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Double Jeu ! de Coralie Amedjkane, samedi 29 et dimanche 30 septembre

La qualité musicale de la série organisée par les Amis de l’orgue de Saint-Barnard se confirme et se vérifie chaque semaine avec une constance qui mérite d’être soulignée une nouvelle fois. Vincent Genvrin, un des grands talents de la scène de l’orgue français actuelle, donnait la mesure de la sûreté de son jeu lors des deux concerts de cette originale formule. A Romans, d’immenses Bach rendus avec fermeté précédaient une sonate presque romantique d’un des fils du Cantor de Leipzig. Des œuvres en apparence plus légères de Mendelssohn et Lefébure-Wély complétaient le programme mais donnaient aussi à redécouvrir des auteurs connus sous des angles nouveaux, ce à quoi contribuaient la clarté du discours et la technique impeccable du musicien. A Saint-Antoine-l’Abbaye, le public adhérait d’un seul cœur à un programme exigeant où alternaient gravité et fantaisie. Musiques denses et fantasques qui mettaient tout particulièrement en valeur les sonorités superbes de l’instrument et, une nouvelle fois, apportaient la preuve du talent du musicien, discret et vite parti rejoindre ses obligations parisiennes mais qui venait d’imprimer sa marque sur un public unanimement enchanté.

Pour le dernier concert de cette série décidément appréciable, les deux associations ont invité une jeune musicienne déjà demandée par les grandes tribunes : Coralie Amedjkane. Musicienne passionnée depuis sa plus tendre enfance, vit son parcours musical commencer avec le Premier Prix ex-aequo du Concours International de piano de Brest. Elle a débuté l’orgue à l’âge de 12 ans et est entrée au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris dans la classe de Marie-Louise Langlais puis au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe de Michel Bouvard et d’Olivier Latry. Dans cet établissement, elle a abordé aussi les disciplines d’érudition (analyse, écriture…), l’improvisation, le chant grégorien et la basse continue. Lors de diverses master-classes, elle a pu bénéficier des conseils des plus éminents organistes tels que Michel Chapuis, Ton Koopman ou encore J. Verdin (pratique de l’harmonium).Elle a été organiste en résidence au Sapporo Concert Hall (Japon) où elle a pu donner des concerts en soliste et avec orchestre, des cours et masters classes. En 2016, elle s’est produite à la Maison de la Radio à Paris dans le cadre de l’inauguration du nouvel orgue Grenzig. Elle s’est fait entendre du haut de la plupart des grandes tribunes françaises, à l’étranger, et aux festivals de Radio-France & Montpellier, La Chaise-Dieu, Comminges, Les Celtiques de Guérande… Depuis 2015, elle fait partie de l’ensemble de musique baroque Athénaïs. Musicienne éclectique, Coralie Amedjkane aborde l’ensemble du répertoire d’orgue, de la musique Renaissance à celle du XXIème siècle. Une de ses principales préoccupations en tant qu’artiste est de proposer des programmes de récitals originaux qui aient du sens, afin que l’auditeur vive une véritable immersion esthétique et philosophique. Désireuse de montrer que l’orgue est un instrument bien vivant dans le monde de la culture et de la création, elle s’emploie avec passion à faire découvrir la musique contemporaine, telle celle de Vincent Paulet, Thierry Escaich, Jean-Charles Gandrille… Sa conviction profonde quant à l’importance de la médiation chez l’artiste la pousse à proposer des concerts didactiques. Coralie Amedjkane est titulaire de l’orgue Abbey – Londe de l’église St-Nicolas – St-Marc de Ville d’Avray (92). Elle enseigne actuellement l’orgue au Conservatoire de Beauvais. Depuis 2016, elle est membre de la Commission Nationale du Patrimoine et de l’Architecture (section orgues et instruments de musique).

Le public de Romans pourra constater les qualités reconnues de la musicienne lors de son concert le samedi 29 septembre à 17h00 dans un programme de haute tenue qui s’ouvrira par les immenses « Variations canoniques » de Johann Sebastian Bach, œuvre de haute spéculation intellectuelle, chef d’œuvre de contrepoint, rarement données en concert. De Mozart on entendra un « Andante » originellement écrit pour une horloge dotée de flûtes. Les « Quatre esquisses » de Robert Schumann furent écrites pour le piano-pédalier, instrument oublié. Les organistes se sont approprié ces œuvres qui font admirablement sonner l’orgue. Enfin, deux « Pièces de fantaisie » de Louis Vierne concluront le concert : « Clair de lune », admirable méditation crépusculaire, et « Hymne au soleil », triomphante évocation de l’astre lumineux due à un musicien aveugle. Ce programme, intitulé « Couleurs de l’orgue », précèdera un autre concert, donné à Saint-Antoine-l’Abbaye le dimanche 30 septembre à 17h00. Intitulé « Echos du passé, sonorités d’aujourd’hui », le programme mêlera des œuvres de Giovanni de Macque (vers 1550 / 1614), Girolamo Frescobaldi et Nicolas de Grigny à celles de compositeurs de notre époque : György Ligeti et Vincent Paulet. La musicienne rappelle que « l’orgue de Saint-Antoine se prête magnifiquement au jeu des allers-retours entre ces deux époques, baroque et contemporaine » et s’interroge avec à-propos : « qui, de Frescobaldi, de Macque ou Ligeti est le plus moderne ? ».

Deux concerts du plus haut intérêt, à ne pas manquer (entrée libre, participation aux frais).Coralie Amedjkane

Double Jeu ! de Vincent Genvrin, samedi 22 et dimanche 23 septembre

Les Journées du patrimoine ont attiré un public nombreux dans la collégiale. En ce jour particulier, où l’affluence de publics divers est à prendre en compte, les Amis de l’orgue avaient eu la riche idée de programmer un concert tout en étonnements. Des musiques de notre époque côtoyaient des œuvres légères du Second empire, signe d’une diversité de caractères toujours à souligner. François Clément, aux claviers, venu de Clermont-Ferrand, rendait d’ailleurs hommage à deux musiciens qui l’ont précédé au titulariat de l’orgue de la cathédrale, Lemaigre et Claussmann, en jouant avec style et précision plusieurs de leurs œuvres. Il poursuit d’ailleurs cette pratique d’interprète compositeur en proposant plusieurs de ses propres œuvres, signe toujours encourageant d’une vitalité de l’orgue, instrument qui inspire encore à notre époque les créateurs. C’est d’ailleurs une habitude de l’association d’inscrire au programme de ses concerts de compositeurs vivants. La musique de François Clément, tour à tour délicate et très dynamique, n’a pas manqué de plaire.

