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Jeux d’orgue de Frédéric Munoz : un voyage dans le temps et l’espace

La diversité dont font preuve les Jeux d’orgue des Amis de l’orgue de Saint-Barnard, en ce mois de juin, est tout de même assez étonnante ! Après Dominique Joubert, qui alternait joie de vivre et intense méditation ; Muriel Groz qui s’aventurait ensuite sur les terres étranges de la musique minimaliste et Jean-Michel Petit qui accompagnait le rare et étonnant violon à archet courbe de Philippe Borer, la série de concerts s’achèvera avec une voyage dans l’espace et le temps proposé par l’organiste de l’abbatiale de Saint-Guilhem-le-Désert : Frédéric Muñoz.

Né dans une famille de tradition musicale, Frédéric Muñoz a été l’élève de Georges Laval, disciple de Xavier Darasse, avant de rencontrer Michel Chapuis à la tribune de l’orgue de Saint-Maximin, et Pierre Cochereau aux claviers de l’orgue de Notre-Dame de Paris qui décidèrent de sa vocation d’organiste. Pharmacien, il a été nommé titulaire de l’orgue historique de l’Abbaye de Saint-Guilhem- le-Désert, construit au XVIII° siècle par Jean Pierre Cavaillé. Son dynamisme lui a permis de mener à bien la construction de l’orgue espagnol de l’église des Saint-François à Montpellier ainsi que de l’orgue du Temple d’Alès, construit par Gérald Guillemin. Fervent représentant de l’esthétique baroque en France, il s’est formé auprès d’Odile Bailleux et de Michel Chapuis, mais aussi de Scott Ross, Lorenzo Ghielmi et René Saorgin. Son répertoire de prédilection va de la Renaissance à la fin du Baroque, frédéric munozmais il interprète également des compositeurs du vingtième siècle comme Jehan Alain, Eric Satie, Gyorgy Ligeti… Plusieurs de ses enregistrements ont été salués par la critique. Depuis 2014, il a entrepris des recherches sur la musique arabo-andalouse et son adaptation à l’orgue, au travers de diverses expériences de concert, très appréciées par le public. Producteur sur RCF, il est aussi directeur de publication de la revue Le Tuyau, figure parmi les rédacteurs du site Resmusica consacré à l’actualité de la musique classique et propose un channel YouTube qui rencontre un vif succès.

Le programme du musicien, habitué de l’orgue de la collégiale, sera, comme nous l’avons mentionné plus haut, un voyage dans le temps et l’espace. En effet, Frédéric Muñoz se propose d’improviser une «Suite » sur des thèmes de Jean-Philippe Rameau en suivant les mouvements typiques de l’époque : Ouverture,  Air grave, Duo, Musette et Tambourin, Chaconne. Ensuite, de Pau Casals (Catalunya 1943), on entendra « L’estel (El Pessebre) », la « Sardana San Marti del Canigo » et « El Cant dels Ocells ». Un nouveau voyage entraînera les auditeurs vers Cuzco, vers 1643, avec « Hanacpachap Cussicuinin » de Juan Perez Bocanegra. La douce et déjà très personnelle « Ballade en mode phrygien » de Jehan Alain, composée en 1930 précèdera une nouvelle salve d’improvisations sur des thèmes arabo-andalous du 8° siècle. Ce concert aura lieu le samedi 24 juin à 17h30. L’orgue de Saint-Barnard n’a plus à prouver sa polyvalence, ni l’originalité des programmes qu’il permet d’entendre. Aborder l’orgue, découvrir la richesse de son répertoire en compagnie de musiciens de cette trempe, permettre d’ouvrir ses oreilles à de nouvelles expériences sonores : les Amis de l’orgue démontrent, cette saison encore, le parfait respect de leurs buts. Les Double Jeu ! virtuoses de septembre en donneront de nouvelles illustrations !

 

 

Jeux d’orgue avec violon et Marathon d’orgue

Si les concerts se suivent à Saint-Barnard, les auditeurs pourront aisément témoigner qu’ils ne se ressemblent pas ! Ce dernier samedi, deux jeunes musiciennes de la meilleure eau, ainsi qu’on le dit pour les pierres précieuses, donnaient un programme d’une étonnante originalité. A des œuvres de Duruflé, Franck, Massenet et Widor, Cathia Lardeau, mezzo, et Muriel Groz, l’organiste de l’église de Voiron, faisaient succéder quelques œuvres récentes issues du courant minimaliste. Clarté du jeu, précision, délicatesse et fermeté s’alliaient et donner à apprécier ces musiques répétitives et changeantes, oxymore sonore bienvenu et rafraichissant !

