1918-2018 : anniversaire de l’Armistice

Comme le souligne Marie-Hélène Thoraval, « cette année 2018 marque le centenaire de la signature de l’Armistice de 1918 et la fin des combats du premier conflit mondial. À cette occasion, la Ville de Romans-sur-Isère entend pleinement commémorer la Grande Guerre mais surtout célébrer la Paix et rendre hommage à toutes celles et ceux qui se sont battus pour notre liberté afin de regarder l’avenir avec optimisme. » Ainsi, les Amis de l’orgue, soucieux d’inscrire leur activité dans la vie publique romanaise en y associant l’orgue, ont organisé un concert qui s’annonce original et plein de sens, ce dimanche 21 octobre, à 16h30 (entrée : 10€, billets en vente sur place). Il sera donné par Hervé Désarbre, organiste du Ministère des armées et titulaire de l’orgue de la chapelle du Val-de-Grâce à Paris. Il sera en compagnie de la mezzo Cathia Lardeau, professeur au Conservatoire à rayonnement départemental de Valence-Romans-Agglo.

Quel choix plus approprié que d’inviter un musicien lié par ses fonctions aux Armées pour ce concert ? Dans un entretien qu’il a accordé aux Amis de l’orgue, le célèbre organiste français, déjà invité plusieurs fois à Romans, éclaire son titre, sa démarche et son activité protéiforme : « La principale obligation qui est faite aux organistes des armées est de mettre en valeur l’orgue qui leur est confié, et donc, par extension, le lieu dans lequel il se trouve. Mission aisée à remplir, car ces lieux-là sont parmi les plus beaux que l’on connaisse, le Val-de-Grâce, les Invalides, l’Ecole militaire et le Prytanée militaire. Au Val-de-Grâce, outre les offices dominicaux ou autres, j’ai ainsi organisé, depuis ma nomination en 1993, plus de 300 auditions d’orgues et concerts. (…) Parallèlement à cette fonction, je suis directeur artistique d’une maison d’édition, également engagé dans la réserve citoyenne et au sein de la famille camillienne laïque, qui soutient les dispensaires et centre de santé installés par les Camilliens dans les pays pauvres. » Le programme du concert est une étonnante association d’œuvres rares toutes liées avec le conflit mondial que l’on commémore. Ce choix a été élaboré après de longues recherches : « Je passe beaucoup de temps à chercher, lire et relire, découvrir, mettre en relation, en parallèle, des œuvres et des thèmes, des anniversaires et des titres. Un musicien, lorsqu’il bâtit un programme, est comme un cuisinier, qui doit trouver les bons mélanges d’herbes et d’épices et sélectionner les meilleurs produits… Avec l’orgue et son répertoire, on peut tout jouer, tout fêter, tout célébrer ! C’est donc avec une certaine « gourmandise », j’aime ce mot, que j’explore les répertoires des différents pays, donc des différentes écoles, et lorsque je trouve une pièce qui m’intéresse, je pense tout de suite à la partager (…). Pour ce concert, « il m’est apparu naturel, comme organiste du ministère des armées, de mettre en valeur des compositeurs engagés au front, d’autant que ceux-ci étaient la plupart du temps dans le service de santé militaire, auquel appartient le Val-de-Grâce ». Hervé Désarbre souscrit, à l’occasion de ce concert, à la volonté des Amis de l’orgue et la Ville de placer l’orgue dans la vie de la cité : « En France, les orgues se trouvent pour l’essentiel dans les églises ; par surcroît beaucoup se trouvent en tribune, hors des regards. (…). L’autre côté de la médaille, c’est d’être la voix qui vient de loin, d’en-haut, d’être aux claviers d’un instrument fait uniquement « pour la messe ». Si l’on pense comme ça, le débat est clos, et le répertoire se rétrécit singulièrement. Pour ma part, l’orgue est pratiquement un être vivant (…). Ça, ça me plaît, car cet instrument n’est pas une « commode qui fait de la musique », une horloge musicale. Il est là pour participer pleinement aux offices, certes, mais aussi pour souligner des événements, participer à la vie de la cité en commémorant, en fêtant, en témoignant ; c’est un acteur à part entière, et donc vivant, du patrimoine, rôle, me semble-t-il, que lui attribue fort justement les Amis de l’orgue de St-Barnard à travers ce concert, auquel je suis heureux de participer.

