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Double Jeu ! de Vincent Bernhardt, samedi 23 et dimanche 24 septembre

La diversité restera le maître mot de la série de concert initiée par les Amis de l’orgue de Saint-Barnard conjointement avec l’association de Saint-Antoine-l’Abbaye. Ces concerts doubles sont l’occasion de découvrir de larges pans du répertoire de l’instrument roi ainsi que des tempéraments de musiciens divers, aux préoccupations musicales variées. Ainsi, après l’élégance du toucher de Paul Goussot, l’énergie lyrique de Florent Gallière, le public assemblé à l’occasion des Journées du patrimoine a pu découvrir l’originalité du concert d’Hervé Désarbre, organiste du Ministère des armées, titulaire de l’orgue de la chapelle du Val de Grâce. Rendant hommage aux figures féminines de l’histoire, il a tissé un programme détonnant, plein de verve, et qui témoigne de sa gourmandise. Le public, le sourire aux lèvres, a salué de chaleureux applaudissements son passage, toujours apprécié par sa bonhommie mais aussi sa haute tenue musicale.

Pour le dernier concert de la série, c’est un musicien spécialisé dans le répertoire baroque qui sera aux claviers. Invité pour la première fois à Romans (comme Florent Gallière), il connaît bien, en revanche, l’orgue antonin. Vincent Bernhard est né en 1987, il a étudié à Metz, Lyon (CRR et Conservatoire National Supérieur), Stuttgart (Hochschule für Musik) et Bâle (Schola Cantorum). Il est titulaire de quatre Masters d’interprétation musicale (orgue, clavecin, basse continue et orgue ancien) obtenus auprès de pédagogues de renom international : Andrea Marcon, Jesper Christensen, Yves Rechsteiner, François Espinasse, Bernhard Haas, Lorenzo Ghielmi, Jörg-Andreas Bötticher, Norbert Pétry, Jon Laukvik, Gérard Geay… Il a également bénéficié de l’enseignement de Willem Jansen et Michael Radulescu, et s’est initié à la direction d’orchestre avec Andrea Marcon (répertoire baroque) et Julien Leroy (répertoire symphonique). Il a donné de nombreux concerts comme soliste : cathédrales de Lausanne, Lyon, Metz, Dunblane, Freiberg… ; festival Seviqc Brežice en Slovénie, festival Toulouse-les-Orgues, festival international Città di Treviso, Orgel Festival Holland, Festival Leo Brouwer à Cuba ; orgues Silbermann de Saint-Quirin et de la Predigerkirche à Bâle ; clavecins anciens de la collection Tagliavini à Bologne… Depuis ses débuts comme claveciniste de l’Orchestre Baroque de l’Union Européenne à l’âge de 19 ans, il s’est également produit au sein d’ensembles tels que La Cetra Barockorchester, le Freiburger Barockorchester, l’ensemble Gilles Binchois, le RIAS-Kammerchor de Berlin, La Chapelle Rhénane, et les orchestres symphoniques de Luxembourg, Lorraine, Heidelberg, Essen et Cologne. Il est lauréat des concours internationaux d’orgue Gottfried Silbermann de Freiberg, J. S. Bach de Lausanne (premier prix) et Cavaillé-Coll, ainsi que des concours internationaux de clavecin de Bologne et de Lugano (premier prix). La fondation Hans Balmer lui a décerné en 2014 le Förderpreis. Organiste à la Cathédrale Primatiale de Lyon en 2009 puis au Festival International de Musique de la Chaise-Dieu, il est en résidence au festival Silbermann depuis plusieurs années. Avec son ensemble baroque Il delirio fantastico (Lyon), il vient d’obtenir un CHOC du magazine Classica pour l’album « Vivaldi : Concerti di Parigi », paru chez Calliope. En soliste, il vient de faire paraître un disque consacré à Georg Böhm et aux œuvres de jeunesse de J. S. Bach, enregistré à l’orgue Rémy Mahler de Baïgorry. Vincent Bernhardt est professeur d’orgue et de basse continue au Conservatoire à Rayonnement Régional de Metz depuis 2012. En 2013, il était invité à La Havane pour deux concerts avec Il delirio fantastico, un récital d’orgue et une master-classe sur l’orgue Daublaine-Ducroquet de l’église San Francisco de Paula. Il prépare une thèse de doctorat sur « Le concept de liberté de l’interprète dans le corpus orchestral d’Antonio Vivaldi » à Lyon.

A Romans, il jouera  un programme très varié, qui témoigne se sa capacité à aborder l’ensemble du répertoire (ce que permet l’orgue de Saint-Barnard). Ainsi, on entendra le « Prélude et fugue en sol majeur » et trois chorals (« Herr Jesu Christ, dich zu uns wend », « Ach Herr, mich armen Sünder » et « Jesu, meines Lebens Leben » de Johann-Sebastian Bach, trois chorals de Johannes Brahms, écrits à la fin de sa vie, œuvres vraiment crépusculaires et imprégnées d’une longue méditation sur la vie (« Es ist ein Ros entsprungen », « Schmücke dich, o liebe Seele » et « Herzlich tut mich verlangen »), un beau choral de Georg Böhm, contemporain de Bach (« Gelobet seist du, Jesu Christ ») et deux œuvres mises en regard par les circonstances de leur écriture : les célèbres « Litanies » de Jehan Alain et le beau et souverain « Prélude et fugue sur le nom d’Alain », écrit par Maurice Duruflé en hommage à son ami, tombé à 29 ans au champ d’honneur. A Saint-Antoine-l’Ababye, Vincent Bernhardt jouera le « Prélude et fugue en ut majeur » et les chorals « Christe, der du bist Tag und Licht », « Christ lag in Todesbanden » et « Vater unser im Himmelreich » de Georg Böhm, des extraits de la « Suite du Premier Ton » de Pierre Du Mage (« 
Plein Jeu », « Fugue », « Tierce en Taille », « Basse de trompette », « Récit » et « Grand Jeu », le superbe choral « Schmücke dich, o liebe Seele » et la « Pièce d’orgue en sol majeur » de Johann Sebastian Bach.