Pour ces prochains Jeux d’orgue, les Amis de l’orgue comptent sur leurs propres troupes, en quelque sorte. Comme de coutume, ce troisième concert est assuré par celui qui a la responsabilité de l’orgue de la collégiale. Jean-Michel Petit, a commencé le piano à l’âge de 7 ans et a  travaillé à Grenoble avec Jeanine Collet. Après un Prix de supérieur 1 au Concours Lucien Wurmser, parallèlement à des études de sciences physiques, il est entré en classes d’orgue et de musique de chambre au Conservatoire de Grenoble avec pour professeur Mme Amiez-Falque. Tout récemment, il s’est perfectionné avec Frédéric Muñoz et Jean-Claude Saliques. Il sera accompagné par le violoniste suisse Philippe Borer. Né à Neuchâtel, Philippe Borer a commencé très tôt le violon, faisant ses premières armes au sein d’un orchestre professionnel dès l’âge de 13 ans. Il s’est perfectionné auprès des professeurs Max Rostal, Ruggiero Ricci et Jan Sedivka. Membre de différents ensembles de musique de chambre et d’orchestres symphoniques en Suisse, en Italie et en Australie, il poursuit parallèlement une activité de chercheur dans le domaine de la pédagogie instrumentale et de l’histoire du violon. Ses articles ont été publiés notamment dans la Nuova Rivista Musicale Italiana, la Revue Musicale de Suisse Romande, The Strad et Starinnaya Muzyka. Depuis 1998, il joue régulièrement avec un archet courbe, son répertoire polyphonique comprenant des œuvres de Marini, Westhoff, Bach, Paganini, Ernst, Vieuxtemps et Bach-Bachtischa.  En 2016, il a joué pour la première fois à Romans à l’invitation du  pianiste et organiste Jean-Claude Frey, un artiste dont le parcours musical est indissociablement lié à l’histoire de l’archet courbe via son père, le violoniste Georges Frey (1890/1975). À l’instigation de son illustre ami Albert Schweitzer, Georges Frey fut en effet le premier en France à utiliser l’archet courbe dans les Sonates et Partitas de Bach, réalisant ainsi au violon une polyphonie semblable à celle de l’orgue. Pour ce concert rare, les deux musiciens ont concocté un programme qui mettra véritablement les deux instruments en valeur. Ainsi, à la « Chaconne en fa mineur » de Johann Pachelbel, à deux chorals de l’« Orgelbüchlein » de Bach et des œuvres d’Alain et Bouvard, s’enchaîneront deux « Sonates » pour violon et orgue de Pergolesi et Tartini, un « Capriccio » de Biagio Marini, un « Grave » de Bach, un autre « Capriccio » de Paganini tous les trois joués avec l’archet courbe. Ce concert aura lieu le samedi 17 juin à 17h30.

Le lendemain, les Amis de l’orgue se prêteront, en compagnie d’organistes venus des alentours, à leur étonnant jean-michel-petit philippe borer. Ainsi, entre 15h00 et 19h00, ce dimanche 18 juin, se succèderont, amateurs et professionnels, au rang desquels Liliane Tauleigne, Christiane Boué, Bernard Fouilland, Muriel Gontard, Bernard Bender, Frédéric Brun et Jean-Michel Petit. Fête de la musique avant l’heure, fête de l’amitié musicale, ce concert hors normes, sans interruption, est un moment où les musiciens rejoignent les principes initiaux de la Fête de la musique : se faire entendre et faire découvrir le répertoire. Une nouvelle occasion de venir prêter une oreille attentive à ce qui se passe, en musique, à Saint-Barnard…

 

Jeux d’orgue avec voix, Muriel Groz et Cathia Lardeau

Ces derniers jours ont permis d’entendre sous les hautes voûtes de la collégiale, de grands moments de musique ! Après le Requiem de Mozart, défendu par le Chœur et l’Orchestre Adhémar et évoqué la semaine dernière dans ces colonnes, on a pu entendre, pour la première fois à Romans, la très célèbre et efficace « Troisième Symphonie avec orgue » de Camille Saint-Saëns brillamment interprétée par l’Orchestre Allegro du Conservatoire à rayonnement département de Valence-Romans Agglo dirigé par le Maestro Didier Vadrot avec Dominique Joubert aux claviers. Efficace n’est pas à prendre de façon péjorative pour qualifier cette œuvre souvent jouée : au contraire, cela dit à la fois la netteté de la forme, la beauté des couleurs de l’orchestre que l’écriture claire fait apparaître au long de mouvement contrastés, doux, puis lyriques et larges, piquants et presque tragiques. Soudainement, le final éclate dans la somptuosité de la puissance de l’orgue qui, tout au long de l’œuvre apporte un surcroît de couleurs, une présence complice qui n’est pas celle d’un soliste concertant mais qui renforce de ses propres forces et particularités sonores celles de l’orchestre dans un subtil équilibre. Le Maestoso final, bissé pour le plus grand plaisir du public, est véritablement une pièce exaltante par sa majesté ampoulée mais si plaisante ! Dominique Joubert donnait, le lendemain, le premier des Jeux d’orgue de la saison des Amis de l’orgue de Saint-Barnard. Concert tout en contrastes d’œuvres successivement enjouées et puissamment méditatives, voire interrogatives comme ce choral de Brahms, écrit au bout du crépuscule de sa vie, ou les si mystérieuses « Cathédrales » de Vierne, évocation puissante de l’atmosphère de Notre-Dame de Paris que l’organiste aveugle avait si bien perçue. Une improvisation tout en frémissements, en amples harmonies, en climats changeants, inspirée par la séquence de la Pentecôte (« Veni creator ») concluait un moment de véritable plaisir musical.

