Archive pour la Catégorie 'Double jeu'

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Double Jeu ! de Jean-Marc Leblanc, 12 et 13 septembre

Encore sous le charme et l’incroyable impression produite par la prestation de Paul Goussot, toute en force virtuose et sensibilité poétique, le public pourra, cette semaine encore, goûter au talent du second invité de la série initiée par les Amis de l’orgue de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye. Double jeu, double plaisir musical, très différent sur ces deux instrument très éloignés l’un de l’autre par leur style et leur facture, et aussi par les périodes du vaste répertoire que l’on peut jouer, chaque instrument ayant, en quelque sorte, sa période de prédilection –ce qui n’empêche pas des les provoquer, notamment en jouant des œuvres contemporaines sur l’instrument antonin, construit dans le style du XVIIIème siècle.  

C’est Jean-Marc Leblanc qui sera accueilli ce week-end. Disciple de Louis Thiry et de Jean Boyer, il a accompli sa formation au Conservatoire National Supérieur de Paris où il a obtenu, en 1992, le premier prix d’orgue, premier nommé, dans la classe de Michel Chapuis, ainsi que les premiers prix d’analyse, d’harmonie, de contrepoint et de fugue. Il est actuellement titulaire des grandes orgues historiques Clicquot Cavaillé-Coll Gonzalez de Saint-Merry et des grandes orgues Schwenkedel de Saint-Thomas-d’Aquin de Paris. Agrégé de musicologie, il enseigne à l’Université de Tours. Il donne des concerts en France et à l’étranger et participe à de nombreux festivals où il est invité à toucher de prestigieux instruments comme à Notre-Dame de Paris, Saint-Ouen de Rouen, Saint-Maximin de Provence, Sainte-Croix de Bordeaux, Riga, Saint-Pétersbourg, Aix-la-Chapelle, en Corée et en Bolivie. Attaché à mettre en valeur, par son jeu unanimement salué pour sa clarté, sa distinction et son assurance, l’ensemble du répertoire, Jean-Marc Leblanc a composé un programme tout en originalité.

A Romans, samedi 12 septembre, il donnera à entendre, de Carl Philipp Emanuel Bach, la « Sonate n°4 » en la mineur de 1755 avant de découvrir les « Vêpres des Vierges op. 31 » d’Ernest Chausson, œuvre rare de l’auteur du « Poème de l’amour et de la mer » et du « Roi Arthus », son unique opéra. On découvrira cette suite peu jouée, écrite par un artiste marqué par Wagner et ami de Debussy, d’Indy et Dukas. En contraste, et témoignant d’une parfaite technique, l’organiste enchaînera la « Sonate en trio n°1 » en mi bémol majeur de Bach, « Ma l’ombra sol » et une œuvre écrite en 2008 par le jeune compositeur Valéry Aubertin. Ce programme tout en contraste s’achèvera avec, là aussi, une œuvre peu jouée : l’Office n°51 « Dominica XXIII post Pentecostem », extrait de « L’orgue mystique op. 57 » de Charles Tournemire. Compositeur prolifique, il laisse pour l’orgue un corpus impressionnant qui comprend ce cycle destiné à chaque dimanche de l’année. Intéressé par Mahler et Busonni avec qui il correspond, Tournemire reste à découvrir plus encore, ce à quoi le travail de Jean-Marc Leblanc contribuera : il prépare l’édition de ses cahiers, à la fois mémoires et pensées.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, Jean-Marc Leblanc présentera, là aussi, un vaste panorama du répertoire, avec le « Sanctorum meritiis » de Jehan Titelouze, le tout premier organiste français à avoir publié de la musique. Profitant du caractère de l’instrument et illustrant l’influence européenne de la congrégation antonine, on entendra deux « Tientos » de Correa de Arauxo, autre auteur du XVIème siècle, ainsi qu’une « Fugue » et un « Caprice » de Roberday. De Tournemire, on découvrira son étonnante « Suite évocatrice op. 74 », écrite à la fin des années 1920, période où  l’on redécouvrait les qualités des instruments anciens. Enfin, un superbe « Concerto » de Corrette conclura ce concert qui s’annonce lui aussi passionnant.

Il faut, une nouvelle fois, souligner la très haute tenue musicale des concerts que nous proposent ces deux associations : ces Double Jeu tout en fervente virtuosité tiennent leurs promesses ! Jean-Marc Leblanc se produira donc samedi 12 septembre à Romans à 17h30 et le dimanche 13 septembre à Saint-Antoine-l’Abbaye à 17h00 – entrée libre, participation aux frais.jeanmarcleblanc

 

Double Jeu ! de Paul Goussot, 5 et 6 septembre

Les Amis de l’orgue de Saint-Barnard nous ont habitués, depuis quelques années, à donner au public le plaisir d’entendre des organistes de très haute volée durant leur cycle de septembre : les Double Jeu ! Titre ô combien signifiant puisque l’on nomme « jeu » chacun des timbres de l’instrument ; tout aussi bien, ce titre très accrocheur peut renvoyer au défi que constitue le programme qui est proposé aux musiciens : donner deux concerts sur deux instruments radicalement différents, l’un le samedi à Romans, le second le dimanche à Saint-Antoine-l’Abbaye. L’orgue de la collégiale romanaise, polyvalent et attaché au style néoclassique, se prête volontiers à la musique romantique, à celle du début du XXème siècle qui est celle qui convient le mieux à son esthétique, mais sait aussi donner des couleurs convaincantes à la musique ancienne  ou contemporaine pour peu que l’instrumentiste en ait la volonté ! A Saint-Antoine-l’Abbaye, l’organiste aura sous les doigts un des fleurons de l’orgue français, un instrument tout entier dédié à la musique baroque française mais dont la richesse sonore s’adapte volontiers au reste du répertoire italien, allemand ou espagnol des XVII et XVIIIèmes siècles. Défis certes, mais aussi réels plaisirs de mélomanes quand la combinaison de la technique de ces virtuoses, de la chaleur de leur âme et de désir de donner à entendre le meilleur d’eux-mêmes fait de ces concerts, de ces week-ends de septembre, de merveilleux moments qui comblent les fervents comme ceux que l’orgue intrigue encore !

