Archive pour la Catégorie 'Double jeu'

Double Jeu ! d’Octavian Saunier, week-end du 24 et 25 septembre

Les Journées du patrimoine permettent de découvrir des pans souvent peu accessibles des villes et des monuments. A Saint-Barnard, c’est l’occasion pour le public d’accéder à la tribune de l’orgue et d’y découvrir le fonctionnement de cette gigantesque machine musicale toujours mystérieuse car trop éloignée des auditeurs. Vergettes, abrégés, soupapes et porte-vent se mêlent et interagissent pour produire ces sont mêlés et si changeants. Denis Bordage, qui assurait le Double Jeu ! de ce week-end de visites, a su tirer parti de la palette sonore de l’orgue de la collégiale pour donner des œuvres torrentielles de Liszt et Brahms, mais aussi cette emblématique et énorme « Sonate » de Julius Reubke, élève de Liszt mort très jeune et dont on ne peut que regretter le destin fugace. Ces Double Jeu ! de septembre donnent à entendre des musiciens aux tempéraments vraiment différents (sentiment qui peut s’accroître quand on mesure la différence de technique de jeu qu’imposent les orgues de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye qu’ils sont appelés à jouer durant le même week-end).  
C’est Octavian Saunier qui terminera la série. Il est né en 1985, à Brasov, en Roumanie. Ses études d’orgue l’ont amené à se former auprès de Didier Ledoux, Michel Bouvard, François Espinasse et Lisbeth Schlumberger.  Régulièrement invité à l’Auditorium de Lyon en soliste, en musique de chambre avec les solistes de l’Orchestre national de Lyon, en duo piano et orgue, avec chœur ou enfin pour tenir les parties d’orgue au sein de l’Orchestre National de Lyon, il a aussi été invité par l’opéra de Lyon pour participer à la création mondiale de l’opéra « Claude » de Thierry Escaich. En juillet 2013, il a été nommé organiste titulaire du grand orgue Kern de Saint Pothin à Lyon. Octavian Saunier a été pendant une année le 16ème organiste en résidence au Sapporo Concert Hall « Kitara ». Il y a enregistré un CD et s’est produit en soliste, avec chœurs ou encore avec orchestre au Suntory Hall de Tokyo, Metropolitan Art Theater de Tokyo, Concert Hall de Kyoto et à l’International Christian University de Tokyo. Il a créé en 2011, avec le pianiste Dimitri Papadopoulos, le duo Mirabilis qui s’est produit au festival Toulouse les orgues, à l’auditorium de Lyon, aux heures musicales de Fayl-Billot (58) et de Mazamet (81). Leur répertoire se constitue d’œuvres de Liszt, Moussorgsky, Prokofiev, Escaich, Franck, Widor et Saint-Saëns. Octavian Saunier est accompagnateur et chef de chœur assistant des chœurs des universités catholiques de Lyon et de la Primatiale St Jean de Lyon et professeur d’orgue à l’école de musique de Bourg-d’Oisans.
A Saint-Barnard, Octavian Saunier proposera un programme qui montrera l’appréhension que les compositeurs du XIXème siècle ont eue de Johann Sebastian Bach et son influence sur leur écriture en jouant le « Prélude en mi bémol BWV de Johann Sebastian Bach, le « Prélude et fugue en sol majeur » et la « Quatrième Sonate pour orgue » de Felix Mendelssohn, grand redécouvreur de Bach au XIXème siècle et deux ensembles de chorals de Max Reger (« Wie schön leuchtet der Morgenstern », « Es kommt ein Schiffe, geladen », « O Haupt voll But und Wunden » et « Ein’ feste Burg is unser Gott » extrait de l’opus 135) et Johannes Brahms. (« Es ist ein Ros’ entsprungen », « Herzlich tut mich verlagen » et « Schmücke dich o liebe Seele » extrait de l’opus 122).
A Saint-Antoine-l’Abbaye, le jeune musicien fera honneur à la musique baroque en donnant, de Johann Sebastian Bach, la « Pièce d’orgue » en sol, les six chorals extraits de ses propres œuvres et transcrits par lui pour son éditeur Schübler, les six pièces du « Gloria » extrait du « Livre d’orgue » de Nicolas de Grigny, le délicat et « Baletto del granduca » de Jan Peterzoon Sweelinck et une pièce anonyme du XVIème siècle. 
Une  nouvelle fois, et pour clore cette série, le public aura à cœur de venir écouter ces deux concerts très différents. Samedi 24 septembre à Saint-Barnard à 17h30 ; dimanche 25 septembre à Saint-Antoine-l’Abbaye à 17h00 (entrée libre, participation aux frais).

Double Jeu ! de Denis Bordage, week-end du 17 et 18 septembre

Les week-ends musicaux se suivent sans se ressembler à Saint-Barnard et à Saint-Antoine-l’Abbaye mais en présentant le trait commun de la virtuosité et de la fougue. Après Virgile Monin, Etienne Walhain emportait son public romanais dans un vaste et étonnant voyage musical chronologique, de Bach à Reger, commencé dans les grâces baroques et achevé dans les tourments romantiques. Un bis virevoltant, de Scarlatti, rapportait une exquise fraîcheur. A Saint-Antoine-l’Abbaye, l’orgue dévoilait des sonorités rares, recherchées avec gourmandise par cet organiste coloriste de grande classe.