Ce samedi 10 juin, à 17h30, toujours à Saint-Barnard, on pourra vérifier que la valeur n’attend pas le nombre des années et que les musiciens invités témoignent de brillantes et solides études. Muriel Groz, qui tiendra les claviers ce samedi, a commencé la musique au Canada. Elle doit l’essentiel de sa formation d’orgue à Yves Lafargue, Denis Bordage, Lisbeth Schlumberger et François Espinasse. Entrée au Conservatoire de Grenoble en 2002, elle poursuit aussi des études scientifiques à l’Institut National Polytechnique de Grenoble. En 2011, elle a intégré la classe d’orgue du CNSMD de Lyon où elle a obtenu un Master en 2015 avant d’étudier à la Hochschule für Musik und Theater de Hambourg. Nommée, en 2014, titulaire du grand orgue Callinet Cavaillé-Coll de Voiron en Isère, elle enseigne le piano et l’orgue. La musicienne sera accompagnée par Cathia Lardeau, mezzosoprano. Elle a commencé le chant à la Maîtrise de l’Opéra de Lyon puis a intégré le Studio Vocal de Lyon. Après des études de musicologie à l’Université Lumière Lyon II, elle a été admise au Royal Northern College of Music, en Grande-Bretagne, soutenue par le Rose Goulding Scolarship, où elle a été l’élève de Peter Alexander Wilson. En 2006, elle a intégré la Hochschule für Musik de Leipzig où elle a pu aborder le répertoire vocal de Johann Sebastian Bach au plus près des archives importantes de cette ville. Finaliste du Elisabeth Harwood Memorial Trust Award, elle a été sélectionnée pour le RNCM Gold Medals Award. Membre de la troupe de l’Opéra de Flandres, elle a aussi chanté au sein du Collegium Vocale de Gand. Missionnée par la ville de Nantua, dans le département de l’Ain, pour mener des actions culturelles et pédagogiques, elle est professeur au CRD de Valence-Romans.

Les deux musiciennes ont préparé un programme vraiment original qui mettra en valeur le répertoire ancien et contemporain dans un subtil jeu de dialogue et d’échos. Tout d’abord, l’orgue rendra les délicates harmonies de deux extraits de la « Suite » de Maurice Duruflé (le « Prélude » et la « Sicilienne »). On entendra ensuite l’ « Ave Maria » de Charles-Marie Widor puis le « Deuxième Choral » en si mineur de César Franck et la « Prière à Saint Bernard » de Jules Massenet. Une seconde partie, témoignant de divers langages musicaux de notre époque fera entendre « Miroirs » d’Ad Wammes, un extrait des « Matines du Samedi Saint – Les lamentations de Jérémie de Joseph Reveyron, organiste et compositeur lyonnais mort en 2005. Pour terminer, en écho à une chanson du XVIème siècle (« Une jeune Fillette », de Jehan Chardavoine), on entendra une œuvre du compositeur Bert Matter, né en 1937, la « Fantasie sopra « Von Gott will ich nicht lassen » ou  Fantaisie sur « Une jeune fillette ».

Vraiment, les concerts des Amis de l’orgue se succèdent et ne se ressemblent pas ! Même, il semble que tout soit fait par cette dynamique association pour que le visage de l’orgue change et que les concerts proposés témoignent de la diversité du répertoire.Cathia et Muriel

 

 

