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Double Jeu ! d’Henri Pourtau

Si l’été a été calme à Saint-Barnard, il n’en a pas été de même au près des autres tribunes d’orgue du département, à en juger par le tract édité récemment qui recense les concerts d’orgue des collégiales (Valence, Die et Saint-Paul-Trois-Châteaux) et collégiales (Romans, Grignan, Montélimar et Saint-Donat) de la Drôme (quelques exemplaires sont encore à disposition à Saint-Barnard et des les offices du tourisme). Si les organistes sont souvent isolés aux commandes de leur instrument, ce document montre qu’ils savent se réunir pour proposer des activités riches et des concerts variés.

Ce sera le cas encore cette année avec ces concerts Double Jeu ! dont l’initiative revient, conjointement, aux Amis de l’orgue de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye qui ont uni leurs forces pour proposer, durant le mois de septembre, des moments musicaux d’une qualité encore plus grande que celle, déjà unanimement saluée, des autres moments de leur programmation propre. Ainsi, ce sont des « pointures » qui sont invitées à donner un concert, le samedi à Romans et le dimanche à Saint-Antoine-l’Abbaye. Pour qui aura déjà entendu ces deux instruments, l’idée pourra sembler un véritable défi : c’est, en effet, le cas ! Dissemblables au possibles, tant par leur taille, le nombre de leurs claviers, leurs qualités sonores si différentes, les deux instruments appellent des programmes très différents (quelques points communs sont possibles…) et des techniques de jeu appropriées qu’une notable maîtrise permet seule de pratiquer d’une façon si rapprochée. N’est pas maître de l’exercice qui veut !

De jeunes musiciens sont régulièrement invités, issus des meilleures classes, passés chez les plus grands Maîtres et déjà tout armés d’un talent confondant -ainsi que de natures souvent généreuses. Des talents plus confirmés se mêlent aussi à ce programme haut en surprises et beaux moments musicaux.

C’est Henri Pourtau, de Cannes, qui ouvre la série. Né à Cannes en 1954, il s’est consacré, après ses études au Conservatoire de Nice, à la promotion culturelle de sa ville natale. Il a ainsi créé l’Association des Amis de l’Orgue dont il est l’actuel directeur artistique. Professeur-fondateur de la classe d’orgue du Conservatoire à rayonnement départemental, il est également Conservateur des orgues de la Ville de Cannes. A ce titre, il a en charge la protection et l’enrichissement du parc instrumental de la commune. Titulaire du grand orgue de Notre-Dame-de-Bon-Voyage, il mène une carrière européenne d’organiste (concerts et master-classes) principalement en Europe ainsi qu’aux USA.

A Romans, le samedi 6 septembre à 17h30, Henri Pourtau jouera le « Livre d’orgue » de Pierre du Mage (1674-1751). Typique de l’écriture baroque française, cette suite met en valeur les timbres de l’instrument à la manière de solistes instrumentaux (successivement : Plein Jeu , Fugue, Trio, Tierce en taille, Basse de Trompette, Récit, Duo et Grand Jeu). La musique du XVIIIème siècle sera encore à l’honneur avec Bach, dont on entendra ensuite deux préludes de choral pour le Magnificat (Fuga sopra il Magnificat BWV 733 et « Meine Seele erhebt den Herren » BWV 648) et le compositeur anglais William Walond (« Cornet Voluntary » en deux mouvements). Le programme s’orientera avec deux versants très opposés du XIXème siècle français. On entendra deux pièces de l’original Louis-James-Alfred Lefébure-Wély (« Pastorale en sol majeur » et « Sortie en si bémol ») et deux autres, plus rigoureuses et lyriques, de César Franck (le célèbre « Prélude, Fugue et Variation » et la majestueuse « Pièce héroïque »).

A Saint-Antoine-l’Abbaye, le dimanche 7 septembre à 17h00, le programme comprendra la « Chaconne en sol » de Louis Couperin, ancêtre du grand François, la « Pièce d’orgue » de Guillaume-Antoine Calvière (1695-1755) et, engageant un parcours européen que cet instrument permet grâce à la splendeur de ses sonorités, le « Tiento de falsas 7ème tono » de Bernabé (Espagne, XVIIème siècle), le « Tiento de mano derecha y al medio a dos tiples primo tono » de Pablo Bruna (1611-1679).

 

L’entrée de ces deux concerts est libre, avec participation aux frais d’organisation.