Pour ouvrir ce cycle, qui s’annonce cette année d’une particulière qualité, tant chacun des invités brille par un curriculum vitae enviable, c’est Paul Goussot qui est, à nouveau, accueilli. Le public avait pu découvrir son talent vraiment sidérant et convaincant de naturel, il y a deux ans. Né en 1984 à Bordeaux, il a effectué ses études au Conservatoire National Supérieur de  Musique de Paris où il a obtenu les plus hautes distinctions. Lauréat de nombreux concours internationaux d’orgue et d’improvisation (Bruges, Saint-Maurice, Luxembourg, Saint-Albans, Haarlem), Paul Goussot est invité, depuis, dans de prestigieux festivals d’Europe et se produit en compagnie d’artistes renommés comme Christian Ivaldi, Olivier Latry, ou encore avec le Caius Consort de Cambridge. En octobre 2009, Paul Goussot a été nommé « First Young Artist in Residence » à la cathédrale de la Nouvelle-Orléans. Lors de ce séjour, il s’est produit à l’orgue comme au clavecin en Louisiane et au Texas. Musicien polyvalent, Paul Goussot a toujours cherché à diversifier son métier d’artiste en s’intéressant tout autant à l’orgue qu’au clavecin, à l’improvisation et à la pédagogie. Titulaire de l’orgue Dom Bedos de l’Abbatiale Sainte-Croix de Bordeaux, il a succédé à François-Henri Houbart au poste de professeur d’orgue du Conservatoire de Rueil-Malmaison. Récemment, il a accompagné de nombreuses projections, dont récemment, celles du Musée d’Orsay à Paris et de la Cinémathèque Française.

L’éclectisme du talent de Paul Goussot se confirmera aisément à la découverte de son programme. A Romans, il donnera à entendre d’Alexandre Guilmant, le « Final » de la « Première Sonate op.42″. Lui-même maintenant quelque peu oublié, Guilmant fut à l’origine du mouvement de redécouverte de la musique ancienne dont il assura l’édition de nombreux auteurs. Sa musique d’orgue, très typique de la diversité stylistique du XIXème siècle, réserve quelques bonnes pages, comme ce final enlevé et robuste. Tout différent, les Anthems « Zadok the Priest » de Haëndel sonneront dans un étonnant contraste. Engageant ensuite une belle perspective vers notre époque, le programme enchaînera, après un « Prélude » de Gabriel Pierné, plusieurs transcriptions tout à fait bienvenues : deux extraits de « Pelléas et Mélisande » de Gabriel Fauré (le « Prélude » et la « Sicilienne ») qui prendront un nouveau visage en passant de l’orchestre à l’orgue ; du toujours surprenant Charles Tournemire, musicien fantasque et insaisissable, une superbe improvisation retranscrite en dictée musicale (la fluide « Fantaisie Improvisation sur Ave Maris Stella » de 1928) et, pour finir, la diabolique et suprêmement virtuose « Toccata » de Serge Prokofiev. Paul Goussot terminera sur une improvisation sur un texte littéraire. A Saint-Antoine-l’Abbaye, le jeune musicien jouera, le lendemain à 17h00, le « Praeludium BuxXV 148″ de Dietrich Buxtehude, le très étonnant « In nomine » de John Bull, les Anthems « Zadok the Priest » de Haëndel et le « Concerto pour 4 violons en si mineur » de Vivaldi, programme qu’il pimentera d’improvisations dans divers styles, exercice dont il est coutumier et qui attire des éloges unanimes.

Il faut saluer l’étroite collaboration entre les Amis de l’orgue de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye : elle nous permet de rencontrer des musiciens de très haute volée, hôtes des tribunes les plus prestigieuses. Paul Goussot à Romans, le samedi 5 septembre à 17h30 et à Saint-Antoine-l’Abbaye, le dimanche 6 septembre à 17h00 – entrée libre, participation aux frais dans les deux cas. A ne pas manquer !

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Double Jeu ! de Sarah Kim

En mettant sur pied cette originale formule, qui consiste à inviter un même organiste pour deux concerts, donnés sur les orgues de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye, les deux associations ont donné au public l’occasion d’entendre des musiciens que plusieurs critères rassemblent. Le premier d’entre eux est, bien évidemment, une virtuosité sans conteste mêlée à une intense musicalité. Artistes d’envergure, musiciens fins et généreux, les organistes invités depuis plusieurs années sont aussi remarquables, pour la plupart, par leur jeunesse. C’est bien là, d’ailleurs, ce qui rend ces concerts uniques. Maîtres de leur technique et de leur pouvoir évocateur et de leur sensibilité comme des musiciens qui auraient cinquante ans de carrière, ces jeunes musiciens témoignent aussi d’une générosité et d’un enthousiasme qui est celle de leur jeune âge mais aussi de personnes bien nées. Nombre d’entre eux, d’autre part, ont posé leurs doigts sur les claviers des deux instruments pour la première fois, comme Laurent Jochum, la semaine dernière, qui a démontré, lui aussi, un talent de haut niveau et une capacité d’adaptation incroyable : arrivé et reparti comme un supersonique, il n’a que très peu répété sur l’un et l’autre instrument, malgré les différences qui les émaillent et leurs caractéristiques propres, jonglant entre les visites des Journées du patrimoine et un agenda serré -arrivé de Paris le vendredi soir, il était reparti le dimanche à 22h !