Ce prochain week-end, c’est Denis Bordage, l’organiste de l’église de la Rédemption à Lyon, qui tiendra les claviers des deux instruments. Passionné d’enseignement, Denis Bordage est professeur d’orgue au Conservatoire national de région de Grenoble, après avoir enseigné au Conservatoire d’Angers, aux Ecoles nationales de musique et de danse de Mâcon et d’Avignon, à l’Ecole de musique de Marmande et à l’Institut de musique sacrée de Lyon. Il est titulaire du Certificat d’aptitude à l’enseignement de l’orgue et du Diplôme d’état d’instruments anciens. Après des études au CNR de Bordeaux avec Francis Chapelet, qui lui ont conféré une Médaille d’or, puis une Médaille d’honneur de la ville de Bordeaux à l’unanimité, il a obtenu le Diplôme national d’études supérieures d’orgue au Conservatoire national supérieur de Lyon, dans la classe de Xavier Darasse puis de Jean Boyer. Par ailleurs, il est titulaire d’une licence et d’une maîtrise en musicologie, (travail de recherche sur l’orgue Dom Bédos de l’église Sainte-Croix de Bordeaux, publié au sein de l’ouvrage collectif Le Testament de Dom Bédos, édité par William Blake & Co. et La Renaissance de l’orgue à Bordeaux). Denis Bordage est organiste du grand-orgue Desmottes de la Rédemption à Lyon depuis février 1992, et donne de nombreux concerts en France, ainsi qu’au Japon (International christian university et Kanda church à Tokyo en 1998, cathédrale de Tokyo en 2006 et 2014,  Art center de Mito en 2006, Suntory hall de Tokyo et Kobe Shoin women’s university en juillet 2011).

A Saint-Barnard, samedi 17 septembre à 17h30, il donnera un récital entièrement consacré à la musique romantique. Il jouera l’immense « Sonate pour orgue » de Julius Reubke, fugitif compositeur mort à 24 ans, élève de Liszt. Equivalente à la « Sonate pour piano » ou à la « Fantaisie sur Ad nos » de son maître, cette œuvre est une bourrasque déferlante de puissance lyrique et de somptuosité orchestrale. Le programme sera complété par une fugue de Brahms et par les non moins délicates « Variations sur Weinen, Klagen » de Liszt. Ecrite sous le coup de la mort d’un de ses enfants, ces variations sur un thème de choral luthérien méditent longuement sur la difficulté humaine avant d’être emportées par l’espoir lumineux de son final.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, dimanche 18 septembre à 17h00, Denis Bordage rendra un bel hommage à Johann Sebastian Bach en interprétant le « Prélude et fugue en do majeur BWV 531 » au milieu duquel il insèrera le « Trio BWV 529 », la pétulante « Sinfonia » de la « Cantate n°29 » et la noble et virtuose « Sonate en trio BWV 527 ». Ensuite, il s’attardera sur la musique française de la même époque, idéalement rendue sur cet instrument, avec la très célèbre et lyrique « Tierce en taille » de Nicolas de Grigny et le « Noël VI sur les jeux d’anches » de Louis Claude Daquin.

A nouveau, les mélomanes auront à cœur d’entendre ces deux concerts très différents qui permettent, sur deux orgues très caractérisés par leurs timbres, de découvrir plusieurs facettes des musiciens invités.Denis Bordage

 

Double Jeu ! d’Etienne Walhain, week-end du 10 et 11 septembre

 

EtienneWalhainLa double prestation de Virgile Monin, le week-end dernier, a conquis un public nombreux par l’originalité des programmes, la fermeté et la clarté du jeu du jeune virtuose, ainsi que par cette capacité si étonnante de tirer d’orgues bien connus des alliages de sonorités inouïs.

Il n’y a pas à douter qu’Etienne Walhain, reçu ce prochain week-end, s’inscrira dans cette veine qui renouvelle les concerts d’orgue et leur apporte un rafraîchissant courant de nouveauté et de qualité.

Né en Belgique en 1980, Étienne Walhain est l’organiste titulaire des grandes orgues Ducroquet de la cathédrale Notre-Dame de Tournai (Belgique). Formé tout d’abord le Conservatoire royal de musique de Mons, il y a obtenu plusieurs premiers prix : harmonie, musique de chambre, analyse musicale et orgue ; il a reçu conjointement le premier prix d’orgue du conservatoire de Cambrai (France). Il a étudié ensuite avec Louis Robilliard au Conservatoire à rayonnement régional de Lyon, obtenant le premier prix de perfectionnement avec les félicitations du jury. Il a en outre remporté le premier prix d’organiste-concertiste dans la classe d’orgue de Jean-Jacques Kasel au Conservatoire supérieur de musique de Luxembourg. Pendant plusieurs années, il s’est perfectionné auprès du Maître Jean Guillou. Étienne Walhain poursuit aujourd’hui une carrière de concertiste qui l’amène à jouer fréquemment dans les principaux pays d’Europe. En 2005, ses débuts américains l’ont conduit à New York, Boston et Philadelphie. Cette année, il s’est produit en Italie (Udine, Pessaro, Fermo), en Espagne (Villar de Canas), Pologne (Lodz), Allemagne (Essen, Langenberg, Düsseldorf, Chemnitz, Elsterberg, Amberg, Bensheim), ainsi qu’en France (La Roche en Ardenne, Halluin, et en Belgique (Tournai).

A Romans, le jeune virtuose interprètera la « Fantaisie et fugue chromatique en ré mineur BWV 903 » de Johann-Sebastian Bach, œuvre énigmatique et puissante, aux climats très contrastés. D’Antonio Vivaldi on entendra le « Concerto en ré majeur » transcrit par Jean Guillou. L’étincelant « Final op.21 » de César Franck et le choral « Herzlich tut mich verlangen » de Johannes Brahms mettront tout particulièrement le caractère de l’orgue en valeur, tout comme l’ « Introduction et passacaille en ré mineur » de Max Reger, prolifique compositeur pour l’orgue quelque peu oublié.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, Etienne Walhain jouera l’immense « Toccata, adagio et fugue en do majeur » de Johann Sebastian Bach, trois « Sonate » de Domenico Scarlatti, l’ardent choral « O Gott du frommer Gott » de Johannes Brahms et deux courtes œuvres très contrastées de Jean Guillou : «  »Au miroir des flûtes » et « Tutti ostinati » extraites du recueil « Jeux d’orgue op.34 ».