Né à Roanne, Hervé Désarbre a été l’élève de grands noms de l’orgue français : André Fleury et Guy Morançon. D’abord organiste de l’église Saint-Louis de Roanne, il a été nommé, en 1993, titulaire de l’orgue historique du Val-de-Grâce, à Paris. Il a joué en soliste avec différents choeurs, ensembles et orchestres français et étrangers et s’est produit dans de nombreux pays et a récemment donné une tournée en Russie. Il a créé nombre d’oeuvres contemporaines, françaises ou étrangères, pour orgue seul ou avec orchestre, la plupart lui étant dédiées, et a enregistré une quinzaine de disques. Il sera en compagnie de Cathia Lardeau. Après une formation à la Maîtrise de l’Opéra de Lyon et au Studio Vocal lyonnais, Cathia Lardeau a intégré le Royal Northern College of Music de Manchester avant d’être finaliste du Elisabeth Harwood Memorial Trust Award. Travaillant successivement avec le Collegium Vocale de Gand, le festival d’opéra de Glyndebourne et l’Opéra de Flandres, Cathia Lardeau, diplômée du CNSM de Lyon, enseigne le chant au CRD de Valence-Romans-Agglo. Le programme, on l’a dit plus haut, est d’une singulière originalité et en tous points approprié à l’occasion particulière de ce concert commémoratif. Chacun des pays bélligérants sera honoré par des oeuvres composées par des musiciens qui ont pris part au conflit ou qui ont souhaité rendre hommage, par leurs notes, à ceux qui le vécurent. Ainsi, on entendra, pour la France, des oeuvres de Maurice Ravel (« Pièce en forme de Habanera »,  transcrite pour orgue par Léonce de Saint-Martin), André Fleury (« Psaume pour les morts de la guerre », pour voix et orgue), Joseph Boulnois, mort en 1918 (« Quatre pièces brèves », pour orgue), de Déodat de Séverac (« Méditation », pour orgue), André Caplet (« Détresse », pour voix et orgue), Fernand Bodé, dit Clapson (« La wachkyrie », pour orgue), Jacques de la Presle (« Alma Mater », pour orgue) et Camille Robert (« Quand Madelon », pour voix et orgue) ; pour l’Allemagne, deux lieder de Max Reger (« Waldansamkeit » et « Lied eines Madchens », pour voix et orgue) ; pour les Etats-Unis, « The castle », pour orgue de James Reese Europe ; pour la Serbie, « La révélation de la lumière », pour orgue, d’Ivan Jevtic : pour la Belgique, la  » Toccata sur Big Ben », pour orgue de Jean-Marie Plum ; pour la Grande-Bretagne, les « Roses of Picardy » d’Haydn Wood et pour l’Italie, l’ »Omaggio all’Italia, fantasia su canti della Prima Guerra » d Enrico Pasini.

Le talent reconnu des musiciens invités, déjà entendus de nombreuses fois à Romans et salués par un public unanime, l’à propos avec lequel les œuvres ont été choisies, leur sens, leur résonance particulière, tout concourt à ce que ce concert soit un des événements les plus intenses de ce mois et demi de manifestations municipales où la musique aura toute sa place. Ce concert à Saint-Barnard vérifie par ailleurs, une nouvelle fois, l’engagement des Amis de l’orgue et l’originalité de leur programmation.m1_MTQ4MQ_775_Cathia-Lardeaudésarbre

0 Réponses à “1918-2018 : anniversaire de l’Armistice”


  • Aucun commentaire

Laisser un Commentaire




musicattitude01 |
My favorite things |
Gribouille et Eva |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Andalo Carrega, musicien
| mamadou-système
| Frank Woodbridge - Compos...