C’est Sarah Kim qui clôturera la série ce samedi 27 septembre à Saint-Barnard, à 17h30. Cette toute jeune organiste, est actuellement l’une des plus recherchée en France et à l’étranger. Son immense talent est maintenant bien connu et Romans peut s’enorgueillir de l’avoir invitée alors que, fraîchement arrivée en France et diplômée par le Conservatoire national supérieur de Paris, elle était invitée pour la première série des Double Jeu ! Les ovations debout qui avaient marqué ses deux prestations ont signé la reconnaissance d’une artiste majeure, alliant force et délicatesse, subtilité et assurance. Chacune de ses prestations accroît encore son aura : elle donnait, ce printemps, un superbe concert à Saint-Eustache, à Paris, couronnant son programme par la transcription, à quatre mains, des « Danses symphoniques » de Rachmaninov, interprétées avec le Maître Jean Guillou. Sa curiosité musicale l’entraînait, peu après, à tenir la partie d’orgue Hammond de « Le Balcon », un opéra de Peter Eötvös d’après la pièce de Jean Genet. Née en Allemagne, Sarah Kim, australienne d’origine coréenne, découvrit la musique dès l’âge de cinq ans à travers l’étude du piano et du violon. Quelques années plus tard, elle décida de se tourner vers l’orgue. En 2005, elle entreprit une Licence de Musique au Conservatoire de Sydney dans la classe de Philip Swanton et obtint son diplôme avec la mention très bien, ainsi que la Médaille de l’Université. Elle remporta les premiers prix aux concours d’orgue de Sydney, de Newcastle ainsi qu’au Festival « Eisteddfod » de Warringah et reçut le titre d’ »organ scholar » à l’université de Sydney. Sarah Kiim s’est déjà produite en soliste dans les principales salles de concerts australiennes, en particulier sur le fameux orgue de l’Hôtel de Ville de Sydney, ainsi que lors du cinquantième anniversaire du grand orgue de l’Opéra. Elle a également joué avec orchestre et chœurs, tels que l’Orchestre Symphonique et le Choeur de Chambre de Sydney, l’Orchestre de Jeunes d’Australie. Sa carrière de concertiste l’amène à donner des récitals dans des lieux et festivals prestigieux en France, Grande-Bretagne, Hollande, Italie, Suède dont Westminster Abbey à Londres, la Cathédrale d’Uppsala (Suède), Saint-Louis des Invalides à Paris, le Festival d’orgue de Saint-Eustache, Notre-Dame de Paris.

Les programmes proposés par la jeune musicienne sont d’une belle envergure ! A Romans, elle commencera son concert avec la « Pièce héroïque » de César Franck, oeuvre imposante et dont on doit rendre la force sans trop d’emphase. La délicate « Sicilienne » de Maurice Duruflé mettra en valeur la poésie de son jeu, ainsi que la « Pièce d’orgue » et la « Quatrième sonate en trio » de Bach. Un choral de Brahms (« Herzlich tut mich verlangen ») et deux mouvements de la « Troisième Symphonie  » de Louis Vierne donneront toute la mesure du talent de Mademoiselle Kim. A Saint-Antoine-l’Abbaye, elle jouera la « Fantaisie » en « Pièce d’orgue » et la « Troisième Sonate en trio » de Bach, la « Sonate en fa majeur » de Carl-Philip-Emmanuel, l’un des fils du glorieux Johann-Sebastian, des extraits de la « Suite du deuxième ton » du français Jean-Adam Guilain (Tierce en Taille, Duo, Basse de Trompettte, Dialogue) et, pour conclure, deux oeuvres plus récentes de Jehan Alain (1911/1940) : les « Variations sur un thème de Clément Jannequin » et ses célèbres « Litanies ».

Ces deux concerts vraiment exceptionnels seront donnés le samedi 27 septembre à Saint-Barnard à 17h30 et le dimanche 28 septembre à Saint-Antoine-l’Abbaye à 17h00. Ils sont gratuits ! Ne vous en privez pas !

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Double Jeu ! de Laurent Jochum

Les Double Jeu !, s’ils ont en commun de faire entendre à Romans et Saint-Antoine-l’Abbaye, la crème des organistes actuels, tous plus talentueux et généreux dans leur approche humaine et musicale, n’en présentent pas moins, d’une semaine sur l’autre, de radicales différences qui en font tout l’intérêt et l’originalité. Après Henri Pourtau, qui jouait pour la première fois à ces deux tribunes, ce fut Hervé Désarbre qui surprit, le mot est faible, son public néanmoins enchanté épar tant de jovialité musicale assurée par une technique parfaite. Avec un programme plus classique, mais un talent d’une égale envergure, les Amis de l’orgue de Saint-Barnard, et leurs camarades de Saint-Antoine-l’Abbaye, reçoivent, pour la première fois aussi, Laurent Jochum, titulaire des grandes orgues de l’église Saint Jean-Baptiste-de-Belleville et de la Chapelle du collège et lycée Saint Louis-de-Gonzague à Paris. D’abord élève de Raphaëlle Garreau de Labarre, il suivit l’enseignement d’André Stricker au conservatoire national de région de Strasbourg, puis de Louis Robilliard au CNR de  Lyon, où il obtient un premier prix avec félicitations à l’unanimité du jury en 1997 et un premier prix de perfectionnement l’année suivante. Profitant des conseils de Vincent Warnier, Jean-Charles Ablitzer, Jean Boyer et Thierry Escaich, il est lauréat du concours international d’orgue de Lorraine et du grand prix d’orgue inter-conservatoires d’Angers. Son parcours de concertiste lui a permis d’accompagner  de nombreux chœurs (Petits chanteurs de Fourvière, Chœur de l’Armée française, Maîtrise Saint-Louis-de-Gonzague…). Ses concerts l’ont conduit à se produire à de prestigieuses tribunes parisiennes (Notre-Dame, Saint-Etienne-du-Mont, La Madeleine, Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux, Sainte Clotilde…), en province et à l’étranger, de Guernesey à la Grèce, de l’Azerbaïdjan au Sultanat d’Oman et récemment aux Etats-Unis et au Canada.