Ces deux concerts, gratuits, seront donnés le samedi 10 septembre à 17h30 à Saint-Barnard (Romans) et le dimanche 11 septembre à 17h00 dans l’abbatiale de Saint-Antoine-l’Abbaye. Les mélomanes auront à cœur d’entendre ces deux concerts très différents et de savourer le jeu virtuose du jeune musicien.

Double Jeu ! de Virgile Monin, week-end du 3 et 4 septembre

Septembre, pour les Amis de l’orgue de Saint-Barnard, est depuis quelques années le rendez-vous des organistes virtuoses. Chaque week-end, un même musicien est invité à un véritable défi : jouer sur deux instruments très différents qui requièrent avec des programmes et des techniques de jeu très différentes. l’orgue de Saint-Barnard et celui de Saint-Antoine-l’Abbaye sont en effet radicalement différents et demandent qu’on les aborde, chacun, d’une façon particulière et que l’on prenne en compte leurs caractéristiques avec grand soin. Chaque week-end sera différent mais auront en commun la virtuosité des organistes invités, ainsi que leur jeunesse.
 
Premier invité du cycle qui, depuis plusieurs années, fait le bonheur des mélomanes, Virgile Monin ne manquera pas de faire preuve des solides qualités que le monde musical lui reconnaît : c’est un des plus brillants représentant de la jeune école d’orgue française. Né en Bretagne en 1987, Virgile Monin a effectué ses études aux conservatoires de Nantes (classe d’orgue de Michel Bourcier) et de Saint-Maur-des-Fossés (classe d’improvisation de Pierre Pincemaille). Il a par ailleurs bénéficié des conseils de Jean Guillou et de Henri-Franck Beaupérin, et a suivi le cursus d’écriture du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Lauréat du concours international d’orgue de Toulouse, il a remporté le premier prix des concours de Biarritz et de Luxembourg, de même que le Grand Prix d’Orgue Jean-Louis Florentz de l’Académie des Beaux-Arts, Institut de France. Virgile Monin est l’interprète d’un vaste répertoire, privilégiant l’orgue symphonique, et est l’auteur de plusieurs transcriptions pour son instrument, notamment des « Danses symphoniques » de Sergueï Rachmaninov et de l’ouverture « Les Hébrides » de Felix Mendelssohn. En 2015, il a enregistré pour le label Fy/Solstice l’intégrale de l’oeuvre pour orgue de Henri Mulet, sur l’orgue historique Puget (1888) de l’église Notre-Dame la Dalbade à Toulouse. Il  se produit régulièrement en récital, en France (Bordeaux, Bourges, Lille, Marseille, Nantes, Paris, Rennes ; festivals Contrepoints 62, Radio-France et Montpellier, Toulouse-les-Orgues) et à l’étranger (Allemagne, Canada, États-Unis, Grande-Bretagne, Italie, Luxembourg, Monaco, Pologne). 
 
A Saint-Barnard, le samedi 3 septembre à 17h30, Virgile Monin donnera sa transcription des superbes « Danses symphoniques » pour orchestre de Serge Rachmaninov (1873/1943). Dernier grand représentant du post-romantisme russe, Rachmaninov fut un immense pianiste virtuose. Ses œuvres pour orchestre, dont la superbe « Ile des morts », sont d’impressionnants fleuves musicaux très évocateurs, poétiques et d’une grande sensibilité romantique. En trois mouvements, les « Danses symphoniques » (qui occuperont l’intégralité du programme) sont un véritable flamboiement orchestral que l’orgue pourra sans aucun doute égaler ; les thèmes, d’un lyrisme chantant, restent en mémoire et emportent l’adhésion. A Saint-Antoine-l’Abbaye, dimanche 4 septembre à 17h00, Virgile Monin jouera un programme plus varié où alterneront les époques anciennes et actuelles. Après la « Batalla imperial » de Juan Cabanilles, qui fait sonner l’orgue à la manière d’un combat de mousquets et de bombarde, on écoutera les « Deux danses à Agni Yavishta » qui rendent hommage aux divinités indoues. Le « Voluntary en sol » d’Henry Purcell répondra à deux des « Pièces furtives op. 58″ de Jean Guillou avec qui Virgile Monin a pu travailler. De Claude-Bénigne Balbastre, une « Romance » et une « Cannonade » évoqueront la Révolution française qui mit fin à l’époque que fait revivre Charles Tournemire dans sa « Suite évocatrice op. 74″ dont on entendra deux extraits, celle de l’orgue baroque. Enfin, un concerto d’Antonio Vivaldi transcrit par Bach pour l’orgue, rendra honneur aux splendeurs du XVIIIème siècle si bien mises en valeur par l’orgue antonin (« Concerto in re minore n. 11, extrait de L’estro armonico op. 3″).Virgile Monin
Les mélomanes auront à cœur de venir entendre ces deux concerts qui mettront en valeur toutes les facettes du talent de ce jeune et attachant musicien, plein d’un engouement véritable pour l’orgue qui sort des sentiers battus et ouvert à une mise en valeur pleine d’excellence de pans du répertoire moins souvent entendus. Deux concerts à ne pas manquer !

Double Jeu ! de Jean-Baptiste Monnot, 26 et 27 septembre

Yoann Tardivel-Erchoff, qui officiait samedi dernier au cœur des Journées du Patrimoine, a offert un véritable marathon musical au public nombreux. Conclure la visite de la collégiale par un concert de cette maîtrise est un privilège : aisance technique, fermeté de la conduite du discours, force dramatique et inventivité dans l’exploitation des ressources sonores de l’instrument de la collégiale, tout concourrait à ce que ce concert soit un moment privilégié, à a mesure de ceux qui l’ont précédé dans cette série. Yoann Tardivel, professeur au Conservatoire de Bruxelles, concertiste recherché et producteur de radio, faisait montre de son originalité avec un programme tout entier consacré à l’influence de Bach chez les musiciens du XIXème siècle. Pour conclure cette série de haute tenue musicale, les auditeurs pourront retrouver l’extraordinaire jeune virtuose déjà bien apprécié Jean-Baptiste Monnot. Déjà reçu à plusieurs reprises, on pourra l’entendre à nouveau avec le même bénéfice et l’assurance d’un moment intense.