Henri-Pourtau

 

Double Jeu ! d’Elise Rollin, samedi 28 septembre à 17h30

Le public qui aura assisté aux deux concerts du Double Jeu ! de Paul Goussot, ce dernier week-end à Romans et à Saint-Antoine-l’Abbaye, n’aura pas manqué d’être particulièrement gâté par l’éblouissant et généreux talent de ce jeune musicien. Faisant fi des difficultés techniques, improvisant avec une aisance souveraine, et s’appropriant les deux instruments aux si différentes caractéristiques, l’organiste offrait deux superbes concerts qui s’inscriront dans la mémoire des mélomanes.

Pour conclure la série, les deux associations organisatrices accueilleront une fine et élégante musicienne qui ravira, à n’en pas douter, les oreilles attentives au beau jeu. Elise Rollin a étudié à l’école Nationale de Musique de Belfort, où elle a obtenu les Médailles d’or et Prix de perfectionnement d’Orgue (dans la classe de Jean-Charles Ablitzer), de piano (dans la classe de Claude Ruyer) et de musique de chambre. Au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon, elle a obtenu le premier Prix d’orgue dans la classe de Jean Boyer. Elle s’est spécialisée ensuite, à Milan, dans le département de musique ancienne de la Scuola Civica di Musica, auprès de Lorenzo Ghielmi. Elle enseigne au Conservatoire de Belfort et à l’École Municipale de Musique d’Héricourt. Sa carrière de concertiste l’a conduite à donner des récitals d’orgue ou de piano (en solo, en formation sonate, ou avec orchestre) en France et à l’étranger (Cathédrale Notre-Dame de Paris, Primatiale de Lyon, Strasbourg, Saint-Tropez, Dieppe, Porrentruy, Milan, Troyes, Rennes, Saint-Etienne de Baïgorry, Valence, Grenoble…). Elle est cotitulaire de l’orgue historique de Saint-Ursanne en  Suisse.

Pour sa prestation à Saint-Barnard, samedi 28 septembre à 17h30, Elise Rollin a choisi des oeuvres de Bach (Pièce d’Orgue en sol majeur et choral « Liebster Jesu, wir sind hier » BWV 731), Mozart (Andante en fa majeur), Couperin (Offertoire sur les grands jeux), Buxtehude (Praeludium en ré majeur), Pachelbel (Chaconne en fa mineur) et Mendelsohnn (Sixième Sonate op. 65).

A Saint-Antoine-l’Abbaye, dimanche 29 septembre à 17h00, la musicienne donnera un programme très riche et témoignant de l’infinie richesse de la musique ancienne européenne (se plaçant ainsi dans la thématique qui irrigue le festival annuel) : des danses d’Attaignant, compositeur né en 1494, des œuvres espagnoles (Pavane et Variation de Cabezon, Tres Glosas sobra el Canto llano de la Immaculada Concepcion de Correa de Arauxo, Batalla de Jimenez), une Chaconne de Louis Couperin, des extraits de la Messe des couvents de François Couperin, l’élégant Baleto del Granduca de Jan Pieterszoon Sweelinck, des pièces anonymes anglaises ainsi qu’une Passacaille de l’allemand Buxtehude.

L’orgue, à quelque époque que ce soit, est un instrument qui a stimulé la créativité des ses facteurs et des compositeurs, les uns sollicitant les autres pour accroître les possibilités de constructions sonores toujours plus grandes. Ainsi, les instruments de Saint-Barnard et de Saint-Antoine-l’Abbaye se réclament d’esthétiques sonores radicalement différentes : plus proches du monde symphonique de la fin du XIXème siècle  à Saint-Barnard, et typique de l’art baroque français du XVIIIème siècle en Isère. Si le public peut, en un week-end, parcourir une grande partie du répertoire (les musiciens invités étant obligés à établir deux programmes très différents en raison des caractéristiques des deux instruments), c’est au prix de prouesses de virtuosité et de superbe aisance dont font preuve les organistes invités pour ces Double Jeu ! de septembre. C’est aussi grâce aux efforts conjugués de deux associations très impliquées !

Double Jeu ! d'Elise Rollin, samedi 28 septembre à 17h30 dans Double jeu sam_9077-2-300x225

Double Jeu ! de Paul Goussot, samedi 21 septembre à 17h30

Les concerts de la série Double Jeu !, initiée par les Amis de l’orgue de Saint-Barnard en étroite collaboration avec leurs collègues de Saint-Antoine-l’Abbaye, se suivent et se ressemble assez peu ! Les deux premières prestations ont été remarquées. Louis-Noël Bestion de Camboulas s’est plu à mettre en valeur un programme d’une particulière poésie, marqué notamment par deux transcriptions d’œuvres de Debussy et Fauré mises en regard de celles de Jehan Alain. Frédérique Gros, quant à elle, faisait découvrir des œuvres très rarement jouées de Jean Françaix. Les prestations antonines étaient de ces deux musiciens faisaient preuve des mêmes qualités unanimement saluées par les auditeurs.