Le programme du concert de Laurent Jochum, à Romans, débutera par un bel éventail de pièces de Bach : la brillante „Sinfonia“ de la 29ème cantate, le choral „Homme, pleure sur tes lourds pêchers“ et le „Concerto en la mineur“, d’après Antonio Vivaldi. On entendra ensuite un superbe hommage à Bach, avec la „Première fugue sur B.A.C.H.“ de Robert Schumann. Restant dans l’époque romantique, on pourra entendre la « Sixième Sonate » de Félix Mendelssohn, le choral « Herzlich tut mich verlangen », écrit par Brahms à la fin de sa vie et le superbe et virtuose « Final » de la « Première Sonate » d’Alexandre Guilmant, auteur français un peu oublié mais qui fit beaucoup, au début du XXème siècle, pour la redécouverte de la musique ancienne.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, Laurent Jochum jouera, de François Couperin, des extraits de la « Messe des couvents » (Plein Jeu, Premier couplet du Kyrie, Fugue sur la trompette, deuxième couplet du Kyrie, Récit de chromhorne, Trio à deux dessus de chromhorne et la basse de tierce, quatrième couplet du Kyrie, Dialogue sur la trompette du grand clavier, et sur la montre, le bourdon et le nazard du positif, Offertoire sur les grands jeux, Sanctus, Plein Jeu, Récit de cornet, Agnus, Dialogue sur les grands jeux, le « Concerto en la mineur » de Bach d’après Vivaldi, le fameux et superbe choral « Schmücke dich, o liebe Seele » et le Prélude et fugue en sol majeur. On entendra aussi, de Georg Boehm, une partita (une suite de variations) sur le choral “Ach wie nichtig, ach wie flüchtig”.

Ces deux concerts sont gratuits : samedi à 17h30 à Saint-Barnard, dimanche à 17h à Saint-Antoine-l’Abbaye.Laurent-Jochum

 

 

 

Double Jeu ! d’Hervé Désarbre

L’orgue et son répertoire présentent une telle diversité qu’ils peuvent effrayer plus d’un mélomane. Chaque instrument étant unique, cela complique d’autant la question. Le contexte religieux, qui ne concerne cependant qu’un tiers des œuvres écrites pour l’instrument à tuyaux, continue de rebuter une partie du public. Cinq siècles d’histoire de la musique et les œuvres de ceux qui furent parmi les plus immenses musiciens de l’histoire nous contemplent du haut de la tribune (le hiératisme des immenses façades aux tuyaux rigides ne facilitant pas l’affaire) !…

C’est bien à une entreprise de démystification que le second Double Jeu ! des Amis de l’orgue de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye convient le public le plus large. En invitant, une nouvelle fois, Hervé Désarbre, l’organiste de l’église du Val-de-Grâce à Paris, c’est avec l’assurance de sortir du concert avec le sourire, le cœur frais et l’esprit vivifié que tout un chacun pourra envisager ce moment musical étonnant et très original. Si inattendu qu’il puisse paraître, le programme de ce concert n’en est pas moins bâti avec science et esprit. Il s’inspire du « Jeu de Robin et Marion » qui aurait été écrit par Adam de la Halle en Sicile, entre 1282 et 1284. Construit selon les canons d’une pastourelle, cette oeuvre étonne par son idée originale et sa réalisation d’une rare habileté : alternant les dialogues avec les chants et les danses, il se termine par tout un divertissement rustique, repas sur l’herbe, jeux, figures de ballet et farandole finale. L’argument est très simple : un chevalier, Aubert, rencontre Marion, une jeune bergère, près d’une forêt. Il tente de la séduire, mais celle-ci, amoureuse de Robin, un paysan de son village, repousse ses avances. Les chansons qui rythment la pièce ne sont pas, pour la plupart d’entre elles, de la plume d’Adam de la Halle, mais des chansons connues du public de l’époque, que l’auteur a sélectionnées pour les faire coller à l’argument de sa pièce. Ainsi, au gré des rebondissement de ce conte galant, l’organiste jouera des oeuvres rarement entendues de Louis-James-Alfred Lefébure-Wély (« Fantaisie sur La Flûte enchantée de Mozart »), Dimitri Kabalevsky, du jeune Julien Bret (une « Bouillabaisse » et un « Cervelas en brioche » dans l’esprit de la musique des orgues de cinéma que l’on pouvait entendre dans les années 1930), ainsi que du Padre Davide (1791-1863), de Giovanni Battista Grazioli (1746-1828) du québécois Denis Bédard (une œuvre dédiée à son chat), James Hewitt (1770-1827), Ian Curror (né en 1949) et Matthias Nagel (des variations jazzy sur un cantique luthérien…).  L’originalité de ce concert n’es repose pas moins sur les solides compétences de l’organiste invité. Hervé Désarbre, né en 1957 à Roanne, a étudié avec l’organiste et compositeur Aloÿs Claussmann, avant de se perfectionner au C.N.R de Lyon puis dans la classe d’orgue du Maître André Fleury à la Schola Cantorum. En 1975, il fut nommé organiste de l’église St Louis de Roanne puis, en 1993, titulaire de l’orgue historique du Val-de-Grâce, à Paris. En 2005, il reçut le titre d’organiste du ministère de la Défense. Il a joué en soliste avec différents chœurs, ensembles et orchestres français et étrangers. Il s’est produit à Paris, en province, de la Belgique à l’Ouzbékistan, de la Serbie à l’Allemagne et régulièrement en Russie : à Moscou, il a déjà joué dans la grande salle du Conservatoire Tchaïkovsky (dont il a reçu la médaille d’honneur). A l’initiative des Affaires étrangères, il donnait une tournée à Moscou et au Tatarstan pour la clôture de « l’Année de la France en Russie ». Il a créé nombre d’œuvres contemporaines, pour orgue seul ou avec orchestre, et a enregistré une quinzaine de disques. Il a participé aux jurys des Concours Edison Denisov, Concours Chostakovitch, Concours d’orgue Alexander Gedicke… Membre de la Famille Camillienne, il est aussi directeur artistique des Editions Le Chant du Monde, et titulaire honoraire de l’orgue historique de Renaison, ville dont il a reçu récemment la médaille.