Jean-Baptiste Monnot est le tout récent titulaire du grand orgue Cavaillé-Coll de l’abbatiale Saint-Ouen de Rouen (sa nomination, sur concours, date de ce mois-ci) et de l’orgue historique Joseph Merklin de la Collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie. Il est également professeur d’orgue au Conservatoire à Rayonnement Départemental de Mantes-en-Yvelines. Né en 1984 en Normandie, il a étudié l’orgue au Conservatoire national de Région de Rouen où il a obtenu la Médaille d’or, le Premier prix de perfectionnement et le Premier prix d’excellence. En 2002, il a remporté à l’unanimité le premier prix du quatrième Concours du Jeune Organiste présidé par Marie-Claire Alain et obtenu le Diplôme d’Études Musicales Régional d’orgue. Admis au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe d’Olivier Latry et Michel Bouvard, il y a obtenu le Diplôme de Formation Supérieure en orgue avant d’aller se perfectionner auprès de Bernhard Haas à la Hochschule für Musik de Stuttgart. À plusieurs reprises, il a suivi les master-classes de Jean Guillou à Zürich avant d’être l’assistant de son Maître, entre 2004 à 2014, au grand orgue de l’église Saint-Eustache. Appelé à jouer à Kyoto, Nagoya ou La Nouvelle-Orléans, il se produit dans de nombreux festivals français et étrangers. L’an dernier, il a donné un concert à l’Österreichischer Rundfunk de Vienne, radiodiffusé en direct et avec l’orchestre philharmonique de Kiev.

Samedi 26 septembre, à 17h30 à Saint-Barnard, Jean-Baptiste Monnot jouera le magnifique « Prélude et fugue en la mineur BWV 543 » de Bach, vaste fresque éloquente et d’une grande noblesse, sa propre transcription de trois pièces pour piano d’Alexander Scriabin (« Etude en ut dièse n°1 op. 2 », « Préludes en la mineur n°2 op. 11 et n°2 op.59 ») avant de se lancer dans l’immense « Fantaisie et fugue sur Ad nos ad salutarem undam » de Franz Liszt, chef d’œuvre quasiment cinématographique, riche d’une inventivité stupéfiante et d’un formidable impact dramatique à même de mettre toutes les ressources de l’orgue et de l’interprète en valeur.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, le dimanche 27 septembre à 17h00, le jeune musicien redonnera le « Prélude et fugue en la mineur BWV 543 » associé à trois chorals du même Bach (« Allein Gott in der höh sei eh » « Dies sind die heilige zehn Gebot» et « Wir glauben all’ an einen Gott»). La superbe et si lyrique « Tierce en taille » de Nicolas de Grigny précèdera deux chorals de Brahms, écrits à la fin de sa vie (« Es ist ein Ros’ entsprungen » et « O Gott, du frommer Gott »). Pour conclure le cycle et la saison, c’est la grande « Toccata dorienne » qui aura les honneurs.

Sans doute aucun, le public pourra se rendre à ces deux concerts avec la certitude de moments exceptionnels : le talent de Jean-Baptiste Monnot, unanimement reconnu en France et à l’étranger est un gage sûr. Sa toute récente nomination à la tribune de Saint-Ouen de Rouen, où il aura sous les doigts l’un des plus superbes instruments de France, et que le monde musical nous envie, est une excellente nouvelle pour le monde de l’orgue. Le talent du musicien, sa conscience aiguë de son rôle et la rigueur de son approche garantissent la plus belle mise en valeur de cet orgue aux ressources sonores uniques et au statut incroyable : il est dans l’état de sa construction, en 1890 ! Heureux mélomanes qui croiseront Jean-Baptiste Monnot sur leur chemin : il marquera leur souvenir…

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Double Jeu ! de Yoann Tardivel-Erchoff, 19 et 20 septembre

Il sera difficile, cette semaine encore, de ne pas enfiler les superlatifs comme des perles alors qu’on voudra rendre compte de la superbe série de concerts proposée par les Amis de l’orgue de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye. Paul Goussot, tout feu, tout flamme, a littéralement ensorcelé son public avec des œuvres, des transcriptions et des improvisations menées d’une main sûre, survoltée et si enthousiasmante. Jean-Marc Leblanc, plus posé, tout aussi virtuose mais dans un registre plus grave, plus intimiste, donnait la mesure de son talent et d’un toucher incroyablement souple et délicat. Les œuvres qu’il avait inscrites à ses programmes s’enrichissaient l’une l’autre de subtiles relations et donnaient, au bout du compte, l’impression d’une superbe maîtrise et d’une stimulante réflexion, d’un moment absolument enrichissant.