Ce samedi 21 septembre, c’est Paul Goussot, titulaire de l’orgue Dom Bedos de Celles de l’ancienne abbatiale Sainte-Croix de Bordeaux, qui sera aux commandes de l’orgue de la collégiale Saint-Barnard. Paul Goussot a obtenu le premier grand prix d’improvisation au 26e Concours international d’orgue de Saint-Albans (Royaume-Uni) en 2009. Lauréat du concours international d’orgue Musica Antica de Bruges (Belgique) et du Concours international d’orgue de Saint-Maurice (Suisse), il a remporté en 2007 le premier prix d’improvisation au Concours international d’orgue de Luxembourg. En juillet 2012, il a obtenu le premier prix et le prix du public au Concours international d’improvisation à l’orgue de Haarlem (Amsterdam). Né en 1984 à Bordeaux, il a obtenu au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris les premiers prix de clavecin, d’orgue, d’harmonie, de contrepoint, de fugue et formes, de basse continue et d’improvisation au clavier. Durant sa jeune carrière, ce musicien déjà reconnu s’est produit, à l’orgue comme au clavecin, dans des lieux prestigieux : cathédrale Notre-Dame de Paris, Chartres ainsi qu’aux festivals de La Chaise-Dieu, Monaco, Dudelange, Magadino, Naumburg ainsi qu’aux États-Unis. En effet, en 2009, il est nommé «jeune artiste en résidence» à la cathédrale de La Nouvelle-Orléans. Il s’est signalé, lors de ce séjour, par la qualité des improvisations qui accompagnaient le film La Passion de Jeanne d’Arc de Carl Dreyer qui a reçu le prix du meilleur spectacle de l’année. En janvier dernier, à l’occasion du centenaire de la première publication de Fantômas, il a accompagné sur un orgue de cinéma le film muet Le Mort qui tue au musée d’Orsay, à Paris.

Musicien éclectique, tout aussi à l’aise dans l’interprétation de la musique ancienne que plus récente, dans l’improvisation dans le style de chaque époque, ce musicien complet est aussi transcripteur et accroît ainsi le répertoire de son instrument. A Romans, Paul Goussot jouera des œuvres de Bach (Sinfonia de la Cantate 149), sa transcription du choral « Mortifie nous par ta bonté » de Bach et de l’allegretto de la Septième Symphonie de Beethoven, l’une des Etudes en forme de canon de Schumann, ainsi que le Prélude en sol mineur de Pierné, le Final de la Première Sonate pour orgue de Guilmant, grand pédagogue et redécouvreur de la musique ancienne au début du XXème siècle. Fidèle à son habitude, Paul Goussot proposera une improvisation en fin de programme. A Saint-Antoine-l’Abbaye, dimanche 22 septembre à 17h00, c’est justement par une improvisation dans le style baroque français qu’il commencera son programme qui comportera ensuite des œuvres de Purcell (Voluntary en sol), Haendel (Variation du Quatrième Concerto pour orgue), Fischer (Prélude « Uranie »), Kerll (Passacaille), Telemann (Chaconne du « Quatuor Parisien »). Ce programme très élaboré et érudit s’achèvera par la transcription, par le jeune musicien, de la grande Chaconne pour violon de Bach. La qualité musicale sera, à n’en pas douter, au rendez-vous de ces Double Jeu !

Double Jeu ! de Paul Goussot, samedi 21 septembre à 17h30 dans Double jeu paul-goussot-209x300

Double Jeu ! de Frédérique Gros, samedi 14 septembre à 17h30

Les Journées européennes du patrimoine, ce week-end des 14 et 15 septembre, sont le moment où de nombreuses découvertes se font au coin des monuments que l’on peut exceptionnellement découvrir, au gré de pans du patrimoine généralement peu accessibles, soit qu’ils se trouvent derrière une porte trop souvent close ou qu’un oubli injuste les recouvre. C’est à tout cela que les Amis de l’orgue de Saint-Barnard invitent le public durant ce prochain week-end. Ainsi, il sera possible de découvrir de plus près les mystères du fonctionnement de l’orgue de la collégiale en accédant à la tribune, sous la conduite de Jean-Michel Petit, organiste titulaire, et des membres de l’association des Amis de l’orgue, ce dimanche entre 15h00 et 18h00.