Ce concert sera donné deux fois, avec un programme identique (et c’est une rare exception gracieusement consentie à l’originalité des idées d’Hervé Désarbre dans le cadre de cette série de concerts !) à Romans le samedi 13 septembre à 17h30 et le lendemain à Saint-Antoine-l’Abbaye à 17h30. Les différences fondamentales de style et de sonorité qui éloignent les deux instruments feront que ce programme sera radicalement différent : on est donc invité à venir l’écouter deux fois !

Hérvé Désarbre

Double Jeu ! d’Henri Pourtau

Si l’été a été calme à Saint-Barnard, il n’en a pas été de même au près des autres tribunes d’orgue du département, à en juger par le tract édité récemment qui recense les concerts d’orgue des collégiales (Valence, Die et Saint-Paul-Trois-Châteaux) et collégiales (Romans, Grignan, Montélimar et Saint-Donat) de la Drôme (quelques exemplaires sont encore à disposition à Saint-Barnard et des les offices du tourisme). Si les organistes sont souvent isolés aux commandes de leur instrument, ce document montre qu’ils savent se réunir pour proposer des activités riches et des concerts variés.

Ce sera le cas encore cette année avec ces concerts Double Jeu ! dont l’initiative revient, conjointement, aux Amis de l’orgue de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye qui ont uni leurs forces pour proposer, durant le mois de septembre, des moments musicaux d’une qualité encore plus grande que celle, déjà unanimement saluée, des autres moments de leur programmation propre. Ainsi, ce sont des « pointures » qui sont invitées à donner un concert, le samedi à Romans et le dimanche à Saint-Antoine-l’Abbaye. Pour qui aura déjà entendu ces deux instruments, l’idée pourra sembler un véritable défi : c’est, en effet, le cas ! Dissemblables au possibles, tant par leur taille, le nombre de leurs claviers, leurs qualités sonores si différentes, les deux instruments appellent des programmes très différents (quelques points communs sont possibles…) et des techniques de jeu appropriées qu’une notable maîtrise permet seule de pratiquer d’une façon si rapprochée. N’est pas maître de l’exercice qui veut !

De jeunes musiciens sont régulièrement invités, issus des meilleures classes, passés chez les plus grands Maîtres et déjà tout armés d’un talent confondant -ainsi que de natures souvent généreuses. Des talents plus confirmés se mêlent aussi à ce programme haut en surprises et beaux moments musicaux.

C’est Henri Pourtau, de Cannes, qui ouvre la série. Né à Cannes en 1954, il s’est consacré, après ses études au Conservatoire de Nice, à la promotion culturelle de sa ville natale. Il a ainsi créé l’Association des Amis de l’Orgue dont il est l’actuel directeur artistique. Professeur-fondateur de la classe d’orgue du Conservatoire à rayonnement départemental, il est également Conservateur des orgues de la Ville de Cannes. A ce titre, il a en charge la protection et l’enrichissement du parc instrumental de la commune. Titulaire du grand orgue de Notre-Dame-de-Bon-Voyage, il mène une carrière européenne d’organiste (concerts et master-classes) principalement en Europe ainsi qu’aux USA.

A Romans, le samedi 6 septembre à 17h30, Henri Pourtau jouera le « Livre d’orgue » de Pierre du Mage (1674-1751). Typique de l’écriture baroque française, cette suite met en valeur les timbres de l’instrument à la manière de solistes instrumentaux (successivement : Plein Jeu , Fugue, Trio, Tierce en taille, Basse de Trompette, Récit, Duo et Grand Jeu). La musique du XVIIIème siècle sera encore à l’honneur avec Bach, dont on entendra ensuite deux préludes de choral pour le Magnificat (Fuga sopra il Magnificat BWV 733 et « Meine Seele erhebt den Herren » BWV 648) et le compositeur anglais William Walond (« Cornet Voluntary » en deux mouvements). Le programme s’orientera avec deux versants très opposés du XIXème siècle français. On entendra deux pièces de l’original Louis-James-Alfred Lefébure-Wély (« Pastorale en sol majeur » et « Sortie en si bémol ») et deux autres, plus rigoureuses et lyriques, de César Franck (le célèbre « Prélude, Fugue et Variation » et la majestueuse « Pièce héroïque »).

A Saint-Antoine-l’Abbaye, le dimanche 7 septembre à 17h00, le programme comprendra la « Chaconne en sol » de Louis Couperin, ancêtre du grand François, la « Pièce d’orgue » de Guillaume-Antoine Calvière (1695-1755) et, engageant un parcours européen que cet instrument permet grâce à la splendeur de ses sonorités, le « Tiento de falsas 7ème tono » de Bernabé (Espagne, XVIIème siècle), le « Tiento de mano derecha y al medio a dos tiples primo tono » de Pablo Bruna (1611-1679).

 

L’entrée de ces deux concerts est libre, avec participation aux frais d’organisation.