Orgue et orchestre, puis Jeux d’orgue à Saint-Barnard

Les Amis de l’orgue ont programmé, à une semaine d’intervalle, deux moments musicaux d’une grande qualité. Vendredi dernier, malgré les soubresauts du réseau électrique de l’agglomération, le chœur et l’orchestre Adhémar dirigés par Bernard Giulivi et secondés par le quatuor Grazioso, avec Sylvie Giangrasso-Bedrossian, soprano, Hélène Mazgaj, mezzo, Jonathan Halépian, ténor et Pierre Guiral, basse, ont donné une très belle version du Requiem de Mozart. Œuvre superbe, successivement enflammée, méditative ou terrifiante, cette messe des morts est aussi une des plus immenses œuvres de l’esprit humain. L’engagement des musiciens était palpable et rien ne les a écartés de leur chemin, aucun contingence ne les as perturbés : ils ont offert au nombreux public un moment de grande qualité, une réussite musicale. Deux œuvres du divin Wolfgang complétaient le programme : un mouvement du « Quatuor en ré » donné par le Quatuor Grazioso, et une « Fantaisie en ré » donné à l’orgue par Jean-Michel Petit. 
Un autre grand soir musical est attendu ce vendredi 2 juin ! Toujours à l’invitation des Amis de l’orgue, l’Orchestre symphonique Allegro, composé d’élèves de 3ème cycle du Conservatoire à Rayonnement Départemental de Valence-Romans-Agglo, placé sous la direction de Didier Vadrot, interprètera à Saint-Barnard la célébrissime Symphonie n°3 avec orgue op.78 de Camille Saint-Saëns. Cette symphonie est l’une des œuvres les plus célèbres de ce compositeur et figure au répertoire de nombre d’orchestre symphonique : on l’a entendue récemment pour l’inauguration des orgues de la Philharmonie de Paris et de la Maison de la Radio. La partie d’orgue sera tenue par Dominique Joubert, professeur d’orgue au CRD et titulaire de l’orgue de la cathédrale de Valence. En première partie du concert, les élèves de la classe d’orgue feront entendre leur jeune talent dans des œuvres variées. L’entrée sera libre (par le chevet de la collégiale). 
Le lendemain, samedi 3 juin à 17h30Dominique Joubert, au mieux de sa forme, donnera le premier des Jeux d’orgue. Traditionnels rendez-vous musicaux du mois de juin à Saint-Barnard, ces concerts font entendre les « amis » de la tribune romanaise. Dominique Joubert a commencé la musique à l’âge de 13 ans et s’est tourné vers l’orgue. C’est sur les conseils de Pierre Cochereau qu’il est entré au Conservatoire de Nice où il a travaillé avec, entre autres professeurs, René Saorgin pour l’interprétation, Jean Wallet et Pierre Cochereau pour l’improvisation, Nicole Cochereau et Ginette Curé pour la formation musicale, ainsi que Jean Lapierre pour la musique de chambre et quelques autres dont Jean Giroud. En 1979, il obtint un Premier Prix de musique de chambre et un Premier Prix d’orgue à l’unanimité du jury et, en 1980, le Grand Prix de la Ville de Nice.  D’abord organiste titulaire de l’église Saint Jean de Grenoble, il a été nommé professeur d’orgue à l’Ecole Nationale de Musique de Valence puis en 1992, organiste titulaire de la cathédrale de cette ville. Abordant tous les répertoires, improvisateur et liturgiste, Dominique Joubert a déjà réalisé plusieurs enregistrements. Dominique Joubert est auteur de nombreuses œuvres vocales sacrées, dont une « Passion-Résurrection » donné pour la réouverture de la cathédrale de Grenoble. Le programme proposé par Dominique Joubert mêle originalité et vitalité. Après une « Polka per doppo la messa » de Francesco Pagano, on entendra la très évocatrice « Cathédrales », à la fois sombre et majestueuse. Suivra une « Toccata sui flauti, al’ post communio » de Zipoli, un choral de Johannes Brahms, une « Fantaisie » de Jan Křtitel Kuchař et deux pièces récentes, de Jean-Pierre Leguay, extraites de son pédagogique et pétillant « Spicilège ». L’organiste, comme à l’accoutumée, terminera son concert par une grande improvisation.
Dominique_JoubertDeux grands moments de musique dont l’entrée sera libre ! A ne pas manquer….

Deux concerts exceptionnels et les Jeux d’orgue : quel mois !

Les Amis de l’orgue de Saint-Barnard ont étoffé une saison déjà riche, et essentiellement tournée vers l’orgue soliste ou accompagné de multiples partenaires, de deux concerts exceptionnels qui seront donnés dans les prochains jours.
Le vendredi 26 mai, à 21h00, le Chœur Adhémar, de Montélimar, donnera le « Requiem » de Wolfgang Amadeus Mozart. Le Choeur Adhémar, mixte et à quatre voix, aborde un répertoire essentiellement classique, a cappella ou avec l’accompagnement d’orchestres ou d’instrumentistes. Il est dirigé par Bernard Giulivi, compositeur, musicien, professeur de musique et chef de chœur. Chorale de référence en musique classique, l’ensemble s’oriente de plus en plus vers la pratique de l’oratorio. Le Requiem de Mozart est une des oeuvres les plus immenses du répertoire, une des plus grandes oeuvres de l’Humanité. Rendue populaire par le cinéma, cette oeuvre est très accessible et constitue l’une des plus émouvantes et grandioses portes d’accès à la musique classique. Pour cette production ambitieuse, les 90 choristes de Chœur Adhémar seront accompagnés par un orchestre de 25 musiciens et par 4 solistes professionnels (Sylvie Giangrasso-Bedrossian, soprano ; Hélène Mazgaj, alto ; Jonathan Halépian, ténor ; Pierre Guiral, basse). Le Quatuor Gracioso, en plus de sa présence au sein de l’orchestre, interprétera le premier mouvement du « Quatuor en ré majeur KV421″ de Mozart. Jean-Michel Petit, organiste de la collégiale, donnera la « Fantaisie en ré mineur » du même auteur (les places sont à retirer à l’Office du tourisme -prévente : 15€- ou sur place, le soir du concert – 18€).
Le vendredi 2 juin, c’est un autre monument du répertoire que le public pourra entendre à Saint-Barnard : la très célèbre « Troisième Symphonie avec orgue opus 78″ de Camille Saint-Saëns, donnée par l’Orchestre symphonique Allegro, composé d’élèves de 3ème cycle du Conservatoire à Rayonnement Départemental de Valence-Romans placé sous la direction de Didier Vadrot avec, à l’orgue, Dominique Joubert, professeur de la classe d’orgue au CRD et titulaire de l’orgue de la cathédrale de Valence. En première partie du concert, les élèves de la classe d’orgue feront sonner l’orgue de la collégiale dans des œuvres variées. Inscrit au titre de la pédagogie de l’établissement, ce concert sera l’occasion d’entendre les jeunes musiciens de toutes les classes instrumentales assemblés sous la direction du directeur de l’établissement. Donné la veille à la cathédrale de Valence, ce concert est gratuit.
Par la suite, chaque samedi du mois de juin à 17h30, les traditionnels Jeux d’orgue, organisés par l’association, donneront de nouvelles occasions d’entendre l’instrument de la collégiale sous les doigts de musiciens très divers. Dominique Joubert, organiste de la cathédrale de Valence (le samedi 3 juin) ; Muriel Groz, organiste de l’église Saint-Bruno de Voiron, avec la mezzo Cattia Lardeau (le samedi 10 juin) : Jean-Michel Petit, organiste de Saint-Barnard, avec Philippe Borer, spécialiste du violon avec archet courbe (le samedi 17 juin) et Frédéric Munoz, organiste de l’abbatiale de Saint-Guilhem-le-Désert (le samedi 24 juin). Il sera temps d’en reparler…