C’est Vincent Genvrin qui assurera le troisième Double Jeu ! de la série, en jouant à Romans le samedi 22 septembre à 17h00 et le dimanche 23 septembre à Saint-Antoine-l’Abbaye à 17h00, selon la formule désormais bien rodée établie entre les deux associations. Né en 1965, Vincent Genvrin a étudié l’orgue avec Jean Boyer au Conservatoire de Lille, Odile Bailleux puis Xavier Darasse au Conservatoire national supérieur de Lyon où il a obtenu son diplôme en 1986. Il s’est perfectionné ensuite en Belgique avec Bernard Foccroulle et Jean Ferrard. En 1988, il a remporté le Premier prix du concours Alexandre Guilmant à Boulogne-sur-mer et en 1994, le Prix international du disque de la Société Liszt de Budapest pour son interprétation de la « Via Crucis » avec le chœur Sacrum de Riga (Lettonie). Il est titulaire, à Paris, de l’orgue historique François Henri Clicquot de Saint-Nicolas des Champs et de l’orgue Schwenkedel de Saint-Thomas-d’Aquin. Titulaire du certificat d’aptitude, il est professeur d’orgue au Conservatoire de Dieppe. Il est coordinateur artistique de l’Académie d’orgue de Dieppe, créée en 2010 à la suite de l’Académie de Saint-Dié-des-Vosges (1968-2009).Vincent Genvrin s’est distingué par une dizaine d’enregistrements discographiques salués par la critique. Il est directeur artistique du label Hortus.

Ce musicien chevronné, très apprécié dans le milieu musical pour la qualité de son jeu et la finesse de son approche comprendra, à Romans, de grandes œuvres de Johann Sebastian Bach : « Prélude et Fugue en mi bémol majeur BWV 552 » et trois chorals extraits de la Clavier Übung (BWV 672-674). On appréciera l’esthétique plus galante d’un des fils du Cantor, Carl Philipp Emanuel, dans sa « Quatrième Sonate » avant de découvrir une adaptation à l’orgue des « Kinderstück n° 4 et 5 » de Felix Mendelssohn-Bartholdy. Du fantasque Alfred Lefébure-Wely, star de l’orgue du milieu du XIXe siècle, on entendra l’« Offertoire en ré mineur », la « Communion en fa majeur », les trois versets de l’« Hymne Adoro te » et la brillante « Sortie en mi bémol majeur ». A Saint-Antoine-l’Abbaye, le public pourra aussi s’attendre à quelques découvertes. D’Henry Du Mont, on entendra l’« Allemande grave », la « Pavane » et une autre « Allemande ». Extraits du « Manuscrit de Limoges », constitué autour de 1720-1730, on découvrira les « Quatre Versets sur Ave maris stella » et d’une rare compositrice de l’époque baroque, Élisabeth Jacquet de la Guerre, la « Sonata en sol mineur » transcrite par Vincent Genvrin. Le « Choral-Fantaisie Nun freut euch lieben Christen g’mein BuxWV 210 » de Dietrich Buxtehude précèdera les pièces du 4e ton extraites des deux « Livres d’orgue » de Jacques Boyvin.

Il convient de rappeler que ces concerts sont gratuits (participation aux frais). Les éminents musiciens reçus chaque semaine sont l’honneur des tribunes qui les accueillent : ils sont aussi, pour les mélomanes, une chance d’entendre des virtuoses reconnus et demandés.

Vincent Genvrin

Double Jeu ! de François Clément, samedi 15 et dimanche 16 septembre

Le monde musical de l’orgue est d’une étonnante richesse. Les talents reçus dans la série initiée par les Amis de l’orgue de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye, parce qu’elle permet d’entendre parmi les meilleurs éléments de l’école d’orgue française actuelle, notamment ses plus jeunes représentants, en témoigne. Les deux programmes demandés aux musiciens, dispensés le samedi et le dimanche sur les instruments sont l’occasion d’entendre des œuvres très diverses. Ainsi, à Romans, les deux mouvements finaux de la « Symphonie Passion », de Marcel Dupré, ont beaucoup impressionné le public, par leur vigueur mais aussi leur caractère quasi-cinématographique. Les « Naïades », de Louis Vierne, éblouissaient par leur virtuosité légère et sensible, qualités essentielles du jeu d’Olivier Salandini qui, à Saint-Antoine-l’Abbaye, recevait d’autres éloges pour son programme, là aussi donné avec sûreté, virtuosité et simplicité.

A l’occasion des Journées du Patrimoine, les deux instruments seront accessibles par le public, sous la conduite de leurs organistes titulaires, le dimanche à partir de 15h00 à Romans avec Jean-Michel Petit, le samedi et le dimanche à Saint-Antoine-l’Abbaye avec Jean-Paul Ravel.

Les deux concerts de ce prochain week-end seront donnés par François Clément, organiste de la cathédrale de Clermont-Ferrand et professeur de la classe d’orgue de cette même ville. Il a étudié l’orgue avec Louis Thiry, Gaston Litaize et André Isoir. En tant qu’interprète, son répertoire est vaste, allant du 16° au 20° siècle. Impliqué dans la musique de son temps, il joue les musiciens contemporains (Jean-Pierre Leguay, Claude Ballif, Thierry Pallesco) et a créé des œuvres de Jean-Pierre Pommier. Il accompagne couramment chorales et instruments solistes, et est membre de l’ensemble instrumental « Musique en famille ». Après une dizaine de CD, son dernier enregistrement, sur l’orgue de Fontgombault est consacré au temps de Noël (œuvres françaises et allemandes des 17 et 18° siècles). Il est aussi compositeur. Plusieurs de ses œuvres ont été créées à Clermont Ferrand.