Henri-Pourtau

 

Double Jeu ! d’Elise Rollin, samedi 28 septembre à 17h30

Le public qui aura assisté aux deux concerts du Double Jeu ! de Paul Goussot, ce dernier week-end à Romans et à Saint-Antoine-l’Abbaye, n’aura pas manqué d’être particulièrement gâté par l’éblouissant et généreux talent de ce jeune musicien. Faisant fi des difficultés techniques, improvisant avec une aisance souveraine, et s’appropriant les deux instruments aux si différentes caractéristiques, l’organiste offrait deux superbes concerts qui s’inscriront dans la mémoire des mélomanes.

Pour conclure la série, les deux associations organisatrices accueilleront une fine et élégante musicienne qui ravira, à n’en pas douter, les oreilles attentives au beau jeu. Elise Rollin a étudié à l’école Nationale de Musique de Belfort, où elle a obtenu les Médailles d’or et Prix de perfectionnement d’Orgue (dans la classe de Jean-Charles Ablitzer), de piano (dans la classe de Claude Ruyer) et de musique de chambre. Au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon, elle a obtenu le premier Prix d’orgue dans la classe de Jean Boyer. Elle s’est spécialisée ensuite, à Milan, dans le département de musique ancienne de la Scuola Civica di Musica, auprès de Lorenzo Ghielmi. Elle enseigne au Conservatoire de Belfort et à l’École Municipale de Musique d’Héricourt. Sa carrière de concertiste l’a conduite à donner des récitals d’orgue ou de piano (en solo, en formation sonate, ou avec orchestre) en France et à l’étranger (Cathédrale Notre-Dame de Paris, Primatiale de Lyon, Strasbourg, Saint-Tropez, Dieppe, Porrentruy, Milan, Troyes, Rennes, Saint-Etienne de Baïgorry, Valence, Grenoble…). Elle est cotitulaire de l’orgue historique de Saint-Ursanne en  Suisse.

Pour sa prestation à Saint-Barnard, samedi 28 septembre à 17h30, Elise Rollin a choisi des oeuvres de Bach (Pièce d’Orgue en sol majeur et choral « Liebster Jesu, wir sind hier » BWV 731), Mozart (Andante en fa majeur), Couperin (Offertoire sur les grands jeux), Buxtehude (Praeludium en ré majeur), Pachelbel (Chaconne en fa mineur) et Mendelsohnn (Sixième Sonate op. 65).

A Saint-Antoine-l’Abbaye, dimanche 29 septembre à 17h00, la musicienne donnera un programme très riche et témoignant de l’infinie richesse de la musique ancienne européenne (se plaçant ainsi dans la thématique qui irrigue le festival annuel) : des danses d’Attaignant, compositeur né en 1494, des œuvres espagnoles (Pavane et Variation de Cabezon, Tres Glosas sobra el Canto llano de la Immaculada Concepcion de Correa de Arauxo, Batalla de Jimenez), une Chaconne de Louis Couperin, des extraits de la Messe des couvents de François Couperin, l’élégant Baleto del Granduca de Jan Pieterszoon Sweelinck, des pièces anonymes anglaises ainsi qu’une Passacaille de l’allemand Buxtehude.

L’orgue, à quelque époque que ce soit, est un instrument qui a stimulé la créativité des ses facteurs et des compositeurs, les uns sollicitant les autres pour accroître les possibilités de constructions sonores toujours plus grandes. Ainsi, les instruments de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye se réclament d’esthétiques sonores radicalement différentes : plus proches du monde symphonique de la fin du XIXème siècle  à Saint-Barnard, et typique de l’art baroque français du XVIIIème siècle en Isère. Si le public peut, en un week-end, parcourir une grande partie du répertoire (les musiciens invités étant obligés à établir deux programmes très différents en raison des caractéristiques des deux instruments), c’est au prix de prouesses de virtuosité et de superbe aisance dont font preuve les organistes invités pour ces Double Jeu ! de septembre. C’est aussi grâce aux efforts conjugués de deux associations très impliquées !

Double Jeu ! d'Elise Rollin, samedi 28 septembre à 17h30 dans Double jeu sam_9077-2-300x225

Double Jeu ! de Paul Goussot, samedi 21 septembre à 17h30

Les concerts de la série Double Jeu !, initiée par les Amis de l’orgue de Saint-Barnard en étroite collaboration avec leurs collègues de Saint-Antoine-l’Abbaye, se suivent et se ressemble assez peu ! Les deux premières prestations ont été remarquées. Louis-Noël Bestion de Camboulas s’est plu à mettre en valeur un programme d’une particulière poésie, marqué notamment par deux transcriptions d’œuvres de Debussy et Fauré mises en regard de celles de Jehan Alain. Frédérique Gros, quant à elle, faisait découvrir des œuvres très rarement jouées de Jean Françaix. Les prestations antonines étaient de ces deux musiciens faisaient preuve des mêmes qualités unanimement saluées par les auditeurs.

Ce samedi 21 septembre, c’est Paul Goussot, titulaire de l’orgue Dom Bedos de Celles de l’ancienne abbatiale Sainte-Croix de Bordeaux, qui sera aux commandes de l’orgue de la collégiale Saint-Barnard. Paul Goussot a obtenu le premier grand prix d’improvisation au 26e Concours international d’orgue de Saint-Albans (Royaume-Uni) en 2009. Lauréat du concours international d’orgue Musica Antica de Bruges (Belgique) et du Concours international d’orgue de Saint-Maurice (Suisse), il a remporté en 2007 le premier prix d’improvisation au Concours international d’orgue de Luxembourg. En juillet 2012, il a obtenu le premier prix et le prix du public au Concours international d’improvisation à l’orgue de Haarlem (Amsterdam). Né en 1984 à Bordeaux, il a obtenu au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris les premiers prix de clavecin, d’orgue, d’harmonie, de contrepoint, de fugue et formes, de basse continue et d’improvisation au clavier. Durant sa jeune carrière, ce musicien déjà reconnu s’est produit, à l’orgue comme au clavecin, dans des lieux prestigieux : cathédrale Notre-Dame de Paris, Chartres ainsi qu’aux festivals de La Chaise-Dieu, Monaco, Dudelange, Magadino, Naumburg ainsi qu’aux États-Unis. En effet, en 2009, il est nommé «jeune artiste en résidence» à la cathédrale de La Nouvelle-Orléans. Il s’est signalé, lors de ce séjour, par la qualité des improvisations qui accompagnaient le film La Passion de Jeanne d’Arc de Carl Dreyer qui a reçu le prix du meilleur spectacle de l’année. En janvier dernier, à l’occasion du centenaire de la première publication de Fantômas, il a accompagné sur un orgue de cinéma le film muet Le Mort qui tue au musée d’Orsay, à Paris.