Jeux d’orgue de Gilles Loopuyt, samedi 25 juin

L’enthousiasme et la qualité étaient de rigueur, ce dernier week-end à Saint-Barnard. Les deux manifestations qu’avaient programmé les Amis de l’orgue ont en effet marqué le public et fait preuve des qualités que l’on rencontre souvent autour de l’orgue de la collégiale !
Le samedi, tout d’abord, Jean-Michel Petit donnait la réplique au hautbois virtuose de Jean-Paul Jacquon, professeur au Conservatoire de Romans. Dans un programme qui faisait une large place aux airs les plus connus, on pouvait apprécier, tout à la fois, la complicité du duo et la réussite de cet alliage rare. Coutumier du fait, Jean-Michel Petit reçoit souvent des solistes (violoncelle de Christophe Cheng, voix, flûte d’Ani Akinian…) et donne à entendre des adaptations réussies ainsi que des œuvres peu entendues. Jean-Paul Jacquon, pour sa part, démontrait sa maîtrise de l’instrument à anches, délicat et pastoral, mais aussi capable de remplir la longue nef.
Le lendemain, sous la conduite de Frédéric Brun, président de l’association et animateur de cette manifestation quelque peu folle, le Marathon d’orgue faisait sonner l’instrument pendant quatre heures sans discontinuer. Les musiciens, amateurs et professionnels, se  succédaient  à un rythme soutenu, presque « à la chaîne », et avec, la encore, un enthousiasme non feint. Christiane Boué, organsite de l’église réformée de Valence, Bernard Fouilland, assistant du titulaire de l’orgue de la cathédrale de Valence, Bernard Bender, organiste de la collégiale de Grignan, Muriel Gontard, organiste du temple de Montélimar, ainsi que Jean-Michel Petit et Frédéric Brun, aussi organiste de l’église de Bourg-de-Péage, donnaient à entendre les œuvres de leur choix, démontrant ainsi leur plaisir de venir jouer à nouveau à Romans. Musique ancienne, jazz : tout le répertoire y est passé ! A n’en pas douter, la Musique a été fêtée de la meilleure façon, même avec quelques jours d’avance !
Pour le dernier des Jeux d’orgue de cette série, les Amis de l’orgue reçoivent Gilles Loopuyt, organiste de Montélimar, dont ce sera la première prestation à Romans. Passionné de musique depuis son plus jeune âge, Gilles Loopuyt a débuté le piano à l’âge de 7 ans. Ce n’est que plus tard qu’il a découvert l’orgue et,  après une année de cours à l’Institut Catholique de Paris, il a un temps pratiqué l’orgue en autodidacte. De 2008 à 2014, il a suivi les cours d’orgue de Muriel Gontard au Conservatoire Intercommunal de Montélimar. Il a participé également à plusieurs masterclasses avec Pierre Perdigon et Jan-Willem Jansen à Saint-Antoine- l’Abbaye, ainsi qu’avec Jacques Pichard et Marie-Virginie Delorme à Châteauneuf du Pape. Organiste liturgique, il seconde Fabienne Médurio à la collégiale Sainte-Croix de Montélimar.
Le programme qu’il a concocté sera consacré à la musique ancienne. Ainsi, de Nicolaus Bruhns (1665/1697) on entendra le « Petit prélude en mi mineur ». De Dietrich Buxtehude (~1637/1707), musicien qui fut l’idole de Bach au point que celui-ci parcourut 300km pour aller l’entendre, on découvrira la « Fugue en do majeur BuxWV 174 » et la « Chacone en mi mineur BuxWV 160 ». La musique flamande et hollandaise sera aussi à l’honneur avec un « Psaume n°24 » d’Anthoni Van Noordt (~1619-1675) et des variations sur le cantique « Ma jeunesse a une fin » élaborées par Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621). Il est toujours émouvant d’entendre, à notre époque, des œuvres composées il y a presque cinq cents ans ! De Bach, on entendra trois chorals du recueil imprimé Schübler (« Wachet auf, ruft uns die Stimme », « Wo soll ich fliehen hin » et « Meine Seele erhebt den Herren »). Ces chorals sont des transcriptions effectuées par Bach lui-même des airs de ses cantates qui avaient, de son vivant, rencontré un succès tout à fait notable. Enfin, de Nicolaus Bruhns, on entendra le « Grand prélude en mi mineur ».
Ce, c’est donc à un voyage dans le temps que les auditeurs seront conviés avant que l’association ne marque sa traditionnelle  pause estivale. D’autres concerts sont prévus en septembre (les Double Jeu ! des virtuoses, grands prix de conservatoires et concertistes internationaux). Il sera temps d’en reparler !…Loopuyt