A nouveau, et pour conclure cette prestigieuse série qui a vu de brillants musiciens prendre possession des deux orgues, aux caractères si différents, les mélomanes trouveront tout bénéfice à assister aux deux concerts. La variété des approches, les ressorts techniques et d’interprétation qui sont sollicités sont si variés que l’exercice, périlleux, trouve tout son sel avec des musiciens de cette trempe qui font honneur aux deux associations !

Double Jeu ! de Vincent Bernhardt : samedi 23 septembre à 17h30 à Saint-Barnard, dimanche 24 septembre à 17h00 à Saint-Antoine-l’Abbaye – Entrée libre, participation aux fraisVincent Bernhardt

 

Double Jeu ! d’Hervé Désarbre, samedi 16 et dimanche 17 septembre

La première prestation de Florent Gallière, pour les Double Jeu ! de Saint-Barnard et Saint-Antoine-l’Abbaye, a été saluée de chaleureux applaudissements. L’énergie implacable déployée dans le programme donné à Romans, épique et passionné, a permis au musicien d’asseoir encore sa parfaite maîtrise technique dans des fresques virtuoses. Sachant se faire délicat, attentif au phrasé, au contour des mélodies, il a aussi démonté à Saint-Antoine, et c’est l’intérêt de la formule, qu’il sait aussi rendre la finesse des grâces baroques de l’Europe entière qu’il avait assemblées en un beau programme.

En total contraste avec les deux week-ends précédents, le public aura à nouveau la possibilité de découvrir de nouveaux univers sonores et un talent musical tout différent. Habitué de la formule, et lié par une de ces amitiés qui se tissent entre concertistes et organisateurs de concerts, Hervé Désarbre sera aux commandes des deux orgues. Né à Roanne, Hervé Désarbre a étudié le piano avec Madeleine David, élève de l’organiste et compositeur Aloÿs Claussmann, puis s’est perfectionné auprès d’André Chometon, professeur au C.N.R de Lyon avant d’entrer ensuite dans la classe d’orgue du maître André Fleury à la Schola Cantorum et de travailler également avec Guy Morançon à Notre-Dame-des-Victoires à Paris. D’abord organiste de l’église Saint-Louis de Roanne, il a été nommé, en 1993, titulaire de l’orgue historique du Val-de-Grâce, à Paris et, en 2005, organiste du ministère des Armées. En 2014, il a été nommé membre du comité international d’experts pour la restauration du grand-orgue Cavaillé-Coll du conservatoire de Moscou. Il a créé nombre d’œuvres contemporaines, françaises ou étrangères, pour orgue seul ou avec orchestre, la plupart lui étant dédiées, et a enregistré une quinzaine de disques. Membre de la Famille Camillienne, il est aussi directeur artistique des Editions Le Chant du Monde, et titulaire honoraire de l’orgue historique John Abbey de Renaison. Hervé Désarbre, commandant dans la réserve citoyenne, est chevalier de l’ordre national du Mérite et détenteur de la médaille d’honneur du Service de santé des armées.

Amateur de musiques peu courantes, voire peu orthodoxes, le musicien a l’habitude d’agencer avec finesse des programmes qui étonnent par leur originalité, par la rareté des œuvres jouées, mais aussi par l’envie revendiquée du musicien de faire du concert un véritable moment de plaisir, pour le public comme pour lui. Le sourire vient souvent au visage des auditeurs : science et maîtrise éloignent la légèreté, le propos reste celui d’un grand musicien, son regard celui d’un amoureux des belles choses de la vie. Pour ce week-end, Hervé Désarbre a choisi de rendre hommage aux grandes femmes de l’histoire et de célébrer, au passage, quelques anniversaires. Ainsi, pour évoquer Ariane, on entendra le « Concerto grosso, opus 7 n°6 « Il pianto d’Arianna » de Pietro Locatelli. Le souvenir d’Ann Boleyn sera évoqué par le « Grand offertoire sur Anna Bolena » de Gaetano Donizetti. L’organiste célèbrera ensuite plusieurs anniversaires : le bicentenaire de la mort d’Etienne-Nicolas Méhul avec sa « Sonate en ut mineur opus 1 n°2 » ; le quarantième anniversaire de la mort de la Mère Brazier avec « Fondue savoyarde » de Julien Bret ; le quarantième anniversaire de la mort de Maria Callas avec la « Cavatine de Rosine », extrait du Barbier de Séville, de Rossini, arrangée par le fantasque Louis-James-Alfred Lefébure-Wély, ainsi que le vingtième anniversaire de la mort de l’océanographe Anita Conti avec trois pièces d’Andreas Willscher (« La raie », « La lotte » et « Le gobie ». Hervé Désarbre honorera aussi la figure de la Princesse Amélie de Prusse avec la « Sonate pour orgue n°6 » de Carl-Philip-Emanuel Bach et celle d’Hildegarde von Bingen, pour le jour de sa fête, avec une œuvre de Flor Peeters : « Paix monastique ».

Cet étonnant programme sera donné le samedi 16 septembre à 17h30 à Saint-Barnard et le dimanche 17 septembre à 17h00 à Saint-Antoine-l’Abbaye. Les différences qui séparent les deux orgues permettent que la répétition d’un même programme suscite de réelles surprises, un véritable intérêt et l’impression de redécouvrir ce que l’on a entendu la veille !Hérvé Désarbre

 

Double Jeu ! de Florent Gallière

La série de concert, qui se tient chaque week-end de septembre à Saint-Barnard et à Saint-Antoine-l’Abbaye reste, d’année en année, le rendez-vous assuré du talent, de la virtuosité mais aussi, et c’est un des traits du travail des Amis de l’orgue de Saint-Barnard, du plaisir renouvelé de la découverte et de l’excellence. Paul Goussot, qui ouvrait cette prestigieuse série, a donné la pleine mesure de son irrésistible talent : la musique coule de lui comme d’une fontaine, avec un mélange rare de maîtrise, de naturel et de générosité. C’est l’un des plus incontestables phénomènes de l’orgue français actuel !