Musicien éclectique, tout aussi à l’aise dans l’interprétation de la musique ancienne que plus récente, dans l’improvisation dans le style de chaque époque, ce musicien complet est aussi transcripteur et accroît ainsi le répertoire de son instrument. A Romans, Paul Goussot jouera des œuvres de Bach (Sinfonia de la Cantate 149), sa transcription du choral « Mortifie nous par ta bonté » de Bach et de l’allegretto de la Septième Symphonie de Beethoven, l’une des Etudes en forme de canon de Schumann, ainsi que le Prélude en sol mineur de Pierné, le Final de la Première Sonate pour orgue de Guilmant, grand pédagogue et redécouvreur de la musique ancienne au début du XXème siècle. Fidèle à son habitude, Paul Goussot proposera une improvisation en fin de programme. A Saint-Antoine-l’Abbaye, dimanche 22 septembre à 17h00, c’est justement par une improvisation dans le style baroque français qu’il commencera son programme qui comportera ensuite des œuvres de Purcell (Voluntary en sol), Haendel (Variation du Quatrième Concerto pour orgue), Fischer (Prélude « Uranie »), Kerll (Passacaille), Telemann (Chaconne du « Quatuor Parisien »). Ce programme très élaboré et érudit s’achèvera par la transcription, par le jeune musicien, de la grande Chaconne pour violon de Bach. La qualité musicale sera, à n’en pas douter, au rendez-vous de ces Double Jeu !

Double Jeu ! de Paul Goussot, samedi 21 septembre à 17h30 dans Double jeu paul-goussot-209x300

Double Jeu ! de Frédérique Gros, samedi 14 septembre à 17h30

Les Journées européennes du patrimoine, ce week-end des 14 et 15 septembre, sont le moment où de nombreuses découvertes se font au coin des monuments que l’on peut exceptionnellement découvrir, au gré de pans du patrimoine généralement peu accessibles, soit qu’ils se trouvent derrière une porte trop souvent close ou qu’un oubli injuste les recouvre. C’est à tout cela que les Amis de l’orgue de Saint-Barnard invitent le public durant ce prochain week-end. Ainsi, il sera possible de découvrir de plus près les mystères du fonctionnement de l’orgue de la collégiale en accédant à la tribune, sous la conduite de Jean-Michel Petit, organiste titulaire, et des membres de l’association des Amis de l’orgue, ce dimanche entre 15h00 et 18h00.

Auparavant, un concert d’une rare originalité aura permis aux mélomanes de (re)découvrir la musique de Jean Françaix. En effet, Frédérique Gros, organiste de la cathédrale du Puy-en-Velay se lancera, samedi 14 septembre à 17h30, dans l’interprétation intégrale de l’œuvre d’orgue de ce compositeur quelque peu oubliée. La musicienne s’est consacrée à l’orgue après de sérieuses études de piano. Au Conservatoire de Saint-Etienne, elle a obtenu une Médaille d’Or à l’unanimité, ainsi que les Premiers Prix de formation musicale, musique de chambre, harmonie et contrepoint. Par la suite, elle s’est perfectionnée au C.N.R. de Dijon auprès de l’organiste, compositeur et improvisateur Jean-Pierre Leguay, titulaire de l’orgue de Notre-Dame de Paris, et obtiendra le Prix de Perfectionnement et le Premier Prix Supérieur Inter-Régional. Tout en poursuivant ses études d’orgue au C.N.R. de Montpellier, sa curiosité l’incite à aborder d’autres instruments tels le hautbois et le piano-jazz. Frédérique Gros a également profité des conseils de Maîtres tels Michel Chapuis, Michael Radulescu ou Jean-Claude Henry avant d’obtenir le Diplôme d’Etat de professeur d’orgue. Pédagogue dynamique, Frédérique Gros consacre une grande partie de son temps à l’enseignement de l’orgue et du piano. Éclectique dans ses goûts, son répertoire s’étend du baroque à la chanson contemporaine, des duos d’orgue à la création d’accompagnements et des continuos aux transcriptions.

Jean Françaix est né au Mans, le 23 mai 1912. Ses dons musicaux exceptionnels se sont développés en toute liberté grâce à un entourage familial favorable. Son illustre professeur Nadia Boulanger déclare à sa mère: « Madame, je ne sais pas pourquoi nous perdons du temps à lui apprendre l’harmonie, il sait l’harmonie. Je ne sais pas comment, mais il la sait, il est né la sachant. Faisons du contrepoint ». Ravel encourage aussi ses enfantins débuts ! Sa musique, plus tard dirigée par les plus grands chefs, comprend seize ballets, un immense oratorio créé en 1942 (« L’Apocalypse selon Saint-Jean »), cinq opéras et opéras comiques (« La main de gloire », « La Princesse de Clèves ») unanimement salués par une critique particulièrement élogieuse. Son « Diable boiteux », entièrement bissé lors de sa création, côtoie d’autres œuvres pour chœur.Sa musique de chambre est cependant plus régulièrement jouée et enregistrée, ainsi que ses nombreuses œuvres concertantes. Il s’est éteint à Paris le 25 septembre 1997, à l’âge de 85 ans. Vieux réactionnaire gâteux, comme il se plaisait lui-même à le dire, en raison de son refus à appartenir à aucun mouvement doctrinaire d’avant-garde, Jean Françaix, au même titre que la fable Le Meunier, son fils et l’Ane : «  J’en veux faire à ma tête : il le fit, et fit bien  », suivit toute sa vie durant une même ligne de conduite, faisant fi des modes, du public versatile, des critiques et des opinions de ses propres confrères. Il se refusait à s’aliéner à quelque système que ce soit, à sacrifier son indépendance d’esprit, à restreindre le champ de sa création musicale. Tout comme les Ravel, Chabrier, Poulenc ou  Sauguet, Jean Françaix s’inscrit dans la grande tradition des musiciens français. Comme Debussy, il veut faire plaisir avec sa musique.