Jeux d’orgue avec hautbois et Marathon d’orgue

Jeux d’orgue avec hautbois et Marathon d’orgue à Saint-Barnard
 
La prestation de Maxime Heintz, ce dernier samedi a été saluée par un public enthousiasme. En effet, un auditeur notait que le musicien est le type même de « l’organiste qui se donne entièrement à la musique qu’il interprète, avec tout son corps et son esprit ». Aux claviers, on a pu le voir se livrer à de véritables « acrobaties pour modifier les jeux tout en jouant » ! Musicien complet, il a donné des œuvres de Clérambault (« une interprétation à ravir ») et des chorals de Bach dont on se plaisait à souligner le mélange des timbres choisi pour en rendre l’esprit. Les œuvres des Jehan Alain, quelque peu taquines avec les oreilles qui préfèrent des harmonies plus classiques, sont tout à fait adaptées pour l’orgue de Saint-Barnard -bien que le « Choral », extrait de la « Suite pour orgue », semble toujours aussi acide et grinçant, soixante-dix ans après sa composition.
 
Le week-end qui vient sera comme une fête de la musique avant l’heure. En effet, depuis plusieurs années, les Amis de l’orgue associent aux Jeux d’orgue traditionnels un Marathon d’orgue hors normes. Ce samedi 18 juin, à 17h30, tout d’abord, Jean-Michel Petit, organiste de la collégiale, recevra le hautboïste Jean-Paul Jacquon. Musicien bien connu et estimé autour de Romans, Jean-Paul Jacquon a suivi des études musicales au CRR de Saint-Etienne où il a obtenu des Prix en histoire de la musique, hautbois, musique de chambre et déchiffrage. Il s’est aussi perfectionné au Conservatoire de Saint-Maur avec Michel Giboureau en hautbois et pédagogie musicale. Il a aussi obtenu un premier Prix de chant lyrique dans la classe d’Eliane Klein. Il enseigne la formation musicale à la Cité de la musique de Romans. Son duettiste, Jean-Michel Petit, a commencé le piano à l’âge de 7 ans et a  travaillé à Grenoble avec Jeanine Collet. Après un Prix de supérieur 1 au Concours Lucien Wurmser, parallèlement à des études de sciences physiques, il est entré en classes d’orgue et de musique de chambre au Conservatoire de Grenoble avec pour professeur Mme Amiez-Falque. Tout récemment, il s’est perfectionné avec Frédéric Muñoz et Jean-Claude Saliques. Le programme que les deux musiciens ont concocté laisse penser qu’il comblera les oreilles de tous les publics, des plus avertis aux néophytes : tout le monde pourra prendre plaisir à ce véritable périple dans le répertoire. Alterneront ainsi les époques : « Fanfare-Rondeau » de Jean-Joseph Mouret (XVIIIe), « Panis Angelicus »  de César Franck (XIXè), « Sonate pour hautbois & orgue en mi mineur » de Geminiani (XVIIè), puis la célèbre « Sérénade » de Schubert avant deux chorals de Bach. Quelques « tubes » seront aussi de la fête : « Prélude du Te deum » de Marc-Antoine Charpentier, « Ave Maria » attribué à Caccini, superbe mélodie « Le calme de la mer » de Schubert, délicieuse méditation « Pie Jesu » extrait du Requiem de Gabriel Fauré, aérien « Ave verum » de Mozart, pieux et réconfortant « Ave Maria » de Schubert, couronné par une roborative « Toccata » d’Eugène Gigout.
 
Le lendemain, dimanche 19 juin de 15h00 à 19h00, les claviers de l’orgue de la collégiale n’auront pas le temps de se reposer. En effet, comme depuis plusieurs années, plusieurs organistes se succèderont pour ce marathon musical qui fête, avec quelques jours d’avance (mais a-t-on besoin d’une date précise pour faire de la musique avec plaisir ?) la Musique. Ainsi, on entendra Christiane Boué, Murielle Gontard, Bernard Bender, Frédéric Brun, Bernard Fouilland et Jean-Michel Petit. A l’heure où l’on imprime ces lignes, rien n’indique quel sera le programme des uns et des autres : journée du caprice (chacun joue ce qu’il veut, dans l’ordre qu’il veut) et de l’amitié (l’ambiance est aux retrouvailles entre confrères et consœurs, organistes qui ne se voient que rarement, chacun étant accaparé par sa tribune…) et cela se retransmet dans l’ambiance de ce concert un peu « débraillé », impromptu et plein d’enthousiasme !C360_2015-10-19-14-56-49-902

Jeux d’orgue de Maxime Heintz, samedi 11 juin à 17h30

Pour ouvrir le cycle des Jeux d’orgue de la collégiale, la dynamique association a, une nouvelle fois, fait preuve d’un jugement que l’on pourrait qualifier de « bien aiguisé ». Mathilde Théobald, aux claviers, a fait preuve d’une force et d’une détermination, dans la conduite du discours musical et la fermeté rythmique, que sa frêle et discrète silhouette n’aurait pas laissé, de prime abord, augurer ! Avec la « Toccata » de Gigout, emportée par son impétuosité, avec les deux grandes fresques de Bach, dont l’une pour clavecin très bien adaptée à l’orgue à tuyaux, le public a pu mesurer le talent de la jeune interprète.