Auparavant, un concert d’une rare originalité aura permis aux mélomanes de (re)découvrir la musique de Jean Françaix. En effet, Frédérique Gros, organiste de la cathédrale du Puy-en-Velay se lancera, samedi 14 septembre à 17h30, dans l’interprétation intégrale de l’œuvre d’orgue de ce compositeur quelque peu oubliée. La musicienne s’est consacrée à l’orgue après de sérieuses études de piano. Au Conservatoire de Saint-Etienne, elle a obtenu une Médaille d’Or à l’unanimité, ainsi que les Premiers Prix de formation musicale, musique de chambre, harmonie et contrepoint. Par la suite, elle s’est perfectionnée au C.N.R. de Dijon auprès de l’organiste, compositeur et improvisateur Jean-Pierre Leguay, titulaire de l’orgue de Notre-Dame de Paris, et obtiendra le Prix de Perfectionnement et le Premier Prix Supérieur Inter-Régional. Tout en poursuivant ses études d’orgue au C.N.R. de Montpellier, sa curiosité l’incite à aborder d’autres instruments tels le hautbois et le piano-jazz. Frédérique Gros a également profité des conseils de Maîtres tels Michel Chapuis, Michael Radulescu ou Jean-Claude Henry avant d’obtenir le Diplôme d’Etat de professeur d’orgue. Pédagogue dynamique, Frédérique Gros consacre une grande partie de son temps à l’enseignement de l’orgue et du piano. Éclectique dans ses goûts, son répertoire s’étend du baroque à la chanson contemporaine, des duos d’orgue à la création d’accompagnements et des continuos aux transcriptions.

Jean Françaix est né au Mans, le 23 mai 1912. Ses dons musicaux exceptionnels se sont développés en toute liberté grâce à un entourage familial favorable. Son illustre professeur Nadia Boulanger déclare à sa mère: « Madame, je ne sais pas pourquoi nous perdons du temps à lui apprendre l’harmonie, il sait l’harmonie. Je ne sais pas comment, mais il la sait, il est né la sachant. Faisons du contrepoint ». Ravel encourage aussi ses enfantins débuts ! Sa musique, plus tard dirigée par les plus grands chefs, comprend seize ballets, un immense oratorio créé en 1942 (« L’Apocalypse selon Saint-Jean »), cinq opéras et opéras comiques (« La main de gloire », « La Princesse de Clèves ») unanimement salués par une critique particulièrement élogieuse. Son « Diable boiteux », entièrement bissé lors de sa création, côtoie d’autres œuvres pour chœur.Sa musique de chambre est cependant plus régulièrement jouée et enregistrée, ainsi que ses nombreuses œuvres concertantes. Il s’est éteint à Paris le 25 septembre 1997, à l’âge de 85 ans. Vieux réactionnaire gâteux, comme il se plaisait lui-même à le dire, en raison de son refus à appartenir à aucun mouvement doctrinaire d’avant-garde, Jean Françaix, au même titre que la fable Le Meunier, son fils et l’Ane : «  J’en veux faire à ma tête : il le fit, et fit bien  », suivit toute sa vie durant une même ligne de conduite, faisant fi des modes, du public versatile, des critiques et des opinions de ses propres confrères. Il se refusait à s’aliéner à quelque système que ce soit, à sacrifier son indépendance d’esprit, à restreindre le champ de sa création musicale. Tout comme les Ravel, Chabrier, Poulenc ou  Sauguet, Jean Françaix s’inscrit dans la grande tradition des musiciens français. Comme Debussy, il veut faire plaisir avec sa musique.

Frédérique Gros jouera donc l’intégrale des œuvres de Françaix : la Marche solennelle, la Messe de mariage, la Suite Carmélite et la Suite Profane.

Ce concert étant inscrit dans le cycle Double Jeu !, la musicienne donnera, le lendemain à Saint-Antoine-l’Abbaye à 17h00, un programme tout aussi étonnant qui mettra en miroir des œuvres du XVIIIème siècle (Christoph Graupner, Wolfgang A. Mozart, Dietrich Buxtehude) et de notre époque (György Ligeti, Petr Eben, Arvo Pärt).

L’entrée de ces deux concerts est libre et gratuite.