Toujours soucieux de s’ouvrir aux talents et de découvrir de nouveaux interprètes jamais entendus dans la région, les deux associations ont convenu d’inviter, pour ce prochain week-end, Florent Gallière. Le jeune musicien, diplômé du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon, est aussi Diplômé d’état au CEFEDEM Bretagne-Pays de la Loire. Il a été le disciple de grands interprètes : Michel Bourcier, Louis Robilliard, François Espinasse, Liesbeth Schlumberger et Bernard Foccroulle. Il est actuellement professeur d’orgue au Conservatoire à rayonnement régional de Saint-Etienne et au Conservatoire à rayonnement départemental de Bourgoin-Jallieu. Président de « Saint-Etienne-ses-Orgues », il s’investit activement pour la promotion des orgues de Saint-Etienne En septembre 2011, en résidence pour un an, il devenait le quatorzième organiste du Sapporo Concert Hall au Japon, se produisant ainsi à Sapporo, Kyoto et Tokyo. Il se produit aujourd’hui à travers la France : Lyon, Toulouse, Nantes, Moulins, Nevers, Grenoble, Luçon, Vichy, ou en Belgique et au Luxembourg.

Le programme du musicien, à Romans, ce samedi 9 septembre à 17h30, est presque court : il n’en est rien. Ainsi, le public pourra entendre une œuvre encore jamais jouée à Romans : « Stunde der Freude » (« Jour de fête ») de Marco Enrico Bossi. Ce compositeur italien, peu connu en France est né en 1861 à Salo en Lombardie. Il est mort, en 1925, à bord du paquebot qui le ramenait d’une triomphale tournée en Amérique. Virtuose accompli et fort connu, il fit partie de ces grands organistes compositeurs et concertistes qui initièrent les grandes tournées internationales de concerts et insérèrent l’orgue dans la vie musicale « normale » des grandes salles de concerts dotées de grands instruments modernes, aptes à rendre tout le répertoire mais aussi à susciter de la nouvelle musique. Parmi les nombreuses suites de pièces à caractère composées par Bossi, cette grande toccata festive clôt les Cinq Pièces en style libre opus 132. Trois pièces de Liszt constitueront l’autre part de ce programme sans concession : un « Ave Maria », un étonnant « Gebet », presque statique, proche de la musique la plus moderne écrite par un Liszt décidément visionnaire et l’immense « Fantaisie et fugue sur un thème de Meyerbeer ». Cette fresque presque cinématographique, de plus d’une demi-heure, est un véritable cheval de bataille pour nombre de virtuoses : ample, immense, rebondissante de multiples épisodes contrastés, l’œuvre tire sa substance d’un thème chanté dans un opéra de Giaccomo Meyerbeer, le choral des Anabaptistes « Ad nos, ad salutrem undam ». La mélodie irrigue toute l’œuvre jusqu’à une fugue gigantesque qui parachève une construction jusqu’ici inédite pour l’orgue.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, dimanche 10 septembre à 17h00, Florent Gallière jouera, de Charles Piroye, « La Royale », deux pièces de Jan Pierterszoon Sweelinck : le « Ballo del Granduca » et « English Fortune ». D’Antonio Valente, on entendra « Ballo del’ Intorcia ». Poursuivant un véritable tour d’Europe de la musique des XVII et XVIIIèmes siècles, comme la tribune antonine les aime et les permet grâce à son étonnant instrument aux multiples timbres caractéristiques, on entendra aussi la « Corrente italiana » de Juan Cabanilles ainsi que trois « Sonates » de Domenico Scarlatti. A Bach reviendra de couronner ce programme tout en contrastes avec la grande « Partita sopra Sei gegrüsset », une suite de variations toutes plus riches.

A nouveau, à n’en pas douter, il y aura fort à découvrir lors de ce nouveau concert d’une série éminemment recommandable !Florent Gallière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Double Jeu ! de Paul Goussot, les 2 et 3 septembre