Avec Yoann Tardivel-Erchoff, jeune et brillant concertiste, ce sera une toute autre ambiance qui nous sera, à nouveau, proposée : le programme donné samedi 19 septembre à Saint-Barnard, à 17h30 est entièrement organisée autour de la figure de Bach et de l’écho de son œuvre chez ses successeurs. L’aura du Maître n’a presque jamais faibli et si une période de relatif oubli a suivi sa mort, les musiciens l’ont tôt redécouvert, dès le début du XIXème siècle, notamment sous l’impulsion de Mendelssohn. Par la suite, tous ont fait leur la substantifique moelle de cette musique si essentielle et se la sont appropriée. Ainsi, Max Reger, lui-même prolifique organiste et compositeur, arrangea pour son instrument la « Fantaisie Chromatique BWV 903 » alors que Siegfried Karg-Elert, lui aussi praticien de l’instrument à tuyaux, donnait une « Symphonie Pastorale » arrangée d’après la « Pastorale » de l’ « Oratorio de Noël BWV 248 ». Alexander Gottschalg, proche de Liszt, adapta à l’orgue l’ « Air » de la « Suite BWV 1068 ». Charles-Marie Widor, auteur de neuf symphonie pour orgue, grandes initiatrices du genre, écrivit aussi un étonnant « Bach’s memento », peu joué, et qui montre de quelle façon un compositeur de la fin du XIXème siècle pouvait s’approprier la musique de son aîné, l’amplifiant d’une manière qui pourrait nous paraître, à nous plus respectueux de la lettre surtout depuis la « révolution baroqueuse », quelque peu déroutante. On entendra, extrait de cette suite, l’ « Aria » tiré du « Prélude BWV 855 » et la « Marche du Veilleur de Nuit » tirée du célèbre choral de la « Cantate BWV 140 ». Enfin, on entendra aussi comme Henri Messerer a métamorphosé l’ample « Chaconne » extraite de la « Partita BWV 1004 ». Au centre de ce programme, une place sera accordée à Franz Liszt qui conclut son impressionnante fresque « Weinen, Klagen, Zorgen, Sagen » par un choral qui illumine instantanément la rigoureuse et douloureuse progression dramatique de l’œuvre.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, le public peut s’attendre à de belles surprises. Tout à son goût pour la remise en question des habitudes et pour la confrontation des époques et des styles, à même de faire surgir de nouveaux points de vue, Yoann Tardivel-Erchoff jouera d’abord « Cinq Fugues sur le mesme sujet » de Jean-Henri d’Anglebert, comme un respectueux hommage au style de l’instrument antonin. Mais en total contraste, on entendra « Trois études pour orgue baroque » de Gérard Pesson, compositeur français né en 1958, marqué par son apprentissage auprès de Betsy Jolas et d’Ivo Malec, musicien décrit comme un « artisan économe des formes brèves (ses « Vignettes I et II », pour quatuor à cordes, n’excèdent pas trois minutes chacune), alchimiste des sonorités ténues ou furtives, chiches en décibels (« Respirez, ne respirez plus ») ». Des extraits de la « Messe à l’usage des couvents » de François Couperin précèderont une nouvelle confrontation, celle de l’hymne « Pange lingua » de Nicolas de Grigny, furtif génie mort à trente ans à peine en 1703, avec une œuvre éponyme de Benoît Mernier, organiste et compositeur belge né à Bastogne en 1964. Elève de Philippe Boesmans, Mernier a découvert l’orgue avec Jean Ferrard, dont il fut l’assistant pendant plusieurs années aux Conservatoires de Liège et de Bruxelles, puis de Jean Boyer.

C’est un jeune musicien au curriculum vitae enviable qui sera aux commandes de ces impressionnants programmes. Né en 1982, Yoann Tardivel-Erchoff est actuellement professeur assistant au Conservatoire Royal de Bruxelles où il enseigne aux côtés de Bernard Foccroulle. Il a été formé à Paris, Copenhague et Bruxelles auprès de Michel Bouvard, François-Henri Houbart et Olivier Latry. Les conseils de Bine K. Bryndorf, Jean Ferrard et Bernard Foccroulle l’ont aidé à a approfondir sa connaissance des musiques anciennes germaniques et nordiques. Entre 2007 et 2010, Yoann Tardivel a été organiste co-titulaire de l’église Notre-Dame des Vertus à Aubervilliers. En 2008, il a remporté le premier grand prix d’interprétation au Concours International Xavier Darasse à Toulouse et a été élu « Young organist of the year » pour l’année 2009. En tant que soliste, il s’est déjà produit lors de nombreux festivals européens, notamment au festival Klangspuren, à Innsbruck (Autriche), entièrement consacré à la musique contemporaine. Il a publié, en 2012, un disque consacré à Jehan Alain. Il est animateur-producteur sur Musiq3, une chaîne de la RTBF (Radio-Télévision Belge de la communauté Francophone).

A nouveau, deux concerts riches en découvertes, en surprises, en virtuosité, à même de renouveler notre regard sur l’instrument majestueux aux mille sons.  Yoann Tardivel-Erchoff se produira donc le samedi 19 septembre à 17h30 à Saint-Barnard et le dimanche 20 septembre à 17h00 à Saint-Antoine-l’Abbaye (entrée libre, participation aux frais). Ce week-end des Journées du Patrimoine permettra aussi au public de visiter les deux tribunes (samedi et dimanche à Saint-Antoine-l’Abbaye et dimanche à Romans).yoanntardivel2

Double Jeu ! de Jean-Marc Leblanc, 12 et 13 septembre

Encore sous le charme et l’incroyable impression produite par la prestation de Paul Goussot, toute en force virtuose et sensibilité poétique, le public pourra, cette semaine encore, goûter au talent du second invité de la série initiée par les Amis de l’orgue de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye. Double jeu, double plaisir musical, très différent sur ces deux instrument très éloignés l’un de l’autre par leur style et leur facture, et aussi par les périodes du vaste répertoire que l’on peut jouer, chaque instrument ayant, en quelque sorte, sa période de prédilection –ce qui n’empêche pas des les provoquer, notamment en jouant des œuvres contemporaines sur l’instrument antonin, construit dans le style du XVIIIème siècle.  

C’est Jean-Marc Leblanc qui sera accueilli ce week-end. Disciple de Louis Thiry et de Jean Boyer, il a accompli sa formation au Conservatoire National Supérieur de Paris où il a obtenu, en 1992, le premier prix d’orgue, premier nommé, dans la classe de Michel Chapuis, ainsi que les premiers prix d’analyse, d’harmonie, de contrepoint et de fugue. Il est actuellement titulaire des grandes orgues historiques Clicquot Cavaillé-Coll Gonzalez de Saint-Merry et des grandes orgues Schwenkedel de Saint-Thomas-d’Aquin de Paris. Agrégé de musicologie, il enseigne à l’Université de Tours. Il donne des concerts en France et à l’étranger et participe à de nombreux festivals où il est invité à toucher de prestigieux instruments comme à Notre-Dame de Paris, Saint-Ouen de Rouen, Saint-Maximin de Provence, Sainte-Croix de Bordeaux, Riga, Saint-Pétersbourg, Aix-la-Chapelle, en Corée et en Bolivie. Attaché à mettre en valeur, par son jeu unanimement salué pour sa clarté, sa distinction et son assurance, l’ensemble du répertoire, Jean-Marc Leblanc a composé un programme tout en originalité.