A nouveau, les deux programmes proposés par le musicien seront très différents, afin de rendre compte des caractéristiques des deux instruments. Ainsi, à Romans, on entendra la « Rhapsodie » de Thierry Pallesco, compositeur né en 1956. Rendant hommage à l’un de ses prédécesseurs à la tribune clermontoise, François Clément jouera quatre pièces d’Edmond Lemaigre : « Prière », « Deux Préludes », « Capriccio » et  « Magnificat », extrait des « Six Versets ».  De Louis-James-Alfred Lefébure-Wély, on entendra l’étonnant « Boléro de concert op. 166 », une œuvre qui rappelle le goût musical de l’époque de Louis-Philippe. Quatre pièces d’Aloÿs Claussmann (“Poco allegretto”, “Lento”, “Ben moderato” et “Fantaisie héroïque » précèderont trois œuvres de l’interprète : « Prélude sur le fond d’orgue » et « Barcarolle », extraits de la « Suite pour orgue » et « Saint Bertrand : Gloire du Seigneur ». A Saint-Antoine-l’Abbaye, François Clément explorera les pages les plus anciennes du répertoire. De Guillaume Dufaÿ (1395-1474), on entendra l’ « Alma redemptoris mater ». De Roland de Lassus, on découvrira le « Ricercare Regina caeli laetare. Trois « Fantaisies d’Eustache Du Caurroy précèderont une œuvre du même type de Louis Couperin. L’Italie sera aussi à l’honneur avec le « Ricercare arioso II en Do majeur » et le « Ricercare arioso III en sol mineur » d’Andrea Gabrieli et la « Toccata settima » de Michelangelo Rossi. La « Suite du sixième ton » de François Dagincourt précèdera des pièces de clavecin de Jean-Philippe Rameau (« L’égyptienne », « Tambourin » et « Les sauvages »). Le parcours dans le temps s’achèvera au tournant avec le 19e siècle et des œuvre d’Alexandre Pierre François Boëly (« Andante » extrait du « Quatuor en Ré », « Trio à deux claviers séparés en sol mineur » et « Offertoire pour le jour de Pâques ») et de Guillaume Lasceux : « Simphonie concertante en Sol ». Deux concerts très originaux, deux aventures dans les temps immémoriaux de la musique comme dans notre époque, autre richesse du monde de l’orgue. Concerts gratuits (participation aux frais), donnés ce samedi 15 septembre à 17h00 à Romans et dimanche 16 septembre à 17h00 aussi.

François Clément

 

 

 

Double Jeu ! d’Olivier Salandini, samedi 8 et dimanche 9 septembre

Pour sa première prestation romanaise, Thomas Pellerin a offert au public nombreux un véritable « festival Bach » en commençant son programme par un florilège bien senti d’œuvres importantes du Cantor de Leipzig. La grande Fantaisie et fugue en sol mineur, menée avec brio, un intense choral très lyrique, un pétillant concerto d’après Vivaldi, d’un italianisme fin et très réussi, et la Pastorale, très délicatement rendue, constituaient une belle part d’un concert couronné par le brillant Choral varié de Duruflé, hommage à celui qui permit la renaissance de cet orgue à la fin des années 1970. En cette années anniversaire de l’association, et alors que le projet de relevage de l’orgue se profile, cette œuvre sonnait avec une belle adéquation avec les timbres de l’instrument de Saint-Barnard.

Les Double jeu ! des Amis de l’orgue de Saint-Barnard, qui s’associent pour l’occasion avec leurs camarades de Saint-Antoine-l’Abbaye, ont établi désormais leur réputation d’excellence. Les meilleurs organistes français se succèdent et leur jeunesse n’enlève rien à leur talent. Ce sera encore le cas ce prochain week-end avec Olivier Salandini, l’organiste de la cathédrale de Bourges. Olivier Salandini a étudié l’orgue et le clavecin au Conservatoire national de région de Nice avec René Saorgin, Jean-Luc Etienne et Mireille Podeur. Il a poursuivi par la suite ses études de clavecin avec Bob van Asperen au Conservatoire supérieur d’Amsterdam, et d’orgue avec Reizte Smits au Conservatoire d’Utrecht et a obtenu un Master en 2008. Il a obtenu au Conservatoire national supérieur de Paris le Master de pédagogie d’orgue et le Certificat d’aptitude de clavecin. En 2005, il remportait le deuxième prix au Concours international de clavecin de Bologne et, en 2006, il était successivement lauréat des Concours internationaux d’orgue de Lausanne, et de Herford (Allemagne). Olivier Salandini a enregistré deux disques avec l’ensemble Stravaganza et un disque d’orgue en 2014 sur les cinq orgues de l’église Saint Paul de Nice aux éditions Chanteloup. Il est professeur de clavecin et de basse continue au Conservatoire de Limoges et, depuis 2011, organiste titulaire des grandes orgues de la Cathédrale de Bourges et directeur artistique du festival « Les Riches heures de l’orgue en Berry ». Le programme du jeune musicien, à Romans, s’annonce comme un beau panorama du répertoire organistique, avec des œuvres dues à quelques unes des plus sûres figures tutélaires de l’instrument. De Georg Friedrich Haendel, on entendra l’adaptation pour orgue seul du Concerto pour orgue et orchestre en sol mineur opus 4 n°1. En quatre mouvements, cette œuvre est un festival de virtuosité. Les quatre mouvements font se succéder différents climats et donnent à mesurer le génie mélodique de Haendel. De Josef Rheinberger, peu joué à Romans mais immense compositeur romantique allemand, on découvrira le « Prélude » et la  « Passacaille », deux mouvements extraits de la « Huitième Sonate en mi mineur ». Musique opulente, riche, elle témoigne d’un art qui, en pleine période romantique, en appelle encore à l’écriture classique. Suivront les délicates « Naïades », de Louis Vierne, extraites des « Pièces de Fantaisie ». Superbe musique de concert, cette pièce légère et souple est une délicate évocation qui n’a pas à pâlir d’une comparaison avec les meilleures réussites de Fauré ou Debussy. Marcel Dupré, immense virtuose, fut un concertiste acclamé, jusqu’en Amérique. C’est là qu’il improvisa une symphonie qui devint sa « Symphonie Passion ». De cette dernière Olivier Salandini jouera les deux derniers mouvements : « Crucifixion », âpre et prenant mouvement, et « Résurrection », longue montée vers le triomphe éclatant d’un carillon brillant. Ce concert, samedi 8 septembre à 17h00 à Saint-Barnard, sera suivi d’un second concert donné le lendemain, dimanche 9 septembre à 17h00, à Saint-Antoine-l’Abbaye. Le même musicien . Le même musicien y jouera des œuvres de Nivers (« Suite du premier ton » du « Troisième livre » comprenant « Prélude », « Fugue », « Duo », « Basse », « Dialogue à deux chœurs »), Johann Kaspar Kerll (« Passacaglia en ré mineur »), Nicolas de Grigny ( « Hymne A solis ortus » : « Plein jeu », « Fugue à 5 », « Trio », « Point d’orgue sur les grands jeux »), Dietrich Buxtehude (« Praeludium und Ciacona en do majeur ») et Johann Sebastian Bach (« Troisième Sonate en trio en ré mineur » et « Fugue en sol majeur alla giga »). Deux moments à ne pas manquer (entrée libre, participation aux frais).Olivier Salandini