 Double Jeu ! de Frédérique Gros, samedi 14 septembre à 17h30 dans Double jeu frederique-gros-300x199

Double jeu, samedi 7 septembre à 17h30

La saison musicale 2013 des Amis de l’orgue de Saint-Barnard va permettre de retrouver, cette année encore, l’originale formule des concerts « Double jeu ! » qui permettent d’entendre un même musicien sur l’orgue de la collégiale, à Romans, et, le lendemain, à Saint-Antoine-l’Abbaye. Concept musical exigeant puisque les deux instruments, représentatifs de deux styles différents de la facture d’orgue. Les interprètes sont invités à préparer deux programmes différents, privilégiant la musique ancienne à Saint-Antoine-l’Abbaye et s’ouvrant à un répertoire plus large à Romans. C’est la richesse des instruments qui a permis de mettre sur pied cette formule de double concert qui donne à entendre, en un week-end, un large panorama de l’histoire de la musique d’orgue. Comme à l’accoutumée, les musiciens invités sont des « pointures », de jeunes virtuoses déjà bien connus. L’orgue compte, en effet, une pléiade de jeunes musiciens, attiré par cet instrument. Les entendre dans notre région est une chance et le gage de moments musicaux de grande qualité. Cette année encore, la moyenne d’âge des musiciens reçus se situe dans la trentaine !

C’est Louis-Noël Bestion de Camboulas qui ouvrira la série. Né en 1989, il baigne très tôt dans un milieu artistique fécond et débute le piano et l’orgue à l’âge de 9 ans. En 2004, il entre au Conservatoire de Nantes pour y suivre les cours d’orgue dans la classe de Michel Bourcier et étudie aussi le clavecin, la musique de chambre l’écriture et la composition. Il se perfectionne auprès de pédagogues réputés (Willem Jansen, Louis Robilliard, Loïc Mallié et Benjamin Alard). En 2007, il obtient le diplôme d’études musicales d’orgue, puis en 2008 le prix de perfectionnement dans la même discipline, le diplôme d’études musicales de clavecin. La même année, il entre au Conservatoire national supérieur musique et danse de Lyon, dans la classe de François Espinasse. Il est le co-créateur de l’ensemble « Les Surprises » qui se destine à faire revivre les chefs-d’œuvre ainsi que les œuvres encore trop méconnues des XVIIème et XVIIIème siècles. L’ensemble sera en résidence en 2012 au centre culturel de rencontre d’Ambronay. Comme claveciniste, il joue sous la direction de Paul Agnew et d’Hervé Niquet. Récemment, il a redonné vie aux œuvres des Rebel, père et fils, dont les créations n’avaient pas été entendues depuis près de 300 ans. Cette démarche a donné lieu à la recréation de l’opéra « Le Ballet de la paix » et a été récompensée par la bourse Déclics jeunes.

Ce samedi 7 septembre, à 17h30, à Saint-Barnard, Louis-Noël Bestion de Camboulas donnera un programme d’une totale originalité qui mettra parfaitement en valeur les caractéristiques orchestrales de l’instrument de la collégiale. Ainsi, à la transcription du poème symphonique « Pelléas et Mélisande » de Gabriel Fauré et de celle de l’Andante du « Quatuor à cordes » de Claude Debussy, succèderont trois œuvres de Jehan Alain (« Intermezzo », la presque orientale « Deuxième Fantaisie » et le mystérieux « Jardin Suspendu »). Une œuvre récente, du jeune compositeur Jean-Baptiste Robin, terminera ce programme : « Cercles de Danses », ouverture sur l’avenir d’un instrument à l’histoire déjà longue mais qui ne cesse d’intéresser les compositeurs actuels.

A Saint-Antoine-l’Abbaye, dimanche 8 à 17h00, Louis-Noël Bestion de Camboulas jouera des œuvres de Scheidemann (« Prélude en ré » et « Magnificat »), Buxtehude (Passacaille et choral « Vater unser »), Boehm (trois chorals « Vater unser »), Bruhns (choral « Nun komm »), Sweelinck « Praeludium Pavana lachrymae »).

Pour chaque concert, l’entrée est libre, la participation aux frais forcément généreuse !