Avec Maxime Heintz, l’on pourra encore mesurer que le talent n’attend pas le nombre des années. Musicien généreux, disponible et ouvert à toutes les expériences (on l’a connu chanteur et maître de choeur attentif), le jeune organiste est bien connu dans la région et s’est attiré l’affection d’un public fidèle. Habitué de la tribune de la collégiale, il y a brillé à de nombreuses reprises, notamment pour l’Intermezzo de Noël de la fin de 2015, où son interprétation de l’immense « Passacaille et thème fugué » de Bach a saisi par son éloquence. Né à Chalon-sur-Saône, Maxime Heintz a commencé la musique en 1995 et notamment l’orgue avec Pierre Simonet (date de ses premières prestations à Romans). En 1998, il a intégré le Conservatoire de Marseille, dans la classe d’André Rossi, duquel il est sorti avec un Premier prix. Longtemps organiste titulaire de la collégiale de Grignan, il s’est aussi consacré à la direction chorale tout en continuant à pratiquer son instrument de prédilection. Musicien accompli, d’une générosité soulignée, il s’est produit à de nombreuses reprises à Romans –dès son plus jeune âge. Fidèle de Bach et du répertoire romantique, il en donne une traduction toujours vivante et rigoureuse, fermement menée par une attention toujours constante au rythme et aux couleurs, agencées avec goût et simplicité, pour une bonne compréhension des œuvres.

Maxime Heintz propose un programme de valeurs sûres et, comme les Amis de l’orgue les apprécient, un de ces panoramas musicaux qui mettent en valeur l’instrument aux timbres polyvalents. Tout d’abord, on entendra de Louis Nicolas Clérambault, la « Suite du deuxième ton » : cette suite présente les formes musicales que l’art baroque a privilégiés (« Plein jeu », « Duo », « Trio », « Basse de cromorne », « Flûtes », « Récit de nazard », « Caprice sur les grands jeux ») et qui mettent en valeur les timbres appréciés de ce temps mais affiche déjà un goût prononcé pour la mélodie agréable, séduisante. Ensuite, de Johann-Sebastian Bach, on entendra trois chorals que Bach a adaptés, lui-même, d’oeuvres de sa plume et regroupés dans le recueil édité par Schübler (« Wachet auf ruft uns die stimme », « Wer nur den lieben Gott lässt walten » et « Ach bleib uns, Herr Jesu Christ »). De Mendelssohn, grand redécouvreur de Bach, on appréciera la « Deuxième sonate en ut mineur op.65″ en quatre mouvements avant de retrouver l’un des compositeurs favoris du musicien : Jehan Alain. Feu follet musical, fauché par la drôle de guerre, en 1940, ce compositeur fait regretter qu’il n’ai laissé « que » 120 œuvres dont ces émouvantes « Variations sur un thème de Clément Janequin » qui redécouvrent la musique baroque bien avant les autres pendant les années 1930, dont cette « Deuxième fantaisie » qui bénéficie de la découverte, par le musicien, des musiques orientales lors de l’Exposition coloniale de 1932, et dont ce « Choral », extrait de la « Suite pour orgue » qui lui valut une récompense lors d’un prestigieux concours de composition.

Ainsi, la saison musicale de Saint-Barnard se poursuit au mieux, avec des musiciens de qualité et des programmes qui donnent à découvrir, à réécouter… Ne manquez pas ce moment de bonne musique, ce samedi 11 juin à 17h30 (entrée libre).maxime heintz

 

Jeux d’orgue de Mathilde Théobald, samedi 4 juin à 17h30

Les Amis de l’orgue proposent l’une des saisons d’orgue les plus dynamiques du département. Avec une quinzaine de manifestations, depuis les Intermezzi du titulaire au caractère souvent enjoué et détendu, jusqu’aux Double Jeu ! qui accueillent, en partenariat avec les Amis de l’orgue de Saint-Antoine-l’Abbaye, des organistes virtuoses, issus des plus grandes institutions et responsables de tribunes prestigieuses, la dynamique association sait proposer des concerts aux formules renouvelées, variées, mais qui savent aussi être fidèles à la tradition établie par ses fondateurs. En cette année d’anniversaire du Calvaire des Récollets, on se souviendra du superbe « Chemin de la Croix » donné avec récitant l’après-midi des Rameaux -ainsi que du prochain concert spirituel qui sera donné octobre (on en reparlera).

Ce samedi 4 juin, à 17h30, c’est la jeune organiste Mathilde Théobald qui ouvrira la série des Jeux d’orgue, ces concerts du samedi initiés il y a plus de quarante ans par les fondateurs de l’association. La formation musicale de Mathilde Théobald signale, dès 2001, des cours de piano dans la classe d’Audrey Kaiser à la Marshall University dans le Kentucky. Elle obtient ensuite, la médaille d’or en piano dans la classe de Catherine Lechner-Reydellet (2004), puis le DEM de piano en 2006 et le Prix d’orgue mention très bien dans la classe d’Olivier Houette en 2007 au Conservatoire de Bourg-la-Reine. En 2008, elle obtient, dans le même établissement, le D.E. de piano et le DEM d’orgue avant de suivre des cours de perfectionnement en piano avec Brigitte Bouthinon-Dumas. Elle suit aussi la formation du CEFEDEM du Conservatoire de Rueil-Malmaison. Depuis 2014, elle est organiste titulaire de l’orgue Abbey de Renaison (Loire). Depuis 2011, Mathilde Théobald est professeur de piano et d’orgue à l’Ecole municipale de musique de Paray-le-Monial.