A Romans, samedi 12 septembre, il donnera à entendre, de Carl Philipp Emanuel Bach, la « Sonate n°4 » en la mineur de 1755 avant de découvrir les « Vêpres des Vierges op. 31 » d’Ernest Chausson, œuvre rare de l’auteur du « Poème de l’amour et de la mer » et du « Roi Arthus », son unique opéra. On découvrira cette suite peu jouée, écrite par un artiste marqué par Wagner et ami de Debussy, d’Indy et Dukas. En contraste, et témoignant d’une parfaite technique, l’organiste enchaînera la « Sonate en trio n°1 » en mi bémol majeur de Bach, « Ma l’ombra sol » et une œuvre écrite en 2008 par le jeune compositeur Valéry Aubertin. Ce programme tout en contraste s’achèvera avec, là aussi, une œuvre peu jouée : l’Office n°51 « Dominica XXIII post Pentecostem », extrait de « L’orgue mystique op. 57 » de Charles Tournemire. Compositeur prolifique, il laisse pour l’orgue un corpus impressionnant qui comprend ce cycle destiné à chaque dimanche de l’année. Intéressé par Mahler et Busonni avec qui il correspond, Tournemire reste à découvrir plus encore, ce à quoi le travail de Jean-Marc Leblanc contribuera : il prépare l’édition de ses cahiers, à la fois mémoires et pensées.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, Jean-Marc Leblanc présentera, là aussi, un vaste panorama du répertoire, avec le « Sanctorum meritiis » de Jehan Titelouze, le tout premier organiste français à avoir publié de la musique. Profitant du caractère de l’instrument et illustrant l’influence européenne de la congrégation antonine, on entendra deux « Tientos » de Correa de Arauxo, autre auteur du XVIème siècle, ainsi qu’une « Fugue » et un « Caprice » de Roberday. De Tournemire, on découvrira son étonnante « Suite évocatrice op. 74 », écrite à la fin des années 1920, période où  l’on redécouvrait les qualités des instruments anciens. Enfin, un superbe « Concerto » de Corrette conclura ce concert qui s’annonce lui aussi passionnant.

Il faut, une nouvelle fois, souligner la très haute tenue musicale des concerts que nous proposent ces deux associations : ces Double Jeu tout en fervente virtuosité tiennent leurs promesses ! Jean-Marc Leblanc se produira donc samedi 12 septembre à Romans à 17h30 et le dimanche 13 septembre à Saint-Antoine-l’Abbaye à 17h00 – entrée libre, participation aux frais.jeanmarcleblanc

 

Double Jeu ! de Paul Goussot, 5 et 6 septembre

Les Amis de l’orgue de Saint-Barnard nous ont habitués, depuis quelques années, à donner au public le plaisir d’entendre des organistes de très haute volée durant leur cycle de septembre : les Double Jeu ! Titre ô combien signifiant puisque l’on nomme « jeu » chacun des timbres de l’instrument ; tout aussi bien, ce titre très accrocheur peut renvoyer au défi que constitue le programme qui est proposé aux musiciens : donner deux concerts sur deux instruments radicalement différents, l’un le samedi à Romans, le second le dimanche à Saint-Antoine-l’Abbaye. L’orgue de la collégiale romanaise, polyvalent et attaché au style néoclassique, se prête volontiers à la musique romantique, à celle du début du XXème siècle qui est celle qui convient le mieux à son esthétique, mais sait aussi donner des couleurs convaincantes à la musique ancienne  ou contemporaine pour peu que l’instrumentiste en ait la volonté ! A Saint-Antoine-l’Abbaye, l’organiste aura sous les doigts un des fleurons de l’orgue français, un instrument tout entier dédié à la musique baroque française mais dont la richesse sonore s’adapte volontiers au reste du répertoire italien, allemand ou espagnol des XVII et XVIIIèmes siècles. Défis certes, mais aussi réels plaisirs de mélomanes quand la combinaison de la technique de ces virtuoses, de la chaleur de leur âme et de désir de donner à entendre le meilleur d’eux-mêmes fait de ces concerts, de ces week-ends de septembre, de merveilleux moments qui comblent les fervents comme ceux que l’orgue intrigue encore !

Pour ouvrir ce cycle, qui s’annonce cette année d’une particulière qualité, tant chacun des invités brille par un curriculum vitae enviable, c’est Paul Goussot qui est, à nouveau, accueilli. Le public avait pu découvrir son talent vraiment sidérant et convaincant de naturel, il y a deux ans. Né en 1984 à Bordeaux, il a effectué ses études au Conservatoire National Supérieur de  Musique de Paris où il a obtenu les plus hautes distinctions. Lauréat de nombreux concours internationaux d’orgue et d’improvisation (Bruges, Saint-Maurice, Luxembourg, Saint-Albans, Haarlem), Paul Goussot est invité, depuis, dans de prestigieux festivals d’Europe et se produit en compagnie d’artistes renommés comme Christian Ivaldi, Olivier Latry, ou encore avec le Caius Consort de Cambridge. En octobre 2009, Paul Goussot a été nommé « First Young Artist in Residence » à la cathédrale de la Nouvelle-Orléans. Lors de ce séjour, il s’est produit à l’orgue comme au clavecin en Louisiane et au Texas. Musicien polyvalent, Paul Goussot a toujours cherché à diversifier son métier d’artiste en s’intéressant tout autant à l’orgue qu’au clavecin, à l’improvisation et à la pédagogie. Titulaire de l’orgue Dom Bedos de l’Abbatiale Sainte-Croix de Bordeaux, il a succédé à François-Henri Houbart au poste de professeur d’orgue du Conservatoire de Rueil-Malmaison. Récemment, il a accompagné de nombreuses projections, dont récemment, celles du Musée d’Orsay à Paris et de la Cinémathèque Française.