Frédérique Gros jouera donc l’intégrale des œuvres de Françaix : la Marche solennelle, la Messe de mariage, la Suite Carmélite et la Suite Profane.

Ce concert étant inscrit dans le cycle Double Jeu !, la musicienne donnera, le lendemain à Saint-Antoine-l’Abbaye à 17h00, un programme tout aussi étonnant qui mettra en miroir des œuvres du XVIIIème siècle (Christoph Graupner, Wolfgang A. Mozart, Dietrich Buxtehude) et de notre époque (György Ligeti, Petr Eben, Arvo Pärt).

L’entrée de ces deux concerts est libre et gratuite.

 Double Jeu ! de Frédérique Gros, samedi 14 septembre à 17h30 dans Double jeu frederique-gros-300x199

Double jeu, samedi 7 septembre à 17h30

La saison musicale 2013 des Amis de l’orgue de Saint-Barnard va permettre de retrouver, cette année encore, l’originale formule des concerts « Double jeu ! » qui permettent d’entendre un même musicien sur l’orgue de la collégiale, à Romans, et, le lendemain, à Saint-Antoine-l’Abbaye. Concept musical exigeant puisque les deux instruments, représentatifs de deux styles différents de la facture d’orgue. Les interprètes sont invités à préparer deux programmes différents, privilégiant la musique ancienne à Saint-Antoine-l’Abbaye et s’ouvrant à un répertoire plus large à Romans. C’est la richesse des instruments qui a permis de mettre sur pied cette formule de double concert qui donne à entendre, en un week-end, un large panorama de l’histoire de la musique d’orgue. Comme à l’accoutumée, les musiciens invités sont des « pointures », de jeunes virtuoses déjà bien connus. L’orgue compte, en effet, une pléiade de jeunes musiciens, attiré par cet instrument. Les entendre dans notre région est une chance et le gage de moments musicaux de grande qualité. Cette année encore, la moyenne d’âge des musiciens reçus se situe dans la trentaine !

C’est Louis-Noël Bestion de Camboulas qui ouvrira la série. Né en 1989, il baigne très tôt dans un milieu artistique fécond et débute le piano et l’orgue à l’âge de 9 ans. En 2004, il entre au Conservatoire de Nantes pour y suivre les cours d’orgue dans la classe de Michel Bourcier et étudie aussi le clavecin, la musique de chambre l’écriture et la composition. Il se perfectionne auprès de pédagogues réputés (Willem Jansen, Louis Robilliard, Loïc Mallié et Benjamin Alard). En 2007, il obtient le diplôme d’études musicales d’orgue, puis en 2008 le prix de perfectionnement dans la même discipline, le diplôme d’études musicales de clavecin. La même année, il entre au Conservatoire national supérieur musique et danse de Lyon, dans la classe de François Espinasse. Il est le co-créateur de l’ensemble « Les Surprises » qui se destine à faire revivre les chefs-d’œuvre ainsi que les œuvres encore trop méconnues des XVIIème et XVIIIème siècles. L’ensemble sera en résidence en 2012 au centre culturel de rencontre d’Ambronay. Comme claveciniste, il joue sous la direction de Paul Agnew et d’Hervé Niquet. Récemment, il a redonné vie aux œuvres des Rebel, père et fils, dont les créations n’avaient pas été entendues depuis près de 300 ans. Cette démarche a donné lieu à la recréation de l’opéra « Le Ballet de la paix » et a été récompensée par la bourse Déclics jeunes.

Ce samedi 7 septembre, à 17h30, à Saint-Barnard, Louis-Noël Bestion de Camboulas donnera un programme d’une totale originalité qui mettra parfaitement en valeur les caractéristiques orchestrales de l’instrument de la collégiale. Ainsi, à la transcription du poème symphonique « Pelléas et Mélisande » de Gabriel Fauré et de celle de l’Andante du « Quatuor à cordes » de Claude Debussy, succèderont trois œuvres de Jehan Alain (« Intermezzo », la presque orientale « Deuxième Fantaisie » et le mystérieux « Jardin Suspendu »). Une œuvre récente, du jeune compositeur Jean-Baptiste Robin, terminera ce programme : « Cercles de Danses », ouverture sur l’avenir d’un instrument à l’histoire déjà longue mais qui ne cesse d’intéresser les compositeurs actuels.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, dimanche 8 à 17h00, Louis-Noël Bestion de Camboulas jouera des œuvres de Scheidemann (« Prélude en ré » et « Magnificat »), Buxtehude (Passacaille et choral « Vater unser »), Boehm (trois chorals « Vater unser »), Bruhns (choral « Nun komm »), Sweelinck « Praeludium Pavana lachrymae »).

Pour chaque concert, l’entrée est libre, la participation aux frais forcément généreuse !

Double jeu, samedi 7 septembre à 17h30 dans Double jeu bestiondecamboulas

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