En ce mois de septembre, les Amis de l’orgue de Saint-Barnard proposent aux mélomanes, et aux curieux, la seconde partie de leur saison d’orgue. Depuis plusieurs années, une série de concerts prestigieux est donnée chaque week-end de ce mois dans une formule novatrice et très amicale qui est organisée conjointement avec les Amis de l’orgue de Saint-Antoine-l’Abbaye, lieu dont la renommée musicale internationale n’est plus à dire, animée par une grande saison de concerts et une brillante académie d’orgue et de chant donnés sur l’orgue Scherrer-Aubertin de l’abbatiale. Ainsi, pour deux concerts successifs, aux programmes différents, donnés sur des orgues aux qualités dissemblables au possibles, riches chacun de particularités sonores et capables de rendre la quasi-totalité du répertoire de l’orgue, plus spécifiquement ancien à Saint-Antoine, plus largement ouvert à Romans, des musiciens de stature internationale sont conviés. Habitués des grandes tribunes, des festivals du monde entier, professeurs recherchés, concertistes applaudis sur toute la « planète-orgue », ces musiciens exceptionnels font honneur aux tribunes qui les reçoivent et, l’expérience de ces dernières années le montre, stupéfient le public par leur virtuosité, leur personnalité et l’aisance avec laquelle ils abordent les sommets techniques du répertoire lors de concerts magnifiques.
Pour ouvrir la série, c’est le jeune Paul Goussot, organiste de l’abbatiale Sainte-Croix de Bordeaux, qui sera aux claviers. Titulaire de l’orgue Dom Bedos de l’ancienne abbatiale Ste-Croix de Bordeaux, Premier grand prix d’improvisation du 26e concours international d’orgue de Saint-Albans, il est à Bordeaux. Admis à l’âge de 16 ans au conservatoire national supérieur de musique de Paris (CNSMDP), il y a obtenu les premiers prix de clavecin, orgue, harmonie, contrepoint, fugues et formes, ainsi que les prix de basse-continue et d’improvisation au clavier. Lauréat du concours international d’orgue « Musica Antica » de Bruges (Belgique), et du concours international d’orgue de Saint-Maurice (Suisse), il a remporté, en 2007, le premier prix d’improvisation au concours international d’orgue de Luxembourg. On a pu l’entendre, à l’orgue, comme au clavecin, dans des lieux prestigieux : Notre-Dame de Paris, Musée des Beaux-Arts de Chartres, festivals de la Chaise-Dieu, de Monaco, de Dudelange (Luxembourg). Paul Goussot s’est également produit de nombreuses fois aux Etats-Unis et, en 2009, a été « First Young Artist in Residence » à la Cathédrale Saint-Louis de de La Nouvelle-Orléans. L’improvisation tient une place essentielle dans son activité et se passionne pour l’accompagnement de films muets. Ses improvisations sur le film « La passion de Jeanne d’Arc » de Carl Dreyer, ont reçu le prix du meilleur spectacle de l’année 2010 de La Nouvelle-Orléans (dans la section musique contemporaine). En janvier dernier, à l’occasion du centenaire de la première publication de Fantômes, Paul Goussot a été sollicité par le Musée d’Orsay pour accompagner sur un orgue de cinéma le film « Le mort qui tue ». Titulaire de deux certificats d’aptitudes aux fonctions de professeur d’enseignement artistique (en clavecin et en orgue), Paul Goussot enseigne l’orgue au CRR de Rueil-Malmaison et anime régulièrement des académies et des masterclasses en France et à l’étranger.
Le programme de Paul Goussot, à Romans, est tout en élégance classique. Ce sont des grandes oeuvres presque « aristocratiques » du répertoire que l’on pourra entendre, de celles que les organistes les moins chevronnés n’osent aborder tant leur technique et leur contenu sont élevés, leur interprétation ardue et leur splendeur rare. Ouvrir un concert avec la  grande « Passacaille BWV 582″ est déjà une gageure et le signe de moyens artistiques sûrs. Ensuite, on entendra le « Concerto pour orgue en fa majeur opus 4 n°5″ de Georg Friedrich Haendel. Quatre mouvements tout en énergie en élégance qui mettront en valeur la légèreté du toucher du musicien. De même, la grande « Fantaisie en fa mineur KV 608″ de Mozart fera un effet tout aussi comparable, mais sur un ton plus dramatique, avec une éloquence qui fut celle des dernières oeuvres du divin Wolfgang. Après un « Prélude en ut dièse » d’Alexandre Scriabine, on entendra les dernières pages des immenses « Tableaux d’une exposition » de Modest Moussorgski. « Promenade », « Il vecchio castelo », « Baba yaga » et la gigantesque « Grande porte de Kiev » feront appel à toutes les ressources de l’instrument. Une improvisation conclura ce programme magnifique.
Le lendemain, à Saint-Antoine l’Abbaye, Paul Goussot débutera son programma par une « Suite improvisée dans le style français » organisée selon les canons en « Prélude », « Fugue », « Duo », « Récit », « Basse de trompette », « Flûtes » et « Dialogue ». Suivra un autre concerto de Haendel, en sol mineur, puis après une « Passacaille » improvisée, de Michel Corrette, le « Concerto en do Majeur n°4″. Tissant un étroit lien de connivence avec l’improvisation qui a précédé, on entendra deux oeuvres bâties sur la même forme : la « Chaconne du Quatuor parisien TWV 48″ de Georg Philipp Telemann et la gigantesque « Chaconne » pour violon de Bach arrangée par l’interprète.
Ce samedi 2 septembre à 17h30 à Saint-Barnard, et ce dimanche 3 septembre à 17h00 à Saint-Antoine-l’Abbaye, il y aura de grands bonheurs musicaux à venir entendre grâce à l’exceptionnel talent de Paul Goussot.Paul Goussot

Double Jeu ! d’Octavian Saunier, week-end du 24 et 25 septembre

Les Journées du patrimoine permettent de découvrir des pans souvent peu accessibles des villes et des monuments. A Saint-Barnard, c’est l’occasion pour le public d’accéder à la tribune de l’orgue et d’y découvrir le fonctionnement de cette gigantesque machine musicale toujours mystérieuse car trop éloignée des auditeurs. Vergettes, abrégés, soupapes et porte-vent se mêlent et interagissent pour produire ces sont mêlés et si changeants. Denis Bordage, qui assurait le Double Jeu ! de ce week-end de visites, a su tirer parti de la palette sonore de l’orgue de la collégiale pour donner des œuvres torrentielles de Liszt et Brahms, mais aussi cette emblématique et énorme « Sonate » de Julius Reubke, élève de Liszt mort très jeune et dont on ne peut que regretter le destin fugace. Ces Double Jeu ! de septembre donnent à entendre des musiciens aux tempéraments vraiment différents (sentiment qui peut s’accroître quand on mesure la différence de technique de jeu qu’imposent les orgues de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye qu’ils sont appelés à jouer durant le même week-end).  
C’est Octavian Saunier qui terminera la série. Il est né en 1985, à Brasov, en Roumanie. Ses études d’orgue l’ont amené à se former auprès de Didier Ledoux, Michel Bouvard, François Espinasse et Lisbeth Schlumberger.  Régulièrement invité à l’Auditorium de Lyon en soliste, en musique de chambre avec les solistes de l’Orchestre national de Lyon, en duo piano et orgue, avec chœur ou enfin pour tenir les parties d’orgue au sein de l’Orchestre National de Lyon, il a aussi été invité par l’opéra de Lyon pour participer à la création mondiale de l’opéra « Claude » de Thierry Escaich. En juillet 2013, il a été nommé organiste titulaire du grand orgue Kern de Saint Pothin à Lyon. Octavian Saunier a été pendant une année le 16ème organiste en résidence au Sapporo Concert Hall « Kitara ». Il y a enregistré un CD et s’est produit en soliste, avec chœurs ou encore avec orchestre au Suntory Hall de Tokyo, Metropolitan Art Theater de Tokyo, Concert Hall de Kyoto et à l’International Christian University de Tokyo. Il a créé en 2011, avec le pianiste Dimitri Papadopoulos, le duo Mirabilis qui s’est produit au festival Toulouse les orgues, à l’auditorium de Lyon, aux heures musicales de Fayl-Billot (58) et de Mazamet (81). Leur répertoire se constitue d’œuvres de Liszt, Moussorgsky, Prokofiev, Escaich, Franck, Widor et Saint-Saëns. Octavian Saunier est accompagnateur et chef de chœur assistant des chœurs des universités catholiques de Lyon et de la Primatiale St Jean de Lyon et professeur d’orgue à l’école de musique de Bourg-d’Oisans.
A Saint-Barnard, Octavian Saunier proposera un programme qui montrera l’appréhension que les compositeurs du XIXème siècle ont eue de Johann Sebastian Bach et son influence sur leur écriture en jouant le « Prélude en mi bémol BWV de Johann Sebastian Bach, le « Prélude et fugue en sol majeur » et la « Quatrième Sonate pour orgue » de Felix Mendelssohn, grand redécouvreur de Bach au XIXème siècle et deux ensembles de chorals de Max Reger (« Wie schön leuchtet der Morgenstern », « Es kommt ein Schiffe, geladen », « O Haupt voll But und Wunden » et « Ein’ feste Burg is unser Gott » extrait de l’opus 135) et Johannes Brahms. (« Es ist ein Ros’ entsprungen », « Herzlich tut mich verlagen » et « Schmücke dich o liebe Seele » extrait de l’opus 122).
A Saint-Antoine-l’Abbaye, le jeune musicien fera honneur à la musique baroque en donnant, de Johann Sebastian Bach, la « Pièce d’orgue » en sol, les six chorals extraits de ses propres œuvres et transcrits par lui pour son éditeur Schübler, les six pièces du « Gloria » extrait du « Livre d’orgue » de Nicolas de Grigny, le délicat et « Baletto del granduca » de Jan Peterzoon Sweelinck et une pièce anonyme du XVIème siècle. 
Une  nouvelle fois, et pour clore cette série, le public aura à cœur de venir écouter ces deux concerts très différents. Samedi 24 septembre à Saint-Barnard à 17h30 ; dimanche 25 septembre à Saint-Antoine-l’Abbaye à 17h00 (entrée libre, participation aux frais).