Double jeu, samedi 7 septembre à 17h30 dans Double jeu bestiondecamboulas

Double Jeu ! d’Emmanuel Hocdé, samedi 29 septembre à 17h30

Au risque de se répéter, on doit tout de même se rendre à l’évidence : on entend, chaque samedi de septembre, de bien belles choses à Saint-Barnard… Les Double Jeu ! organisés par les Amis de l’orgue de la collégiale accueillent, cette année encore, des musiciens de grande valeur : de véritables « pointures ». Dernière en date, Vérouchka Nikitine a prouvé, lors de ses prestations, que force et légèreté peuvent s’associer en une gracieuse musicienne capable de restituer les phrasés élégants que requiert la musique baroque et la puissance épique que déclenche le répertoire romantique. Périple follement romantique à Saint-Barnard en compagnie de Liszt et Wagner, panorama européen à Saint-Antoine où Scarlatti côtoyait notamment Rameau : ces concerts furent des moments d’une rare intensité, portés par un organiste au tempérament vibrant !  
Pour conclure les deux saisons musicales, toutes deux marquées par la présence d’excellents musiciens, les deux associations recevront ce prochain week-end l’organiste Emmanuel Hocdé, titulaire de Saint-Eloi à Paris. Originaire de la Mayenne, il a étudié avec le maître Gaston Litaize et Louis Robilliard, au Conservatoire National de Région de Lyon, avec lequel il a obtenu Premier Prix. Licencié en musicologie, il a aussi décroché un Premier Prix d’orgue à Paris dans la classe de Michel Chapuis et d’Olivier Latry. Ce jeune musicien est littéralement bardé de prix : Prix André Marchal, Prix du Public et Mention spéciale du Concours International d’Orgue de Biarritz. Suprême consécration en France, il décroche le Grand Prix d’Interprétation, le Prix du Public et le Prix Jean-Sébastien Bach du Concours International d’Orgue de Chartres.
Musicien d’une grande finesse et au jeu suprêmement élégant, intensément réfléchi et maîtrisé, Emmanuel Hocdé fera merveille sur ces deux orgues très différents. A Romans (samedi à 17h30), son concert s’ouvrira sur le gigantesque premier mouvement de la « Sixième Symphonie » Charles-Marie Widor, fastueuse musique qui sollicite toutes les ressources de l’instrument. Le « Concerto en ré » de Vivaldi transcrit par Bach, d’une élégance toute vénitienne, et les émouvantes « Variations sur un thème de Clément Janequin » de Jehan Alain -exemple rare et resté longtemps isolé, avant la redécouverte de ce répertoire durant les années 1960, de la musique ancienne, s’insèreront entre des extraits de la troisième et de la quatrième des « Symphonies » d’Auguste Fauchard, compositeur quelque peu oublié qui fut élève de Louis Vierne et d’André Marchal. Ravivant la connaissance de cet auteur, Emmanuel Hocdé a récemment enregistré, à Saint-Sulpice, la « Quatrième Symphonie » du chanoine compositeur qui donna près de 300 récitals et inaugura près de 70 instruments.
A Saint-Antoine (dimanche à 17h), l’organiste livrera sa vision de l’hymne « Veni creator » de Nicolas de Grigny, la « Toccata ultima » de Georg Muffat, l’immense triptyque  » Toccata, adagio et fugue » de Bach au mouvement central si lyrique. La « Chaconne » en mi et le « Concerto en ré » de Vivaldi complèteront ce programme exigeant pour les doigts et les pieds du musicien et dont le public ne manquera pas de tirer les plus intenses satisfactions.
Double Jeu ! d'Emmanuel Hocdé, samedi 29 septembre à 17h30 dans Double jeu Emmanuel-Hocdé-286x300

Double Jeu ! de Vérouchka Nikitine, samedi 22 septembre à 17h30

Les Double Jeu ! des Amis de l’orgue de Saint-Barnard sont marqués, plus encore que les autres années, par une diversité assez saisissante. La semaine dernière, Hervé Désarbre a donné deux programmes d’une originalité étonnante. Ces concerts ont montré des visages insoupçonnés de l’orgue : frais, léger, et sans chichi ! A Saint-Barnard comme à Saint-Antoine, le public ne s’y est pas trompé et n’a pas ménagé ses applaudissements.
Ce prochain week-end, les deux associations reçoivent Vérouchka Nikitine, jeune musicienne née à Paris au sein d’une famille de musiciens. Elle a été formée par des professeurs prestigieux : Jean Guillou, Marie-Louise Langlais et Eric Lebrun pour l’orgue, Igor Lazko pour le piano et Pierre Pincemaille pour l’improvisation. Lauréate du Grand Prix André Monsaigeon de la Bachgesellschaft en 2006, Prix du meilleur espoir du troisième Concours international d’orgue de la Ville de Paris et Prix spécial du Concours d’orgue de Ljubljana (Slovénie), elle est titulaire de l’orgue Cavaillé-Coll de Saint-Vincent-de-Paul à Paris. Elle se produit souvent avec sa sœur Katerine, pianiste émérite, dans un duo recherché piano et orgue.
D’une virtuosité qui lui permet de faire fi de toutes les difficultés, elle donnera à Saint-Barnard (samedi 22 à 17h30) un programme romantique tout de puissance. Précédées de l’impressionnant portail que constituera le « Prélude et fugue sur B.A.C.H. » de Liszt, trois transcriptions d’extraits d’opéras de Richard Wagner (« Chœur des pèlerins » et « Romance à l’étoile », extraits de « Tannhäuser », « Mort d’Isolde », extrait de « Tristan et Isolde ») transcrits par Liszt lui-même s’associeront naturellement à deux œuvres de Louis Vierne : le délicat et sarcastique « Scherzo » de la « Deuxième Symphonie » et l’impressionnante « Toccata ». Une improvisation de l’interprète s’insèrera aussi dans le programme.
A Saint-Antoine, le dimanche 23 à 17h00, la musicienne donnera un panorama de la musique européenne du XVIIIe siècle avec des œuvres de José Jimenez (une « Batalla »), une des deux « Suites » de Louis-Nicolas Clérambault, un superbe choral de Bach, un rarissime « Toccata » de Rossi ainsi que des « Sonates » de Domenico Scarlatti et deux transcriptions d’œuvres de Jean-Philippe Rameau lesquelles sonneront à merveille sur l’orgue Scherrer-Aubertin qui vient de fêter ses 20 ans.
Encore une occasion d’entendre, sur deux instruments très différents, dans des répertoires très opposés, une jeune virtuose au talent déjà reconnu.
Double Jeu ! de Vérouchka Nikitine, samedi 22 septembre à 17h30 dans Double jeu Vérouchka-Nikitine-199x300