 

Double Jeu ! de Thomas Pellerin, samedi 1er et dimanche 2 septembre

La saison musicale des Amis de l’orgue de Saint-Barnard va entamer la seconde partie de son riche programme anniversaire. On sait, en effet, depuis l’original cycle de concerts du printemps, « l’Orgue et son double », que l’association fête en 2018 ses cinquante ans.

La série des Double jeu !, qui invite un même organiste à jouer à Saint-Barnard le samedi et à Saint-Antoine-l’Abbaye le dimanche fera entendre cette année des musiciens qui tous viendront pour la première fois à Romans. Ce complet renouvellement, ainsi que la qualité des musiciens invités, signent tout l’intérêt de cette série dûment menée par une étroite et intelligente collaboration entre les deux associations : entendre d’excellents organistes, souvent très jeunes, déjà lancés dans la carrière et appelés par les plus grandes tribunes françaises et européennes.

Originaire de Charente, déjà nommé en septembre 2017 professeur d’orgue au Conservatoire à Rayonnement Régional d’Angers à la suite de Yohann Vexo, Thomas Pellerin qui jouera ce samedi 1er septembre à 17h00 à Saint-Barnard, a travaillé l’orgue auprès d’Olivier Vernet, Jean-Luc Etienne, Eric Lebrun et Johann Vexo. Il a achevé sa formation au CNSMD de Lyon où il a obtenu deux Masters en orgue et en basse continue dans les classes de François Espinasse, Liesbeth Schlumberger et Yves Rechsteiner. Il a été lauréat du Grand Prix Jean-Sébastien Bach de Saint-Pierre-les-Nemours en 2007 et en 2013, du Concours international d’orgue Renaissance de Saint-Julien-du-Sault et du Concours Joseph Bossard de Bellelay en Suisse. Avant sa nomination au Conservatoire d’Angers en 2016, Thomas Pellerin enseignait l’orgue et le clavecin au Conservatoire de Roanne où il était aussi organiste titulaire de l’église Saint-Etienne. A l’origine du projet de construction de l’orgue de style Italien-Renaissance de l’église Saint-Cybard de Pranzac en Charente, Thomas Pellerin est le fondateur et directeur artistique du Festival « Au Gré des Arts » qui rayonne autour de l’orgue de Pranzac.

Les programmes du jeune musicien feront entendre de grandes et belles œuvres. A Romans, il jouera de, Johann Sebastian Bach, la grande « Fantaisie et Fugue en sol mineur BWV 542 », le très émouvant choral « O Mensch, bewein dein Sünde groß » BWV 654 ainsi que le pétillant « Concerto en la mineur BWV 593 » d’après Antonio Vivaldi et la délicate « Pastorale BWV 590 » en quatre mouvements. De Martin Vogt, compositeur allemand du XIXe siècle, on entendra une « Sonate en Fa majeur ». La douce « Berceuse » de Louis Vierne précèdera le superbe « Choral varié sur le thème du Veni creator op. 4 » écrit par Maurice Duruflé à qui l’on doit le classement de l’orgue au titre des Monuments historiques. A Saint-Antoine-l’Abbaye, où Thomas Pellerin jouera ce dimanche 2 septembre à 17h00, le programme se conformera au style de l’instrument en enchaînant, de Nicolas de Grigny, le grand « Veni Creator » avec deux chorals de Johann Sebastian Bach (Schmücke dich, o liebe Seele BWV 654 et Komm, Gott, Schöpfer, Heiliger Geist BWV 667 in organo pleno con pedale obligato). On entendra aussi la belle « Fantaisie » de Charles Racquet, la « Chaconne en mi mineur BuwWV 160 », le « Prélude en sol BuwWV 149 » de Dietrich Buxtehude » avant de retrouver Bach avec son « Prélude et fugue en ut majeur BWV 542 », dont le prélude carillonnant, est presque une invitation à la danse.

Deux beaux programmes proposés par un jeune et talentueux musicien découvrir. Une nouvelle occasion d’entendre de la belle musique sur deux instruments très différents.

Thomas Pellerin

 

Double Jeu ! de Vincent Bernhardt, samedi 23 et dimanche 24 septembre

La diversité restera le maître mot de la série de concert initiée par les Amis de l’orgue de Saint-Barnard conjointement avec l’association de Saint-Antoine-l’Abbaye. Ces concerts doubles sont l’occasion de découvrir de larges pans du répertoire de l’instrument roi ainsi que des tempéraments de musiciens divers, aux préoccupations musicales variées. Ainsi, après l’élégance du toucher de Paul Goussot, l’énergie lyrique de Florent Gallière, le public assemblé à l’occasion des Journées du patrimoine a pu découvrir l’originalité du concert d’Hervé Désarbre, organiste du Ministère des armées, titulaire de l’orgue de la chapelle du Val de Grâce. Rendant hommage aux figures féminines de l’histoire, il a tissé un programme détonnant, plein de verve, et qui témoigne de sa gourmandise. Le public, le sourire aux lèvres, a salué de chaleureux applaudissements son passage, toujours apprécié par sa bonhommie mais aussi sa haute tenue musicale.