Double Jeu ! de Denis Bordage, week-end du 17 et 18 septembre

Les week-ends musicaux se suivent sans se ressembler à Saint-Barnard et à Saint-Antoine-l’Abbaye mais en présentant le trait commun de la virtuosité et de la fougue. Après Virgile Monin, Etienne Walhain emportait son public romanais dans un vaste et étonnant voyage musical chronologique, de Bach à Reger, commencé dans les grâces baroques et achevé dans les tourments romantiques. Un bis virevoltant, de Scarlatti, rapportait une exquise fraîcheur. A Saint-Antoine-l’Abbaye, l’orgue dévoilait des sonorités rares, recherchées avec gourmandise par cet organiste coloriste de grande classe.

Ce prochain week-end, c’est Denis Bordage, l’organiste de l’église de la Rédemption à Lyon, qui tiendra les claviers des deux instruments. Passionné d’enseignement, Denis Bordage est professeur d’orgue au Conservatoire national de région de Grenoble, après avoir enseigné au Conservatoire d’Angers, aux Ecoles nationales de musique et de danse de Mâcon et d’Avignon, à l’Ecole de musique de Marmande et à l’Institut de musique sacrée de Lyon. Il est titulaire du Certificat d’aptitude à l’enseignement de l’orgue et du Diplôme d’état d’instruments anciens. Après des études au CNR de Bordeaux avec Francis Chapelet, qui lui ont conféré une Médaille d’or, puis une Médaille d’honneur de la ville de Bordeaux à l’unanimité, il a obtenu le Diplôme national d’études supérieures d’orgue au Conservatoire national supérieur de Lyon, dans la classe de Xavier Darasse puis de Jean Boyer. Par ailleurs, il est titulaire d’une licence et d’une maîtrise en musicologie, (travail de recherche sur l’orgue Dom Bédos de l’église Sainte-Croix de Bordeaux, publié au sein de l’ouvrage collectif Le Testament de Dom Bédos, édité par William Blake & Co. et La Renaissance de l’orgue à Bordeaux). Denis Bordage est organiste du grand-orgue Desmottes de la Rédemption à Lyon depuis février 1992, et donne de nombreux concerts en France, ainsi qu’au Japon (International christian university et Kanda church à Tokyo en 1998, cathédrale de Tokyo en 2006 et 2014,  Art center de Mito en 2006, Suntory hall de Tokyo et Kobe Shoin women’s university en juillet 2011).

A Saint-Barnard, samedi 17 septembre à 17h30, il donnera un récital entièrement consacré à la musique romantique. Il jouera l’immense « Sonate pour orgue » de Julius Reubke, fugitif compositeur mort à 24 ans, élève de Liszt. Equivalente à la « Sonate pour piano » ou à la « Fantaisie sur Ad nos » de son maître, cette œuvre est une bourrasque déferlante de puissance lyrique et de somptuosité orchestrale. Le programme sera complété par une fugue de Brahms et par les non moins délicates « Variations sur Weinen, Klagen » de Liszt. Ecrite sous le coup de la mort d’un de ses enfants, ces variations sur un thème de choral luthérien méditent longuement sur la difficulté humaine avant d’être emportées par l’espoir lumineux de son final.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, dimanche 18 septembre à 17h00, Denis Bordage rendra un bel hommage à Johann Sebastian Bach en interprétant le « Prélude et fugue en do majeur BWV 531 » au milieu duquel il insèrera le « Trio BWV 529 », la pétulante « Sinfonia » de la « Cantate n°29 » et la noble et virtuose « Sonate en trio BWV 527 ». Ensuite, il s’attardera sur la musique française de la même époque, idéalement rendue sur cet instrument, avec la très célèbre et lyrique « Tierce en taille » de Nicolas de Grigny et le « Noël VI sur les jeux d’anches » de Louis Claude Daquin.

A nouveau, les mélomanes auront à cœur d’entendre ces deux concerts très différents qui permettent, sur deux orgues très caractérisés par leurs timbres, de découvrir plusieurs facettes des musiciens invités.Denis Bordage

 

Double Jeu ! d’Etienne Walhain, week-end du 10 et 11 septembre

 

EtienneWalhainLa double prestation de Virgile Monin, le week-end dernier, a conquis un public nombreux par l’originalité des programmes, la fermeté et la clarté du jeu du jeune virtuose, ainsi que par cette capacité si étonnante de tirer d’orgues bien connus des alliages de sonorités inouïs.

Il n’y a pas à douter qu’Etienne Walhain, reçu ce prochain week-end, s’inscrira dans cette veine qui renouvelle les concerts d’orgue et leur apporte un rafraîchissant courant de nouveauté et de qualité.