L’éclectisme du talent de Paul Goussot se confirmera aisément à la découverte de son programme. A Romans, il donnera à entendre d’Alexandre Guilmant, le « Final » de la « Première Sonate op.42″. Lui-même maintenant quelque peu oublié, Guilmant fut à l’origine du mouvement de redécouverte de la musique ancienne dont il assura l’édition de nombreux auteurs. Sa musique d’orgue, très typique de la diversité stylistique du XIXème siècle, réserve quelques bonnes pages, comme ce final enlevé et robuste. Tout différent, les Anthems « Zadok the Priest » de Haëndel sonneront dans un étonnant contraste. Engageant ensuite une belle perspective vers notre époque, le programme enchaînera, après un « Prélude » de Gabriel Pierné, plusieurs transcriptions tout à fait bienvenues : deux extraits de « Pelléas et Mélisande » de Gabriel Fauré (le « Prélude » et la « Sicilienne ») qui prendront un nouveau visage en passant de l’orchestre à l’orgue ; du toujours surprenant Charles Tournemire, musicien fantasque et insaisissable, une superbe improvisation retranscrite en dictée musicale (la fluide « Fantaisie Improvisation sur Ave Maris Stella » de 1928) et, pour finir, la diabolique et suprêmement virtuose « Toccata » de Serge Prokofiev. Paul Goussot terminera sur une improvisation sur un texte littéraire. A Saint-Antoine-l’Abbaye, le jeune musicien jouera, le lendemain à 17h00, le « Praeludium BuxXV 148″ de Dietrich Buxtehude, le très étonnant « In nomine » de John Bull, les Anthems « Zadok the Priest » de Haëndel et le « Concerto pour 4 violons en si mineur » de Vivaldi, programme qu’il pimentera d’improvisations dans divers styles, exercice dont il est coutumier et qui attire des éloges unanimes.

Il faut saluer l’étroite collaboration entre les Amis de l’orgue de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye : elle nous permet de rencontrer des musiciens de très haute volée, hôtes des tribunes les plus prestigieuses. Paul Goussot à Romans, le samedi 5 septembre à 17h30 et à Saint-Antoine-l’Abbaye, le dimanche 6 septembre à 17h00 – entrée libre, participation aux frais dans les deux cas. A ne pas manquer !

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Double Jeu ! de Sarah Kim

En mettant sur pied cette originale formule, qui consiste à inviter un même organiste pour deux concerts, donnés sur les orgues de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye, les deux associations ont donné au public l’occasion d’entendre des musiciens que plusieurs critères rassemblent. Le premier d’entre eux est, bien évidemment, une virtuosité sans conteste mêlée à une intense musicalité. Artistes d’envergure, musiciens fins et généreux, les organistes invités depuis plusieurs années sont aussi remarquables, pour la plupart, par leur jeunesse. C’est bien là, d’ailleurs, ce qui rend ces concerts uniques. Maîtres de leur technique et de leur pouvoir évocateur et de leur sensibilité comme des musiciens qui auraient cinquante ans de carrière, ces jeunes musiciens témoignent aussi d’une générosité et d’un enthousiasme qui est celle de leur jeune âge mais aussi de personnes bien nées. Nombre d’entre eux, d’autre part, ont posé leurs doigts sur les claviers des deux instruments pour la première fois, comme Laurent Jochum, la semaine dernière, qui a démontré, lui aussi, un talent de haut niveau et une capacité d’adaptation incroyable : arrivé et reparti comme un supersonique, il n’a que très peu répété sur l’un et l’autre instrument, malgré les différences qui les émaillent et leurs caractéristiques propres, jonglant entre les visites des Journées du patrimoine et un agenda serré -arrivé de Paris le vendredi soir, il était reparti le dimanche à 22h !

C’est Sarah Kim qui clôturera la série ce samedi 27 septembre à Saint-Barnard, à 17h30. Cette toute jeune organiste, est actuellement l’une des plus recherchée en France et à l’étranger. Son immense talent est maintenant bien connu et Romans peut s’enorgueillir de l’avoir invitée alors que, fraîchement arrivée en France et diplômée par le Conservatoire national supérieur de Paris, elle était invitée pour la première série des Double Jeu ! Les ovations debout qui avaient marqué ses deux prestations ont signé la reconnaissance d’une artiste majeure, alliant force et délicatesse, subtilité et assurance. Chacune de ses prestations accroît encore son aura : elle donnait, ce printemps, un superbe concert à Saint-Eustache, à Paris, couronnant son programme par la transcription, à quatre mains, des « Danses symphoniques » de Rachmaninov, interprétées avec le Maître Jean Guillou. Sa curiosité musicale l’entraînait, peu après, à tenir la partie d’orgue Hammond de « Le Balcon », un opéra de Peter Eötvös d’après la pièce de Jean Genet. Née en Allemagne, Sarah Kim, australienne d’origine coréenne, découvrit la musique dès l’âge de cinq ans à travers l’étude du piano et du violon. Quelques années plus tard, elle décida de se tourner vers l’orgue. En 2005, elle entreprit une Licence de Musique au Conservatoire de Sydney dans la classe de Philip Swanton et obtint son diplôme avec la mention très bien, ainsi que la Médaille de l’Université. Elle remporta les premiers prix aux concours d’orgue de Sydney, de Newcastle ainsi qu’au Festival « Eisteddfod » de Warringah et reçut le titre d’ »organ scholar » à l’université de Sydney. Sarah Kiim s’est déjà produite en soliste dans les principales salles de concerts australiennes, en particulier sur le fameux orgue de l’Hôtel de Ville de Sydney, ainsi que lors du cinquantième anniversaire du grand orgue de l’Opéra. Elle a également joué avec orchestre et chœurs, tels que l’Orchestre Symphonique et le Choeur de Chambre de Sydney, l’Orchestre de Jeunes d’Australie. Sa carrière de concertiste l’amène à donner des récitals dans des lieux et festivals prestigieux en France, Grande-Bretagne, Hollande, Italie, Suède dont Westminster Abbey à Londres, la Cathédrale d’Uppsala (Suède), Saint-Louis des Invalides à Paris, le Festival d’orgue de Saint-Eustache, Notre-Dame de Paris.