Pour le dernier concert de la série, c’est un musicien spécialisé dans le répertoire baroque qui sera aux claviers. Invité pour la première fois à Romans (comme Florent Gallière), il connaît bien, en revanche, l’orgue antonin. Vincent Bernhard est né en 1987, il a étudié à Metz, Lyon (CRR et Conservatoire National Supérieur), Stuttgart (Hochschule für Musik) et Bâle (Schola Cantorum). Il est titulaire de quatre Masters d’interprétation musicale (orgue, clavecin, basse continue et orgue ancien) obtenus auprès de pédagogues de renom international : Andrea Marcon, Jesper Christensen, Yves Rechsteiner, François Espinasse, Bernhard Haas, Lorenzo Ghielmi, Jörg-Andreas Bötticher, Norbert Pétry, Jon Laukvik, Gérard Geay… Il a également bénéficié de l’enseignement de Willem Jansen et Michael Radulescu, et s’est initié à la direction d’orchestre avec Andrea Marcon (répertoire baroque) et Julien Leroy (répertoire symphonique). Il a donné de nombreux concerts comme soliste : cathédrales de Lausanne, Lyon, Metz, Dunblane, Freiberg… ; festival Seviqc Brežice en Slovénie, festival Toulouse-les-Orgues, festival international Città di Treviso, Orgel Festival Holland, Festival Leo Brouwer à Cuba ; orgues Silbermann de Saint-Quirin et de la Predigerkirche à Bâle ; clavecins anciens de la collection Tagliavini à Bologne… Depuis ses débuts comme claveciniste de l’Orchestre Baroque de l’Union Européenne à l’âge de 19 ans, il s’est également produit au sein d’ensembles tels que La Cetra Barockorchester, le Freiburger Barockorchester, l’ensemble Gilles Binchois, le RIAS-Kammerchor de Berlin, La Chapelle Rhénane, et les orchestres symphoniques de Luxembourg, Lorraine, Heidelberg, Essen et Cologne. Il est lauréat des concours internationaux d’orgue Gottfried Silbermann de Freiberg, J. S. Bach de Lausanne (premier prix) et Cavaillé-Coll, ainsi que des concours internationaux de clavecin de Bologne et de Lugano (premier prix). La fondation Hans Balmer lui a décerné en 2014 le Förderpreis. Organiste à la Cathédrale Primatiale de Lyon en 2009 puis au Festival International de Musique de la Chaise-Dieu, il est en résidence au festival Silbermann depuis plusieurs années. Avec son ensemble baroque Il delirio fantastico (Lyon), il vient d’obtenir un CHOC du magazine Classica pour l’album « Vivaldi : Concerti di Parigi », paru chez Calliope. En soliste, il vient de faire paraître un disque consacré à Georg Böhm et aux œuvres de jeunesse de J. S. Bach, enregistré à l’orgue Rémy Mahler de Baïgorry. Vincent Bernhardt est professeur d’orgue et de basse continue au Conservatoire à Rayonnement Régional de Metz depuis 2012. En 2013, il était invité à La Havane pour deux concerts avec Il delirio fantastico, un récital d’orgue et une master-classe sur l’orgue Daublaine-Ducroquet de l’église San Francisco de Paula. Il prépare une thèse de doctorat sur « Le concept de liberté de l’interprète dans le corpus orchestral d’Antonio Vivaldi » à Lyon.

A Romans, il jouera  un programme très varié, qui témoigne se sa capacité à aborder l’ensemble du répertoire (ce que permet l’orgue de Saint-Barnard). Ainsi, on entendra le « Prélude et fugue en sol majeur » et trois chorals (« Herr Jesu Christ, dich zu uns wend », « Ach Herr, mich armen Sünder » et « Jesu, meines Lebens Leben » de Johann-Sebastian Bach, trois chorals de Johannes Brahms, écrits à la fin de sa vie, œuvres vraiment crépusculaires et imprégnées d’une longue méditation sur la vie (« Es ist ein Ros entsprungen », « Schmücke dich, o liebe Seele » et « Herzlich tut mich verlangen »), un beau choral de Georg Böhm, contemporain de Bach (« Gelobet seist du, Jesu Christ ») et deux œuvres mises en regard par les circonstances de leur écriture : les célèbres « Litanies » de Jehan Alain et le beau et souverain « Prélude et fugue sur le nom d’Alain », écrit par Maurice Duruflé en hommage à son ami, tombé à 29 ans au champ d’honneur. A Saint-Antoine-l’Ababye, Vincent Bernhardt jouera le « Prélude et fugue en ut majeur » et les chorals « Christe, der du bist Tag und Licht », « Christ lag in Todesbanden » et « Vater unser im Himmelreich » de Georg Böhm, des extraits de la « Suite du Premier Ton » de Pierre Du Mage (« 
Plein Jeu », « Fugue », « Tierce en Taille », « Basse de trompette », « Récit » et « Grand Jeu », le superbe choral « Schmücke dich, o liebe Seele » et la « Pièce d’orgue en sol majeur » de Johann Sebastian Bach.

A nouveau, et pour conclure cette prestigieuse série qui a vu de brillants musiciens prendre possession des deux orgues, aux caractères si différents, les mélomanes trouveront tout bénéfice à assister aux deux concerts. La variété des approches, les ressorts techniques et d’interprétation qui sont sollicités sont si variés que l’exercice, périlleux, trouve tout son sel avec des musiciens de cette trempe qui font honneur aux deux associations !

Double Jeu ! de Vincent Bernhardt : samedi 23 septembre à 17h30 à Saint-Barnard, dimanche 24 septembre à 17h00 à Saint-Antoine-l’Abbaye – Entrée libre, participation aux fraisVincent Bernhardt

 

Double Jeu ! d’Hervé Désarbre, samedi 16 et dimanche 17 septembre

La première prestation de Florent Gallière, pour les Double Jeu ! de Saint-Barnard et Saint-Antoine-l’Abbaye, a été saluée de chaleureux applaudissements. L’énergie implacable déployée dans le programme donné à Romans, épique et passionné, a permis au musicien d’asseoir encore sa parfaite maîtrise technique dans des fresques virtuoses. Sachant se faire délicat, attentif au phrasé, au contour des mélodies, il a aussi démonté à Saint-Antoine, et c’est l’intérêt de la formule, qu’il sait aussi rendre la finesse des grâces baroques de l’Europe entière qu’il avait assemblées en un beau programme.