Né en Belgique en 1980, Étienne Walhain est l’organiste titulaire des grandes orgues Ducroquet de la cathédrale Notre-Dame de Tournai (Belgique). Formé tout d’abord le Conservatoire royal de musique de Mons, il y a obtenu plusieurs premiers prix : harmonie, musique de chambre, analyse musicale et orgue ; il a reçu conjointement le premier prix d’orgue du conservatoire de Cambrai (France). Il a étudié ensuite avec Louis Robilliard au Conservatoire à rayonnement régional de Lyon, obtenant le premier prix de perfectionnement avec les félicitations du jury. Il a en outre remporté le premier prix d’organiste-concertiste dans la classe d’orgue de Jean-Jacques Kasel au Conservatoire supérieur de musique de Luxembourg. Pendant plusieurs années, il s’est perfectionné auprès du Maître Jean Guillou. Étienne Walhain poursuit aujourd’hui une carrière de concertiste qui l’amène à jouer fréquemment dans les principaux pays d’Europe. En 2005, ses débuts américains l’ont conduit à New York, Boston et Philadelphie. Cette année, il s’est produit en Italie (Udine, Pessaro, Fermo), en Espagne (Villar de Canas), Pologne (Lodz), Allemagne (Essen, Langenberg, Düsseldorf, Chemnitz, Elsterberg, Amberg, Bensheim), ainsi qu’en France (La Roche en Ardenne, Halluin, et en Belgique (Tournai).

A Romans, le jeune virtuose interprètera la « Fantaisie et fugue chromatique en ré mineur BWV 903 » de Johann-Sebastian Bach, œuvre énigmatique et puissante, aux climats très contrastés. D’Antonio Vivaldi on entendra le « Concerto en ré majeur » transcrit par Jean Guillou. L’étincelant « Final op.21 » de César Franck et le choral « Herzlich tut mich verlangen » de Johannes Brahms mettront tout particulièrement le caractère de l’orgue en valeur, tout comme l’ « Introduction et passacaille en ré mineur » de Max Reger, prolifique compositeur pour l’orgue quelque peu oublié.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, Etienne Walhain jouera l’immense « Toccata, adagio et fugue en do majeur » de Johann Sebastian Bach, trois « Sonate » de Domenico Scarlatti, l’ardent choral « O Gott du frommer Gott » de Johannes Brahms et deux courtes œuvres très contrastées de Jean Guillou : «  »Au miroir des flûtes » et « Tutti ostinati » extraites du recueil « Jeux d’orgue op.34 ».

Ces deux concerts, gratuits, seront donnés le samedi 10 septembre à 17h30 à Saint-Barnard (Romans) et le dimanche 11 septembre à 17h00 dans l’abbatiale de Saint-Antoine-l’Abbaye. Les mélomanes auront à cœur d’entendre ces deux concerts très différents et de savourer le jeu virtuose du jeune musicien.

Double Jeu ! de Virgile Monin, week-end du 3 et 4 septembre

Septembre, pour les Amis de l’orgue de Saint-Barnard, est depuis quelques années le rendez-vous des organistes virtuoses. Chaque week-end, un même musicien est invité à un véritable défi : jouer sur deux instruments très différents qui requièrent avec des programmes et des techniques de jeu très différentes. l’orgue de Saint-Barnard et celui de Saint-Antoine-l’Abbaye sont en effet radicalement différents et demandent qu’on les aborde, chacun, d’une façon particulière et que l’on prenne en compte leurs caractéristiques avec grand soin. Chaque week-end sera différent mais auront en commun la virtuosité des organistes invités, ainsi que leur jeunesse.
 
Premier invité du cycle qui, depuis plusieurs années, fait le bonheur des mélomanes, Virgile Monin ne manquera pas de faire preuve des solides qualités que le monde musical lui reconnaît : c’est un des plus brillants représentant de la jeune école d’orgue française. Né en Bretagne en 1987, Virgile Monin a effectué ses études aux conservatoires de Nantes (classe d’orgue de Michel Bourcier) et de Saint-Maur-des-Fossés (classe d’improvisation de Pierre Pincemaille). Il a par ailleurs bénéficié des conseils de Jean Guillou et de Henri-Franck Beaupérin, et a suivi le cursus d’écriture du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Lauréat du concours international d’orgue de Toulouse, il a remporté le premier prix des concours de Biarritz et de Luxembourg, de même que le Grand Prix d’Orgue Jean-Louis Florentz de l’Académie des Beaux-Arts, Institut de France. Virgile Monin est l’interprète d’un vaste répertoire, privilégiant l’orgue symphonique, et est l’auteur de plusieurs transcriptions pour son instrument, notamment des « Danses symphoniques » de Sergueï Rachmaninov et de l’ouverture « Les Hébrides » de Felix Mendelssohn. En 2015, il a enregistré pour le label Fy/Solstice l’intégrale de l’oeuvre pour orgue de Henri Mulet, sur l’orgue historique Puget (1888) de l’église Notre-Dame la Dalbade à Toulouse. Il  se produit régulièrement en récital, en France (Bordeaux, Bourges, Lille, Marseille, Nantes, Paris, Rennes ; festivals Contrepoints 62, Radio-France et Montpellier, Toulouse-les-Orgues) et à l’étranger (Allemagne, Canada, États-Unis, Grande-Bretagne, Italie, Luxembourg, Monaco, Pologne). 
 