Le programme proposé par la musicienne fait une nouvelle fois la part belle aux oeuvres rarement entendues. Outre deux grandes fresques de Bach (« Toccata et Adagio en ut mineur BWV564″ et  » Toccata, adagio et fugue en mi mineur BWV914″), on entendra de Théodore Dubois (musicien officiel par excellence du début du XXe siècle, maintenant largement oublié) une « Cantilène religieuse » et un « Offertoire ». Après la belle et circonspecte « Toccata » d’Eugène Gigout, le public pourra découvrir trois chorals de l’organiste aveugle Helmut Walcha. Le délicat « Prélude, fugue et variation » de César Franck, toujours délicieux, fera pendant au méditatif « Cantabile » d’Enrico Pasini, compositeur italien vivant.

La qualité de la musicienne, déjà reçue il y a plusieurs années à Romans, et l’originalité de son programme plaident pour honorer d’une présence nombreuse ce concert (gratuit) !20140601_114743

 

Jeux d’orgue de Bernard Bender, samedi 27 juin à 17h30

Déjà close ce samedi prochain, la série des Jeux d’orgue de la collégiale Saint-Barnard aura, cette année encore, brillé par un éclectisme musical assez étonnant. Ouverte sur la virtuose prestation de Vincent Crosnier, poursuivie sur la pétulante participation de Philippe Gueit, la succession des concerts s’enrichissait, la semaine dernière, du dialogue suave et harmonie de l’instrument à tuyaux avec le violoncelle de Christophe Tseng, toujours juste, soutenu par son comparse Jean-Michel Petit aux commandes de l’instrument dont il est titulaire. Pour cette dernière occurrence, les mélomanes doivent s’attendre à des nouvelles envolées virtuoses et à des découvertes toujours aussi riches lors du concert de Bernard Bender, organiste titulaire du bel instrument de la collégiale Saint-Sauveur de Grignan.
Ce musicien, aussi discret que talentueux, n’est en rien un bateleur de tribune : musicien solide, il a reçu une formation enviable, au CNR de Strasbourg, dans les classes d’écriture, d’analyse et en orgue où il a obtienu la Première médaille dans la classe de Pierre Vidal en 1987. Ensuite, à la faculté de musicologie, il a présenté un travail de maîtrise sur l’œuvre pour orgue de Jehan Titelouze (le premier organiste français au XVème siècle). Admis au CNR de Grenoble, il a suivi un cycle de perfectionnement dans la classe de Pierre Perdigon et obtenu un Premier prix en 1990. Son agrégation d’éducation musicale en poche, il enseigne, depuis, au Collège Bernard de Ventadour de Privas.
Son programme se montre cohérent et révélateur de l’évolution musicale entre le début et le milieu du vingtième siècle. Les musiciens français illustrés sont les témoins de cette évolution au sein d’une école qui marqua l’histoire musicale et que la planète nous envie. De Gabriel Pierné, successeur discret de César Franck à Sainte-Clotilde, on entendra le Prélude extrait des Trois pièces opus 29. Albert Périlhou, peu souvent joué et mort à Tain-l’Hermitage en 1936, fut aux dires de Vierne, un « artiste du XVIIIème siècle ». On entendra de lui le Premier Impromptu, extrait du Livre d’Orgue. Louis Vierne, grand parmi les grands et toujours à redécouvrir, signe ce magnifique Impromptu, extrait de la Troisième suite op.54 des Pièces de Fantaisie et cette stricte, digne et puissante Toccata extraite de la Deuxième suite op.53 des Pièces de Fantaisie. Musicien éphémère mort au champ d’honneur, Jehan Alain s’intéressa très tôt à la musique ancienne, à une époque où elle n’intéressait plus personne. En hommage, il livra ces « Variations sur un Thème de Clément Janequin ». Gaston Litaize, comparse d’Alain (notamment lors de mémorable virées en motocyclette) fut un ardent artisan du renouveau de la musique liturgique et de concert ; on entendra de lui un Lamento extrait de ses Douze Pièces pour Grand Orgue. Lié aux précédent bien que brillant par son indépendance et l’originalité de son langage, Olivier Messiaen fut l’un des grands du XXème siècle. Son étonnante musique est toujours source de surprise tant elle est toujours nouvelle. D’un cycle écrit en 1935, La Nativité du Seigneur, Bernard Bender jouera deux extraits : « Les enfants de Dieu » et « Dieu parmi nous ».
Un tel programme garantira aux mélomanes d’intenses moments, aux prises avec l’excellence du musicien invité et emporté par des œuvres toujours à découvrir. La qualité du cycle des Amis de l’orgue n’est plus à démontrer. On attend beaucoup de leur prochain récital qui alliera, le 12 juillet à 20h30, la flûte de Pan de Philippe Emmanuel Haas et l’orgue de Dominique Aubert -on en reparlera.
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