archives importantes de cette ville. Finaliste du Elisabeth Harwood Memorial Trust Award, elle a été sélectionnée pour le RNCM Gold Medals Award. Membre de la troupe de l’Opéra de Flandres, elle a aussi chanté au sein du Collegium Vocale de Gand. Missionnée par la ville de Nantua, dans le département de l’Ain, pour mener des actions culturelles et pédagogiques, elle est professeur au CRD de Valence-Romans.

Les deux musiciennes ont préparé un programme vraiment original qui mettra en valeur le répertoire ancien et contemporain dans un subtil jeu de dialogue et d’échos. Tout d’abord, l’orgue rendra les délicates harmonies de deux extraits de la « Suite » de Maurice Duruflé (le « Prélude » et la « Sicilienne »). On entendra ensuite l’ « Ave Maria » de Charles-Marie Widor puis le « Deuxième Choral » en si mineur de César Franck et la « Prière à Saint Bernard » de Jules Massenet. Une seconde partie, témoignant de divers langages musicaux de notre époque fera entendre « Miroirs » d’Ad Wammes, un extrait des « Matines du Samedi Saint – Les lamentations de Jérémie de Joseph Reveyron, organiste et compositeur lyonnais mort en 2005. Pour terminer, en écho à une chanson du XVIème siècle (« Une jeune Fillette », de Jehan Chardavoine), on entendra une œuvre du compositeur Bert Matter, né en 1937, la « Fantasie sopra « Von Gott will ich nicht lassen » ou  Fantaisie sur « Une jeune fillette ».

Vraiment, les concerts des Amis de l’orgue se succèdent et ne se ressemblent pas ! Même, il semble que tout soit fait par cette dynamique association pour que le visage de l’orgue change et que les concerts proposés témoignent de la diversité du répertoire.Cathia et Muriel

 

 

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