En total contraste avec les deux week-ends précédents, le public aura à nouveau la possibilité de découvrir de nouveaux univers sonores et un talent musical tout différent. Habitué de la formule, et lié par une de ces amitiés qui se tissent entre concertistes et organisateurs de concerts, Hervé Désarbre sera aux commandes des deux orgues. Né à Roanne, Hervé Désarbre a étudié le piano avec Madeleine David, élève de l’organiste et compositeur Aloÿs Claussmann, puis s’est perfectionné auprès d’André Chometon, professeur au C.N.R de Lyon avant d’entrer ensuite dans la classe d’orgue du maître André Fleury à la Schola Cantorum et de travailler également avec Guy Morançon à Notre-Dame-des-Victoires à Paris. D’abord organiste de l’église Saint-Louis de Roanne, il a été nommé, en 1993, titulaire de l’orgue historique du Val-de-Grâce, à Paris et, en 2005, organiste du ministère des Armées. En 2014, il a été nommé membre du comité international d’experts pour la restauration du grand-orgue Cavaillé-Coll du conservatoire de Moscou. Il a créé nombre d’œuvres contemporaines, françaises ou étrangères, pour orgue seul ou avec orchestre, la plupart lui étant dédiées, et a enregistré une quinzaine de disques. Membre de la Famille Camillienne, il est aussi directeur artistique des Editions Le Chant du Monde, et titulaire honoraire de l’orgue historique John Abbey de Renaison. Hervé Désarbre, commandant dans la réserve citoyenne, est chevalier de l’ordre national du Mérite et détenteur de la médaille d’honneur du Service de santé des armées.

Amateur de musiques peu courantes, voire peu orthodoxes, le musicien a l’habitude d’agencer avec finesse des programmes qui étonnent par leur originalité, par la rareté des œuvres jouées, mais aussi par l’envie revendiquée du musicien de faire du concert un véritable moment de plaisir, pour le public comme pour lui. Le sourire vient souvent au visage des auditeurs : science et maîtrise éloignent la légèreté, le propos reste celui d’un grand musicien, son regard celui d’un amoureux des belles choses de la vie. Pour ce week-end, Hervé Désarbre a choisi de rendre hommage aux grandes femmes de l’histoire et de célébrer, au passage, quelques anniversaires. Ainsi, pour évoquer Ariane, on entendra le « Concerto grosso, opus 7 n°6 « Il pianto d’Arianna » de Pietro Locatelli. Le souvenir d’Ann Boleyn sera évoqué par le « Grand offertoire sur Anna Bolena » de Gaetano Donizetti. L’organiste célèbrera ensuite plusieurs anniversaires : le bicentenaire de la mort d’Etienne-Nicolas Méhul avec sa « Sonate en ut mineur opus 1 n°2 » ; le quarantième anniversaire de la mort de la Mère Brazier avec « Fondue savoyarde » de Julien Bret ; le quarantième anniversaire de la mort de Maria Callas avec la « Cavatine de Rosine », extrait du Barbier de Séville, de Rossini, arrangée par le fantasque Louis-James-Alfred Lefébure-Wély, ainsi que le vingtième anniversaire de la mort de l’océanographe Anita Conti avec trois pièces d’Andreas Willscher (« La raie », « La lotte » et « Le gobie ». Hervé Désarbre honorera aussi la figure de la Princesse Amélie de Prusse avec la « Sonate pour orgue n°6 » de Carl-Philip-Emanuel Bach et celle d’Hildegarde von Bingen, pour le jour de sa fête, avec une œuvre de Flor Peeters : « Paix monastique ».

Cet étonnant programme sera donné le samedi 16 septembre à 17h30 à Saint-Barnard et le dimanche 17 septembre à 17h00 à Saint-Antoine-l’Abbaye. Les différences qui séparent les deux orgues permettent que la répétition d’un même programme suscite de réelles surprises, un véritable intérêt et l’impression de redécouvrir ce que l’on a entendu la veille !Hérvé Désarbre

 

Double Jeu ! de Florent Gallière

La série de concert, qui se tient chaque week-end de septembre à Saint-Barnard et à Saint-Antoine-l’Abbaye reste, d’année en année, le rendez-vous assuré du talent, de la virtuosité mais aussi, et c’est un des traits du travail des Amis de l’orgue de Saint-Barnard, du plaisir renouvelé de la découverte et de l’excellence. Paul Goussot, qui ouvrait cette prestigieuse série, a donné la pleine mesure de son irrésistible talent : la musique coule de lui comme d’une fontaine, avec un mélange rare de maîtrise, de naturel et de générosité. C’est l’un des plus incontestables phénomènes de l’orgue français actuel !

Toujours soucieux de s’ouvrir aux talents et de découvrir de nouveaux interprètes jamais entendus dans la région, les deux associations ont convenu d’inviter, pour ce prochain week-end, Florent Gallière. Le jeune musicien, diplômé du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon, est aussi Diplômé d’état au CEFEDEM Bretagne-Pays de la Loire. Il a été le disciple de grands interprètes : Michel Bourcier, Louis Robilliard, François Espinasse, Liesbeth Schlumberger et Bernard Foccroulle. Il est actuellement professeur d’orgue au Conservatoire à rayonnement régional de Saint-Etienne et au Conservatoire à rayonnement départemental de Bourgoin-Jallieu. Président de « Saint-Etienne-ses-Orgues », il s’investit activement pour la promotion des orgues de Saint-Etienne En septembre 2011, en résidence pour un an, il devenait le quatorzième organiste du Sapporo Concert Hall au Japon, se produisant ainsi à Sapporo, Kyoto et Tokyo. Il se produit aujourd’hui à travers la France : Lyon, Toulouse, Nantes, Moulins, Nevers, Grenoble, Luçon, Vichy, ou en Belgique et au Luxembourg.