Double Jeu ! d’Hervé Désarbre, samedi 15 septembre à 17h30

Revenir chaque semaine à Saint-Barnard n’est pas synonyme de routine !

La fougueuse Ami Hoyano, l’élégant Jean-Paul Ravel ont donné, ces derniers week-ends, la mesure de leur talent, ce dernier parcourant à Romans le répertoire romantique avec justesse.

L’éclectique Hervé Désarbre, qui leur succède ce 15 septembre, cache sous le très officiel titre d’organiste du ministère de la défense une originalité qu’on rencontre rarement dans le monde de l’orgue. Originaire de Roanne, formé auprès des meilleurs maîtres, dont l’organiste et compositeur André Fleury, Hervé Désarbre est organiste de l’église du Val-de-Grâce à Paris. Appelé dans le monde pour ses concerts, il a été amené à donner, en première audition, nombre d’œuvres nouvelles, souvent écrites à son intention.

Le programme qu’il a imaginé est, comme à l’accoutumée avec ce musicien, le prétexte d’une sorte de voyage rigoureusement organisé autour d’un fil conducteur. Pour ce Double Jeu !, l’organiste a convoqué la compagnie de personnages fictifs au caractère bien trempé qui permettront aux auditeurs de cheminer musicalement entre « Contes et légendes ». Ogres et fées, Saint-Sébastien, Oliver Twist, Lucrezia Borgia, Tancrède et la déesse Erin, Bacchus et Saint-Nicolas que les figures légendaires du Paris décrit par le jeune compositeur Julien Bret : autant de compagnons de route pour un moment musical d’une absolue fantaisie !

Deux concerts résolument situés hors de sentiers battus, là où l’orgue s’approprie les œuvres pour le clavecin ou l’orchestre qu’il restitue avec couleurs et puissance. Une occasion à ne pas manquer d’entendre l’orgue qui ne se prend pas au sérieux ! Samedi 15 septembre à 17h30, entrée libre !Double Jeu ! d'Hervé Désarbre, samedi 15 septembre à 17h30 dans Double jeu Hervé-Désarbre-185x300

Double Jeu ! de Jean-Paul Ravel, samedi 8 septembre à 17h30

Ami Hoyano, venue du Japon -ou de Belgique, a réveillé, ce samedi 1er septembre, les claviers de l’orgue de la collégiale d’une longue trêve estivale bienvenue après un mois de juin presque fou (7 manifestations !)… Un programme maîtrisé, un jeu de grande tenue, une prestation de haut vol dans la droite ligne des Double Jeu ! dont le but consiste, rappelons-le à faire entendre à Romans et à Saint-Antoine-l’Abbaye, des musiciens virtuoses.

La deuxième occurrence de la série s’inscrit dans un contexte un peu particulier. En effet, nos amis de Saint-Antoine fêtent, ce prochain week-end, les 20 ans de la restauration, par le maître facteur d’orgue Bernard Aubertin, du grand orgue Sanson Scherrer de l’abbatiale. Le samedi et le dimanche, vous pourrez approcher de près l’instrument, au cours de visites guidées (les deux jours, de 14h à 16h). Un concert sera donné par le jeune et brillant Benjamin Alard, organiste titulaire de Saint-Louis-en-l’Ile à Paris, le samedi à 20h. A tout seigneur, tout honneur, c’est Jean-Paul Ravel, titulaire de l’instrument antonin qui donnera l’audition du dimanche à 17h.

Aussi, en association encore plus étroite, nous accueillerons Jean-Paul Ravel, à Romans, pour ce Double Jeu ! un peu particulier qui marque les liens qui unissent nos deux associations. Nous savons gré à Jean-Paul Ravel d’avoir tenu à venir alors que, sûrement, d’autres activités l’appelleront, à la même heure, à Saint-Antoine !