A Saint-Barnard, le samedi 3 septembre à 17h30, Virgile Monin donnera sa transcription des superbes « Danses symphoniques » pour orchestre de Serge Rachmaninov (1873/1943). Dernier grand représentant du post-romantisme russe, Rachmaninov fut un immense pianiste virtuose. Ses œuvres pour orchestre, dont la superbe « Ile des morts », sont d’impressionnants fleuves musicaux très évocateurs, poétiques et d’une grande sensibilité romantique. En trois mouvements, les « Danses symphoniques » (qui occuperont l’intégralité du programme) sont un véritable flamboiement orchestral que l’orgue pourra sans aucun doute égaler ; les thèmes, d’un lyrisme chantant, restent en mémoire et emportent l’adhésion. A Saint-Antoine-l’Abbaye, dimanche 4 septembre à 17h00, Virgile Monin jouera un programme plus varié où alterneront les époques anciennes et actuelles. Après la « Batalla imperial » de Juan Cabanilles, qui fait sonner l’orgue à la manière d’un combat de mousquets et de bombarde, on écoutera les « Deux danses à Agni Yavishta » qui rendent hommage aux divinités indoues. Le « Voluntary en sol » d’Henry Purcell répondra à deux des « Pièces furtives op. 58″ de Jean Guillou avec qui Virgile Monin a pu travailler. De Claude-Bénigne Balbastre, une « Romance » et une « Cannonade » évoqueront la Révolution française qui mit fin à l’époque que fait revivre Charles Tournemire dans sa « Suite évocatrice op. 74″ dont on entendra deux extraits, celle de l’orgue baroque. Enfin, un concerto d’Antonio Vivaldi transcrit par Bach pour l’orgue, rendra honneur aux splendeurs du XVIIIème siècle si bien mises en valeur par l’orgue antonin (« Concerto in re minore n. 11, extrait de L’estro armonico op. 3″).Virgile Monin
Les mélomanes auront à cœur de venir entendre ces deux concerts qui mettront en valeur toutes les facettes du talent de ce jeune et attachant musicien, plein d’un engouement véritable pour l’orgue qui sort des sentiers battus et ouvert à une mise en valeur pleine d’excellence de pans du répertoire moins souvent entendus. Deux concerts à ne pas manquer !

Double Jeu ! de Jean-Baptiste Monnot, 26 et 27 septembre

Yoann Tardivel-Erchoff, qui officiait samedi dernier au cœur des Journées du Patrimoine, a offert un véritable marathon musical au public nombreux. Conclure la visite de la collégiale par un concert de cette maîtrise est un privilège : aisance technique, fermeté de la conduite du discours, force dramatique et inventivité dans l’exploitation des ressources sonores de l’instrument de la collégiale, tout concourrait à ce que ce concert soit un moment privilégié, à a mesure de ceux qui l’ont précédé dans cette série. Yoann Tardivel, professeur au Conservatoire de Bruxelles, concertiste recherché et producteur de radio, faisait montre de son originalité avec un programme tout entier consacré à l’influence de Bach chez les musiciens du XIXème siècle. Pour conclure cette série de haute tenue musicale, les auditeurs pourront retrouver l’extraordinaire jeune virtuose déjà bien apprécié Jean-Baptiste Monnot. Déjà reçu à plusieurs reprises, on pourra l’entendre à nouveau avec le même bénéfice et l’assurance d’un moment intense.

Jean-Baptiste Monnot est le tout récent titulaire du grand orgue Cavaillé-Coll de l’abbatiale Saint-Ouen de Rouen (sa nomination, sur concours, date de ce mois-ci) et de l’orgue historique Joseph Merklin de la Collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie. Il est également professeur d’orgue au Conservatoire à Rayonnement Départemental de Mantes-en-Yvelines. Né en 1984 en Normandie, il a étudié l’orgue au Conservatoire national de Région de Rouen où il a obtenu la Médaille d’or, le Premier prix de perfectionnement et le Premier prix d’excellence. En 2002, il a remporté à l’unanimité le premier prix du quatrième Concours du Jeune Organiste présidé par Marie-Claire Alain et obtenu le Diplôme d’Études Musicales Régional d’orgue. Admis au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe d’Olivier Latry et Michel Bouvard, il y a obtenu le Diplôme de Formation Supérieure en orgue avant d’aller se perfectionner auprès de Bernhard Haas à la Hochschule für Musik de Stuttgart. À plusieurs reprises, il a suivi les master-classes de Jean Guillou à Zürich avant d’être l’assistant de son Maître, entre 2004 à 2014, au grand orgue de l’église Saint-Eustache. Appelé à jouer à Kyoto, Nagoya ou La Nouvelle-Orléans, il se produit dans de nombreux festivals français et étrangers. L’an dernier, il a donné un concert à l’Österreichischer Rundfunk de Vienne, radiodiffusé en direct et avec l’orchestre philharmonique de Kiev.

Samedi 26 septembre, à 17h30 à Saint-Barnard, Jean-Baptiste Monnot jouera le magnifique « Prélude et fugue en la mineur BWV 543 » de Bach, vaste fresque éloquente et d’une grande noblesse, sa propre transcription de trois pièces pour piano d’Alexander Scriabin (« Etude en ut dièse n°1 op. 2 », « Préludes en la mineur n°2 op. 11 et n°2 op.59 ») avant de se lancer dans l’immense « Fantaisie et fugue sur Ad nos ad salutarem undam » de Franz Liszt, chef d’œuvre quasiment cinématographique, riche d’une inventivité stupéfiante et d’un formidable impact dramatique à même de mettre toutes les ressources de l’orgue et de l’interprète en valeur.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, le dimanche 27 septembre à 17h00, le jeune musicien redonnera le « Prélude et fugue en la mineur BWV 543 » associé à trois chorals du même Bach (« Allein Gott in der höh sei eh » « Dies sind die heilige zehn Gebot» et « Wir glauben all’ an einen Gott»). La superbe et si lyrique « Tierce en taille » de Nicolas de Grigny précèdera deux chorals de Brahms, écrits à la fin de sa vie (« Es ist ein Ros’ entsprungen » et « O Gott, du frommer Gott »). Pour conclure le cycle et la saison, c’est la grande « Toccata dorienne » qui aura les honneurs.

Sans doute aucun, le public pourra se rendre à ces deux concerts avec la certitude de moments exceptionnels : le talent de Jean-Baptiste Monnot, unanimement reconnu en France et à l’étranger est un gage sûr. Sa toute récente nomination à la tribune de Saint-Ouen de Rouen, où il aura sous les doigts l’un des plus superbes instruments de France, et que le monde musical nous envie, est une excellente nouvelle pour le monde de l’orgue. Le talent du musicien, sa conscience aiguë de son rôle et la rigueur de son approche garantissent la plus belle mise en valeur de cet orgue aux ressources sonores uniques et au statut incroyable : il est dans l’état de sa construction, en 1890 ! Heureux mélomanes qui croiseront Jean-Baptiste Monnot sur leur chemin : il marquera leur souvenir…

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Double Jeu ! de Yoann Tardivel-Erchoff, 19 et 20 septembre

Il sera difficile, cette semaine encore, de ne pas enfiler les superlatifs comme des perles alors qu’on voudra rendre compte de la superbe série de concerts proposée par les Amis de l’orgue de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye. Paul Goussot, tout feu, tout flamme, a littéralement ensorcelé son public avec des œuvres, des transcriptions et des improvisations menées d’une main sûre, survoltée et si enthousiasmante. Jean-Marc Leblanc, plus posé, tout aussi virtuose mais dans un registre plus grave, plus intimiste, donnait la mesure de son talent et d’un toucher incroyablement souple et délicat. Les œuvres qu’il avait inscrites à ses programmes s’enrichissaient l’une l’autre de subtiles relations et donnaient, au bout du compte, l’impression d’une superbe maîtrise et d’une stimulante réflexion, d’un moment absolument enrichissant.