Les programmes proposés par la jeune musicienne sont d’une belle envergure ! A Romans, elle commencera son concert avec la « Pièce héroïque » de César Franck, oeuvre imposante et dont on doit rendre la force sans trop d’emphase. La délicate « Sicilienne » de Maurice Duruflé mettra en valeur la poésie de son jeu, ainsi que la « Pièce d’orgue » et la « Quatrième sonate en trio » de Bach. Un choral de Brahms (« Herzlich tut mich verlangen ») et deux mouvements de la « Troisième Symphonie  » de Louis Vierne donneront toute la mesure du talent de Mademoiselle Kim. A Saint-Antoine-l’Abbaye, elle jouera la « Fantaisie » en « Pièce d’orgue » et la « Troisième Sonate en trio » de Bach, la « Sonate en fa majeur » de Carl-Philip-Emmanuel, l’un des fils du glorieux Johann-Sebastian, des extraits de la « Suite du deuxième ton » du français Jean-Adam Guilain (Tierce en Taille, Duo, Basse de Trompettte, Dialogue) et, pour conclure, deux oeuvres plus récentes de Jehan Alain (1911/1940) : les « Variations sur un thème de Clément Jannequin » et ses célèbres « Litanies ».

Ces deux concerts vraiment exceptionnels seront donnés le samedi 27 septembre à Saint-Barnard à 17h30 et le dimanche 28 septembre à Saint-Antoine-l’Abbaye à 17h00. Ils sont gratuits ! Ne vous en privez pas !

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Double Jeu ! de Laurent Jochum

Les Double Jeu !, s’ils ont en commun de faire entendre à Romans et Saint-Antoine-l’Abbaye, la crème des organistes actuels, tous plus talentueux et généreux dans leur approche humaine et musicale, n’en présentent pas moins, d’une semaine sur l’autre, de radicales différences qui en font tout l’intérêt et l’originalité. Après Henri Pourtau, qui jouait pour la première fois à ces deux tribunes, ce fut Hervé Désarbre qui surprit, le mot est faible, son public néanmoins enchanté épar tant de jovialité musicale assurée par une technique parfaite. Avec un programme plus classique, mais un talent d’une égale envergure, les Amis de l’orgue de Saint-Barnard, et leurs camarades de Saint-Antoine-l’Abbaye, reçoivent, pour la première fois aussi, Laurent Jochum, titulaire des grandes orgues de l’église Saint Jean-Baptiste-de-Belleville et de la Chapelle du collège et lycée Saint Louis-de-Gonzague à Paris. D’abord élève de Raphaëlle Garreau de Labarre, il suivit l’enseignement d’André Stricker au conservatoire national de région de Strasbourg, puis de Louis Robilliard au CNR de  Lyon, où il obtient un premier prix avec félicitations à l’unanimité du jury en 1997 et un premier prix de perfectionnement l’année suivante. Profitant des conseils de Vincent Warnier, Jean-Charles Ablitzer, Jean Boyer et Thierry Escaich, il est lauréat du concours international d’orgue de Lorraine et du grand prix d’orgue inter-conservatoires d’Angers. Son parcours de concertiste lui a permis d’accompagner  de nombreux chœurs (Petits chanteurs de Fourvière, Chœur de l’Armée française, Maîtrise Saint-Louis-de-Gonzague…). Ses concerts l’ont conduit à se produire à de prestigieuses tribunes parisiennes (Notre-Dame, Saint-Etienne-du-Mont, La Madeleine, Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux, Sainte Clotilde…), en province et à l’étranger, de Guernesey à la Grèce, de l’Azerbaïdjan au Sultanat d’Oman et récemment aux Etats-Unis et au Canada.

Le programme du concert de Laurent Jochum, à Romans, débutera par un bel éventail de pièces de Bach : la brillante „Sinfonia“ de la 29ème cantate, le choral „Homme, pleure sur tes lourds pêchers“ et le „Concerto en la mineur“, d’après Antonio Vivaldi. On entendra ensuite un superbe hommage à Bach, avec la „Première fugue sur B.A.C.H.“ de Robert Schumann. Restant dans l’époque romantique, on pourra entendre la « Sixième Sonate » de Félix Mendelssohn, le choral « Herzlich tut mich verlangen », écrit par Brahms à la fin de sa vie et le superbe et virtuose « Final » de la « Première Sonate » d’Alexandre Guilmant, auteur français un peu oublié mais qui fit beaucoup, au début du XXème siècle, pour la redécouverte de la musique ancienne.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, Laurent Jochum jouera, de François Couperin, des extraits de la « Messe des couvents » (Plein Jeu, Premier couplet du Kyrie, Fugue sur la trompette, deuxième couplet du Kyrie, Récit de chromhorne, Trio à deux dessus de chromhorne et la basse de tierce, quatrième couplet du Kyrie, Dialogue sur la trompette du grand clavier, et sur la montre, le bourdon et le nazard du positif, Offertoire sur les grands jeux, Sanctus, Plein Jeu, Récit de cornet, Agnus, Dialogue sur les grands jeux, le « Concerto en la mineur » de Bach d’après Vivaldi, le fameux et superbe choral « Schmücke dich, o liebe Seele » et le Prélude et fugue en sol majeur. On entendra aussi, de Georg Boehm, une partita (une suite de variations) sur le choral “Ach wie nichtig, ach wie flüchtig”.

Ces deux concerts sont gratuits : samedi à 17h30 à Saint-Barnard, dimanche à 17h à Saint-Antoine-l’Abbaye.Laurent-Jochum

 

 

 

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