Jean-Paul RAVEL a débuté ses études musicales à Saint-Chamond, sa ville natale. Il est entré au Conservatoire National de Région de Lyon, dans la classe d’orgue de Louis ROBILLIARD, où il a obtenu une médaille d’or à l’unanimité ainsi que le Premier Prix de Perfectionnement avec mention Très bien. Il a poursuivi sa formation au sein de la classe d’orgue, alors décentralisée à Toulouse, du Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon où il a bénéficié de l’enseignement de Xavier DARASSE auprès de qui il a obtenu le Diplôme National d’Études Supérieures de Musique. Jean-Paul RAVEL a travaillé également l’interprétation de l’œuvre d’orgue de  Jean-Sébastien BACH  sous la direction de Marie-Claire ALAIN, ainsi que le répertoire italien avec Pierre PERDIGON. Ses études musicales ont été également sanctionnées par divers diplômes des classes d’écriture, analyse, histoire de la musique et formation musicale. Il a dirigé successivement l’Ecole Municipale de Musique de La Côte-Saint-André et le Conservatoire à Rayonnement Communal d’Annonay (Ardèche). Il est organiste titulaire des instruments historiques de Saint-Antoine l’Abbaye et de l’église Saint-Pierre de Saint-Chamond et Directeur artistique de la saison « Musique à Saint-Pierre » de Saint-Chamond.

Pour ce concert, il a concocté un programme d’une absolue élégance où les compositeurs de la fin du XIXe siècle se succèderont pour mettre en valeur les timbres de l’instrument romanais. Le romantisme allemand le plus pur, celui de Schumann et de Brahms s’associera à ses héritiers plus ou moins proches: Franck et Bossi, que l’on entendra pour la première fois à Romans. Ce prolifique compositeur italien, sorte de Vierne transalpin, est un auteur trop peu connu en France et sa musique vaut vraiment le détour.

Nous aurons donc le plaisir d’entendre :

Johannes Brahms : Prélude et fugue en sol mineur
Robert Schumann : cinq Études en forme de canon (n°1, 2, 3, 5 et 6)
Marco-Enrico Bossi : Thème et variations
César Franck : Final opus 21

Venez nombreux, écouter Jean-Paul Ravel, ce samedi 8 septembre à 17h30 : l’entrée est libre et la participation aux frais, forcément généreuse !

Double Jeu ! de Jean-Paul Ravel, samedi 8 septembre à 17h30 dans Double jeu Jean-Paul-Ravel

Double Jeu ! d’Ami Hoyano, samedi 1er septembre

Au mois de septembre, on voit se dérouler des concerts d’un genre tout à fait particulier organisés par les Amis de l’orgue de Saint-Barnard, associés avec leurs collègues isérois. En effet, des organistes virtuoses sont invités à donner deux récitals consécutifs sur les deux instruments bien connus. Cet exercice peut s’avérer périlleux mais suscite nombre de bonheurs musicaux.
C’est Ami Hoyano qui ouvrira la série. Cette organiste japonaise s’est tournée vers  l’orgue et le clavecin à 16 ans. A l’Université Geidai de Tokyo elle a obtenu une licence et une maîtrise d’orgue avec mention très bien à l’unanimité. Plusieurs prix ont couronné ses prestations: 2ème prix Joseph Bossard de Bellelay (Suisse) et Premier prix du concours d’orgue international Pierre de Manchicourt de Béthune. Elle a reçu l’enseignement d’Olivier Latry au CNSM de Paris et de Bernard Foccroulle au conservatoire Royal de musique de Bruxelles. Ses nombreux récitals lui ont donné accès aux tribunes les plus prestigieuses. En 2011, elle a été nommée ambassadrice de l’orgue de Béthune.
Cette interprète de haut vol donnera, samedi 1er septembre, à Saint-Barnard à 17h30, un programme merveilleusement adapté à l’orgue de la collégiale : la Deuxième Sonate de Mendelssohn, deux Études en forme de canon de Schumann, le célébrissime Troisième Choral de Franck, le Choral dorien de Jehan Alain, et l’immense Allegro vivace de la Cinquième Symphonie de Charles-Marie Widor.
Le dimanche 2 septembre, à Saint-Antoine à 17h00, elle jouera des œuvres de Grigny, Paulet, Lasceux et Marchand.
Premiers concerts d’une série à ne pas manquer !
Double Jeu ! d'Ami Hoyano, samedi 1er septembre dans Double jeu Ami-Hoyano1-174x300
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