Avec Yoann Tardivel-Erchoff, jeune et brillant concertiste, ce sera une toute autre ambiance qui nous sera, à nouveau, proposée : le programme donné samedi 19 septembre à Saint-Barnard, à 17h30 est entièrement organisée autour de la figure de Bach et de l’écho de son œuvre chez ses successeurs. L’aura du Maître n’a presque jamais faibli et si une période de relatif oubli a suivi sa mort, les musiciens l’ont tôt redécouvert, dès le début du XIXème siècle, notamment sous l’impulsion de Mendelssohn. Par la suite, tous ont fait leur la substantifique moelle de cette musique si essentielle et se la sont appropriée. Ainsi, Max Reger, lui-même prolifique organiste et compositeur, arrangea pour son instrument la « Fantaisie Chromatique BWV 903 » alors que Siegfried Karg-Elert, lui aussi praticien de l’instrument à tuyaux, donnait une « Symphonie Pastorale » arrangée d’après la « Pastorale » de l’ « Oratorio de Noël BWV 248 ». Alexander Gottschalg, proche de Liszt, adapta à l’orgue l’ « Air » de la « Suite BWV 1068 ». Charles-Marie Widor, auteur de neuf symphonie pour orgue, grandes initiatrices du genre, écrivit aussi un étonnant « Bach’s memento », peu joué, et qui montre de quelle façon un compositeur de la fin du XIXème siècle pouvait s’approprier la musique de son aîné, l’amplifiant d’une manière qui pourrait nous paraître, à nous plus respectueux de la lettre surtout depuis la « révolution baroqueuse », quelque peu déroutante. On entendra, extrait de cette suite, l’ « Aria » tiré du « Prélude BWV 855 » et la « Marche du Veilleur de Nuit » tirée du célèbre choral de la « Cantate BWV 140 ». Enfin, on entendra aussi comme Henri Messerer a métamorphosé l’ample « Chaconne » extraite de la « Partita BWV 1004 ». Au centre de ce programme, une place sera accordée à Franz Liszt qui conclut son impressionnante fresque « Weinen, Klagen, Zorgen, Sagen » par un choral qui illumine instantanément la rigoureuse et douloureuse progression dramatique de l’œuvre.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, le public peut s’attendre à de belles surprises. Tout à son goût pour la remise en question des habitudes et pour la confrontation des époques et des styles, à même de faire surgir de nouveaux points de vue, Yoann Tardivel-Erchoff jouera d’abord « Cinq Fugues sur le mesme sujet » de Jean-Henri d’Anglebert, comme un respectueux hommage au style de l’instrument antonin. Mais en total contraste, on entendra « Trois études pour orgue baroque » de Gérard Pesson, compositeur français né en 1958, marqué par son apprentissage auprès de Betsy Jolas et d’Ivo Malec, musicien décrit comme un « artisan économe des formes brèves (ses « Vignettes I et II », pour quatuor à cordes, n’excèdent pas trois minutes chacune), alchimiste des sonorités ténues ou furtives, chiches en décibels (« Respirez, ne respirez plus ») ». Des extraits de la « Messe à l’usage des couvents » de François Couperin précèderont une nouvelle confrontation, celle de l’hymne « Pange lingua » de Nicolas de Grigny, furtif génie mort à trente ans à peine en 1703, avec une œuvre éponyme de Benoît Mernier, organiste et compositeur belge né à Bastogne en 1964. Elève de Philippe Boesmans, Mernier a découvert l’orgue avec Jean Ferrard, dont il fut l’assistant pendant plusieurs années aux Conservatoires de Liège et de Bruxelles, puis de Jean Boyer.

C’est un jeune musicien au curriculum vitae enviable qui sera aux commandes de ces impressionnants programmes. Né en 1982, Yoann Tardivel-Erchoff est actuellement professeur assistant au Conservatoire Royal de Bruxelles où il enseigne aux côtés de Bernard Foccroulle. Il a été formé à Paris, Copenhague et Bruxelles auprès de Michel Bouvard, François-Henri Houbart et Olivier Latry. Les conseils de Bine K. Bryndorf, Jean Ferrard et Bernard Foccroulle l’ont aidé à a approfondir sa connaissance des musiques anciennes germaniques et nordiques. Entre 2007 et 2010, Yoann Tardivel a été organiste co-titulaire de l’église Notre-Dame des Vertus à Aubervilliers. En 2008, il a remporté le premier grand prix d’interprétation au Concours International Xavier Darasse à Toulouse et a été élu « Young organist of the year » pour l’année 2009. En tant que soliste, il s’est déjà produit lors de nombreux festivals européens, notamment au festival Klangspuren, à Innsbruck (Autriche), entièrement consacré à la musique contemporaine. Il a publié, en 2012, un disque consacré à Jehan Alain. Il est animateur-producteur sur Musiq3, une chaîne de la RTBF (Radio-Télévision Belge de la communauté Francophone).

A nouveau, deux concerts riches en découvertes, en surprises, en virtuosité, à même de renouveler notre regard sur l’instrument majestueux aux mille sons.  Yoann Tardivel-Erchoff se produira donc le samedi 19 septembre à 17h30 à Saint-Barnard et le dimanche 20 septembre à 17h00 à Saint-Antoine-l’Abbaye (entrée libre, participation aux frais). Ce week-end des Journées du Patrimoine permettra aussi au public de visiter les deux tribunes (samedi et dimanche à Saint-Antoine-l’Abbaye et dimanche à Romans).yoanntardivel2

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