Le programme du musicien, à Romans, ce samedi 9 septembre à 17h30, est presque court : il n’en est rien. Ainsi, le public pourra entendre une œuvre encore jamais jouée à Romans : « Stunde der Freude » (« Jour de fête ») de Marco Enrico Bossi. Ce compositeur italien, peu connu en France est né en 1861 à Salo en Lombardie. Il est mort, en 1925, à bord du paquebot qui le ramenait d’une triomphale tournée en Amérique. Virtuose accompli et fort connu, il fit partie de ces grands organistes compositeurs et concertistes qui initièrent les grandes tournées internationales de concerts et insérèrent l’orgue dans la vie musicale « normale » des grandes salles de concerts dotées de grands instruments modernes, aptes à rendre tout le répertoire mais aussi à susciter de la nouvelle musique. Parmi les nombreuses suites de pièces à caractère composées par Bossi, cette grande toccata festive clôt les Cinq Pièces en style libre opus 132. Trois pièces de Liszt constitueront l’autre part de ce programme sans concession : un « Ave Maria », un étonnant « Gebet », presque statique, proche de la musique la plus moderne écrite par un Liszt décidément visionnaire et l’immense « Fantaisie et fugue sur un thème de Meyerbeer ». Cette fresque presque cinématographique, de plus d’une demi-heure, est un véritable cheval de bataille pour nombre de virtuoses : ample, immense, rebondissante de multiples épisodes contrastés, l’œuvre tire sa substance d’un thème chanté dans un opéra de Giaccomo Meyerbeer, le choral des Anabaptistes « Ad nos, ad salutrem undam ». La mélodie irrigue toute l’œuvre jusqu’à une fugue gigantesque qui parachève une construction jusqu’ici inédite pour l’orgue.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, dimanche 10 septembre à 17h00, Florent Gallière jouera, de Charles Piroye, « La Royale », deux pièces de Jan Pierterszoon Sweelinck : le « Ballo del Granduca » et « English Fortune ». D’Antonio Valente, on entendra « Ballo del’ Intorcia ». Poursuivant un véritable tour d’Europe de la musique des XVII et XVIIIèmes siècles, comme la tribune antonine les aime et les permet grâce à son étonnant instrument aux multiples timbres caractéristiques, on entendra aussi la « Corrente italiana » de Juan Cabanilles ainsi que trois « Sonates » de Domenico Scarlatti. A Bach reviendra de couronner ce programme tout en contrastes avec la grande « Partita sopra Sei gegrüsset », une suite de variations toutes plus riches.

A nouveau, à n’en pas douter, il y aura fort à découvrir lors de ce nouveau concert d’une série éminemment recommandable !Florent Gallière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Double Jeu ! de Paul Goussot, les 2 et 3 septembre

En ce mois de septembre, les Amis de l’orgue de Saint-Barnard proposent aux mélomanes, et aux curieux, la seconde partie de leur saison d’orgue. Depuis plusieurs années, une série de concerts prestigieux est donnée chaque week-end de ce mois dans une formule novatrice et très amicale qui est organisée conjointement avec les Amis de l’orgue de Saint-Antoine-l’Abbaye, lieu dont la renommée musicale internationale n’est plus à dire, animée par une grande saison de concerts et une brillante académie d’orgue et de chant donnés sur l’orgue Scherrer-Aubertin de l’abbatiale. Ainsi, pour deux concerts successifs, aux programmes différents, donnés sur des orgues aux qualités dissemblables au possibles, riches chacun de particularités sonores et capables de rendre la quasi-totalité du répertoire de l’orgue, plus spécifiquement ancien à Saint-Antoine, plus largement ouvert à Romans, des musiciens de stature internationale sont conviés. Habitués des grandes tribunes, des festivals du monde entier, professeurs recherchés, concertistes applaudis sur toute la « planète-orgue », ces musiciens exceptionnels font honneur aux tribunes qui les reçoivent et, l’expérience de ces dernières années le montre, stupéfient le public par leur virtuosité, leur personnalité et l’aisance avec laquelle ils abordent les sommets techniques du répertoire lors de concerts magnifiques.
Pour ouvrir la série, c’est le jeune Paul Goussot, organiste de l’abbatiale Sainte-Croix de Bordeaux, qui sera aux claviers. Titulaire de l’orgue Dom Bedos de l’ancienne abbatiale Ste-Croix de Bordeaux, Premier grand prix d’improvisation du 26e concours international d’orgue de Saint-Albans, il est à Bordeaux. Admis à l’âge de 16 ans au conservatoire national supérieur de musique de Paris (CNSMDP), il y a obtenu les premiers prix de clavecin, orgue, harmonie, contrepoint, fugues et formes, ainsi que les prix de basse-continue et d’improvisation au clavier. Lauréat du concours international d’orgue « Musica Antica » de Bruges (Belgique), et du concours international d’orgue de Saint-Maurice (Suisse), il a remporté, en 2007, le premier prix d’improvisation au concours international d’orgue de Luxembourg. On a pu l’entendre, à l’orgue, comme au clavecin, dans des lieux prestigieux : Notre-Dame de Paris, Musée des Beaux-Arts de Chartres, festivals de la Chaise-Dieu, de Monaco, de Dudelange (Luxembourg). Paul Goussot s’est également produit de nombreuses fois aux Etats-Unis et, en 2009, a été « First Young Artist in Residence » à la Cathédrale Saint-Louis de de La Nouvelle-Orléans. L’improvisation tient une place essentielle dans son activité et se passionne pour l’accompagnement de films muets. Ses improvisations sur le film « La passion de Jeanne d’Arc » de Carl Dreyer, ont reçu le prix du meilleur spectacle de l’année 2010 de La Nouvelle-Orléans (dans la section musique contemporaine). En janvier dernier, à l’occasion du centenaire de la première publication de Fantômes, Paul Goussot a été sollicité par le Musée d’Orsay pour accompagner sur un orgue de cinéma le film « Le mort qui tue ». Titulaire de deux certificats d’aptitudes aux fonctions de professeur d’enseignement artistique (en clavecin et en orgue), Paul Goussot enseigne l’orgue au CRR de Rueil-Malmaison et anime régulièrement des académies et des masterclasses en France et à l’étranger.
Le programme de Paul Goussot, à Romans, est tout en élégance classique. Ce sont des grandes oeuvres presque « aristocratiques » du répertoire que l’on pourra entendre, de celles que les organistes les moins chevronnés n’osent aborder tant leur technique et leur contenu sont élevés, leur interprétation ardue et leur splendeur rare. Ouvrir un concert avec la  grande « Passacaille BWV 582″ est déjà une gageure et le signe de moyens artistiques sûrs. Ensuite, on entendra le « Concerto pour orgue en fa majeur opus 4 n°5″ de Georg Friedrich Haendel. Quatre mouvements tout en énergie en élégance qui mettront en valeur la légèreté du toucher du musicien. De même, la grande « Fantaisie en fa mineur KV 608″ de Mozart fera un effet tout aussi comparable, mais sur un ton plus dramatique, avec une éloquence qui fut celle des dernières oeuvres du divin Wolfgang. Après un « Prélude en ut dièse » d’Alexandre Scriabine, on entendra les dernières pages des immenses « Tableaux d’une exposition » de Modest Moussorgski. « Promenade », « Il vecchio castelo », « Baba yaga » et la gigantesque « Grande porte de Kiev » feront appel à toutes les ressources de l’instrument. Une improvisation conclura ce programme magnifique.
Le lendemain, à Saint-Antoine l’Abbaye, Paul Goussot débutera son programma par une « Suite improvisée dans le style français » organisée selon les canons en « Prélude », « Fugue », « Duo », « Récit », « Basse de trompette », « Flûtes » et « Dialogue ». Suivra un autre concerto de Haendel, en sol mineur, puis après une « Passacaille » improvisée, de Michel Corrette, le « Concerto en do Majeur n°4″. Tissant un étroit lien de connivence avec l’improvisation qui a précédé, on entendra deux oeuvres bâties sur la même forme : la « Chaconne du Quatuor parisien TWV 48″ de Georg Philipp Telemann et la gigantesque « Chaconne » pour violon de Bach arrangée par l’interprète.
Ce samedi 2 septembre à 17h30 à Saint-Barnard, et ce dimanche 3 septembre à 17h00 à Saint-Antoine-l’Abbaye, il y aura de grands bonheurs musicaux à venir entendre grâce à l’exceptionnel talent de Paul Goussot.Paul Goussot

Double Jeu ! d’Octavian Saunier, week-end du 24 et 25 septembre

Les Journées du patrimoine permettent de découvrir des pans souvent peu accessibles des villes et des monuments. A Saint-Barnard, c’est l’occasion pour le public d’accéder à la tribune de l’orgue et d’y découvrir le fonctionnement de cette gigantesque machine musicale toujours mystérieuse car trop éloignée des auditeurs. Vergettes, abrégés, soupapes et porte-vent se mêlent et interagissent pour produire ces sont mêlés et si changeants. Denis Bordage, qui assurait le Double Jeu ! de ce week-end de visites, a su tirer parti de la palette sonore de l’orgue de la collégiale pour donner des œuvres torrentielles de Liszt et Brahms, mais aussi cette emblématique et énorme « Sonate » de Julius Reubke, élève de Liszt mort très jeune et dont on ne peut que regretter le destin fugace. Ces Double Jeu ! de septembre donnent à entendre des musiciens aux tempéraments vraiment différents (sentiment qui peut s’accroître quand on mesure la différence de technique de jeu qu’imposent les orgues de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye qu’ils sont appelés à jouer durant le même week-end).  
C’est Octavian Saunier qui terminera la série. Il est né en 1985, à Brasov, en Roumanie. Ses études d’orgue l’ont amené à se former auprès de Didier Ledoux, Michel Bouvard, François Espinasse et Lisbeth Schlumberger.  Régulièrement invité à l’Auditorium de Lyon en soliste, en musique de chambre avec les solistes de l’Orchestre national de Lyon, en duo piano et orgue, avec chœur ou enfin pour tenir les parties d’orgue au sein de l’Orchestre National de Lyon, il a aussi été invité par l’opéra de Lyon pour participer à la création mondiale de l’opéra « Claude » de Thierry Escaich. En juillet 2013, il a été nommé organiste titulaire du grand orgue Kern de Saint Pothin à Lyon. Octavian Saunier a été pendant une année le 16ème organiste en résidence au Sapporo Concert Hall « Kitara ». Il y a enregistré un CD et s’est produit en soliste, avec chœurs ou encore avec orchestre au Suntory Hall de Tokyo, Metropolitan Art Theater de Tokyo, Concert Hall de Kyoto et à l’International Christian University de Tokyo. Il a créé en 2011, avec le pianiste Dimitri Papadopoulos, le duo Mirabilis qui s’est produit au festival Toulouse les orgues, à l’auditorium de Lyon, aux heures musicales de Fayl-Billot (58) et de Mazamet (81). Leur répertoire se constitue d’œuvres de Liszt, Moussorgsky, Prokofiev, Escaich, Franck, Widor et Saint-Saëns. Octavian Saunier est accompagnateur et chef de chœur assistant des chœurs des universités catholiques de Lyon et de la Primatiale St Jean de Lyon et professeur d’orgue à l’école de musique de Bourg-d’Oisans.
A Saint-Barnard, Octavian Saunier proposera un programme qui montrera l’appréhension que les compositeurs du XIXème siècle ont eue de Johann Sebastian Bach et son influence sur leur écriture en jouant le « Prélude en mi bémol BWV de Johann Sebastian Bach, le « Prélude et fugue en sol majeur » et la « Quatrième Sonate pour orgue » de Felix Mendelssohn, grand redécouvreur de Bach au XIXème siècle et deux ensembles de chorals de Max Reger (« Wie schön leuchtet der Morgenstern », « Es kommt ein Schiffe, geladen », « O Haupt voll But und Wunden » et « Ein’ feste Burg is unser Gott » extrait de l’opus 135) et Johannes Brahms. (« Es ist ein Ros’ entsprungen », « Herzlich tut mich verlagen » et « Schmücke dich o liebe Seele » extrait de l’opus 122).
A Saint-Antoine-l’Abbaye, le jeune musicien fera honneur à la musique baroque en donnant, de Johann Sebastian Bach, la « Pièce d’orgue » en sol, les six chorals extraits de ses propres œuvres et transcrits par lui pour son éditeur Schübler, les six pièces du « Gloria » extrait du « Livre d’orgue » de Nicolas de Grigny, le délicat et « Baletto del granduca » de Jan Peterzoon Sweelinck et une pièce anonyme du XVIème siècle. 
Une  nouvelle fois, et pour clore cette série, le public aura à cœur de venir écouter ces deux concerts très différents. Samedi 24 septembre à Saint-Barnard à 17h30 ; dimanche 25 septembre à Saint-Antoine-l’Abbaye à 17h00 (entrée libre, participation aux frais).
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